Le gouvernement fédéral met fin au mandat californien sur les véhicules électriques.

Le gouvernement fédéral met fin au mandat californien sur les véhicules électriques.

Rédaction :Antoine Blondain

Le Sénat bloque le plan de la Californie sur les voitures à essence

Dans une décision au fort impact environnemental, le Sénat américain a récemment rejeté le projet de la Californie visant à interdire les voitures à essence d’ici 2035. En utilisant une règle obscure, l’administration fédérale a pu passer un vote simple de 51 contre 44, mettant ainsi fin à toutes les exigences relatives aux véhicules électriques (VE). Une bataille juridique est désormais à prévoir.

Un défi de longue date à l’autorité californienne

Depuis plus de 50 ans, la Californie impose des règles d’émissions plus strictes que celles requises nationalement, une initiative qui a largement été acceptée par les constructeurs automobiles et les législateurs. Cette autorité, longtemps incontestée, se retrouve ainsi attaquée pour la première fois.

L’impact sur les constructeurs automobiles

Bien que le California Air Resources Board (CARB) n’ait pas établi de normes fédérales d’émissions, l’État californien détient une part de marché suffisante pour influencer significativement les constructeurs automobiles et d’autres États. Si le CARB fixe des normes plus strictes que les normes de l’Environmental Protection Agency (EPA), c’est la Californie qui détermine la politique nationale en matière d’émissions de gaz d’échappement.

Le mandat de 2035 stipulait plusieurs étapes, incluant que d’ici 2026, 35 % des nouvelles voitures et camions vendus en Californie devaient être zéro émission, hybrides rechargeables ou à hydrogène. Ce chiffre devait atteindre 68 % d’ici 2030, et 100 % d’ici 2035. Cependant, malgré la résistance de l’industrie automobile, certaines marques comme Honda et Ford avaient accepté de reconnaître l’autorité de la Californie en matière de normes.

Le gouverneur californien, Gavin Newsom, reste convaincu que l’État pourra atteindre ses objectifs climatiques, affirmant qu’il existe une « responsabilité légale en vertu de la loi fédérale sur l’air pur pour protéger notre communauté et réduire les polluants à des niveaux conformes à la loi. » Des mesures plus strictes concernant les usines et les raffineries pourraient également être envisagées pour compenser ce revers, d’après Mary Nichols, ancienne présidente de CARB. La Californie pourrait aussi encourager les transports en commun ou infliger des pénalités pour les voitures à essence.

La réaction de l’industrie et des consommateurs

Dans le secteur automobile, la suppression de ce mandat a été accueillie avec enthousiasme. Mike Spagnola, président et directeur général de l’Association des équipements spéciaux (SEMA), a déclaré : « Le vote du Congrès apporte une stabilité nécessaire au marché automobile de la nation, ce qui favorisera de nouveaux investissements et des ressources suffisantes pour aider notre industrie à innover. »

Cependant, les constructeurs automobiles et les législateurs qui avaient lutté contre ce mandat voient également la fin de cette obligation comme une victoire pour le choix des consommateurs et l’emploi manufacturier aux États-Unis.