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L’éducation en péril

Article mis en ligne le 7 mars 2007 à 11:07
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L’éducation en péril
Alors que le Parti libéral du Québec annonce le dégel des frais de scolarité sur sa plate-forme électorale, remettant en question l’importance que l’éducation devrait avoir pour la société québécoise, celle-ci ne semble pas figurer dans les priorités des électeurs et électrices.

Lorsque Jean Charest, dans sa logique néolibérale, menace de hausser considérablement les frais de scolarité, on parle ici d’une hausse de 1000$ par session sur 5 ans, il ébranle durement les principes à la base de ce que l’on pourrait illustrer comme les choix politiques du Québec. La question fondamentale au milieu du débat est à savoir s’il est légitime de faire porter le poids du financement du système d’éducation sur les épaules des étudiantes et étudiants. À titre personnel, je considère qu’une telle résolution est déraisonnable. A priori, la mission à l’essence de l’éducation est de rendre accessible de manière universelle, sans toutefois en négliger la qualité, l’enseignement que l’on peut qualifier d’essentiel pour le développement des sociétés. Opposition flagrante à ce concept, la hausse des frais de scolarité restreint l’accessibilité et privilégie une élite plus aisée.

Certains se réfugient dans un bulle en adoptant la position du dégel selon la logique de la comparaison. « Les frais de scolarité du Québec sont les plus bas en Amérique du Nord. » Faux. Une étude produite par l’Educational Policy Institute démontre que le Québec, en considérant le salaire moyen et les frais afférents, se positionne 30e sur les 60 états d’Amérique du Nord.

Si l’on constate le consensus à propos du sous-financement dans les réseaux collégial et universitaire, nous pouvons, malheureusement, affirmer la détérioration de ceux-ci. La déresponsabilisation de l’État en est la principale cause. Nous devons lutter pour une réorientation des priorités et non dans une perspective insensée de responsabiliser les étudiantes et étudiants eux-mêmes pour rétablir la vapeur.

En parallèle avec une potentielle hausse des frais de scolarité, le réajustement du programme des prêts et bourses est tout aussi illogique. Le Québec est muni d’un outil indispensable qui, théoriquement, incarne l’idée de la redistribution de la richesse, c’est-à-dire l’impôt. Ainsi, les gens plus aisés participent déjà dans une proportion plus importante au financement des services sociaux. Alors, pourquoi établir la norme de l’« utilisateur-payeur » et restreindre l’accessibilité aux études? L’endettement étudiant ampute notre avenir.

C’est justement l’évasion fiscale qui devrait être le point central de la campagne électorale. Celle-ci est une plaie dans une société qui se veut solidaire et qui établit des principes d’égalité sociale. Pour l’instant, le véritable moyen de concevoir une éducation accessible et de qualité, tout en réaffirmant les positions de l’État, réside dans la réduction progressive des frais de scolarité en vue d’une véritable gratuité scolaire.

Je vous invite à lancer le débat.

Étienne Bélanger-Caron de Saint-Lazare, étudiant en Sciences humaines au Collège Gérald-Godin.

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