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iForex : Un Pari Risqué ou une Repositionnement Opportun ?
En seulement deux ans, iForex a perdu 20 % de ses clients actifs, avec des revenus de trading en baisse de 35 % et des bénéfices chutant de plus de 75 %. Pour résoudre ce problème, le courtier envisage de se diversifier sur de nouveaux marchés afin de réduire sa dépendance à des revenus générés à plus de 50 % par seulement deux pays.
Une IPO pour Redresser des Indicateurs Financiers Clés
Alors que tous les regards sont fixés sur le très attendu debut d’eToro à Wall Street, un autre acteur a choisi de rejoindre le rang des sociétés cotées en bourse. iForex a annoncé son intention d’être listé sur la Bourse de Londres (LSE) dans une tentative de renverser une chute financière inquiétante.
Selon le dossier d’enregistrement soumis à la Financial Conduct Authority (FCA) du Royaume-Uni, la performance financière d’iForex s’est dégradée au fil des ans. Les revenus de trading ont chuté de 76,8 millions de dollars en 2022 à 50,1 millions de dollars en 2024, soit une baisse de plus de 34 %.
Les bénéfices avant impôt ont chuté encore plus fortement, passant de 26,1 millions à 6 millions de dollars, tandis que les marges EBITDA ajustées ont été réduites de moitié durant la même période. En 2024, le flux de trésorerie d’exploitation est devenu négatif, atteignant à peine moins de -60 000 dollars.
Le courtier attribue ce déclin à une combinaison de pressions extérieures et de limitations internes. La volatilité réduite sur les marchés mondiaux a diminué l’appétit des clients pour le trading, en particulier sur le Forex, tandis que la pression concurrentielle a contraint à des spreads plus serrés.
Une Dépendance Problématique et des Perspectives d’Avenir
La clientèle d’iForex a également diminué, passant d’environ 36 000 clients actifs en 2022 à 29 000 en 2024. Cette contraction s’est particulièrement fait sentir en Europe et en Amérique Latine, compensée seulement partiellement par la résilience des marchés asiatiques.
Cependant, la société assure que le début de 2025 montre des signes positifs : « 3 558 nouveaux clients ont été ajoutés au T1 2025, ce qui est supérieur au même période de l’année précédente et au trimestre précédent, ce qui est un signe encourageant que l’entreprise progresse. »
Face à des indicateurs de performance clés en déclin, iForex se tourne vers les marchés des capitaux pour un réajustement. La société vise une admission à la LSE avec une levée de fonds d’environ 5 millions de livres sterling, qu’elle prévoit d’utiliser pour s’étendre sur de nouveaux marchés.
Actuellement, iForex opère à travers deux entités : la société offshore Formula Investment House Ltd établie dans les îles Vierges britanniques et iCFD Ltd, licenciée par la CySEC de Chypre.
À l’horizon 2024, plus de 50 % des revenus de l’entreprise proviennent de l’Asie, notamment du Japon (35,3 %) et de l’Inde (17 %), une concentration qui pose des risques réglementaires et macroéconomiques significatifs. La dépendance géographique expose l’entreprise à d’importantes vulnérabilités économiques et réglementaires.
Malgré son nom, iForex n’est plus une entreprise exclusivement dédiée au Forex. En effet, selon les données de 2024, seulement 37 % des transactions des clients concernaient des paires de devises. Les matières premières et les indices représentaient 52 % de l’activité de trading, tandis que les 11 % restants provenaient des actions, des ETF et des cryptomonnaies.
Le modèle commercial d’iForex repose principalement sur les spreads de négociation, qui ont contribué à hauteur de 47,5 millions de dollars (environ 70 %) au chiffre d’affaires total en 2024. Un autre 12,7 millions provient des frais de financement nocturne, tandis que 6,2 millions sont issus des pertes et bénéfices nets des positions clients.
Cette année, l’entreprise a présenté le « Vault », une nouvelle fonctionnalité de gestion de fonds, permettant aux traders de sécuriser une partie de leur capital tout en préservant un accès instantané en cas de besoin.
Pour iForex, l’introduction en bourse pourrait être une étape nécessaire. Avec une rentabilité sous pression et un ralentissement de la croissance sur les marchés traditionnels, l’accès au capital public pourrait déterminer l’avenir de l’entreprise, soit un redressement, soit une poursuite de la contraction.
