Une région de plus en plus diversifiée
L’immigration dans Vaudreuil-Soulanges
VAUDREUIL-SOULANGES – La population immigrante est de plus en plus visible dans la région de Vaudreuil-Soulanges. Le Comité en relations interculturelles de Vaudreuil-Soulanges en a fait la démonstration lors d’un déjeuner-causerie, qui s’est tenu le 7 janvier à Vaudreuil-Dorion et ayant pour thème « La diversification culturelle dans Vaudreuil-Soulanges : enjeux, opportunités et défis ».
De fait, on estimait, en 2006, à environ 6500 habitants dans la région de Vaudreuil-Soulanges qui sont nés à l’étranger, ce qui représente 5,5 % de la population, soit autant de monde que la population de la municipalité de Rigaud. En 2001, les chiffres démontraient que l’on comptait plus de femmes immigrantes (51,6 %) que d’hommes (48,4 %). La plupart sont des jeunes familles et, comme les chiffres le démontrent pour la province, ils sont âgés entre 25 et 45 ans. Ces nouveaux arrivants viennent en majorité de l’Asie, de l’Amérique (Mexique, Amérique Centrale et Amérique du Sud), de l’Afrique et de l’Europe de l’ouest et de l’est. « Et ils sont majoritairement des professionnels et des gens très qualifiés dans divers domaines, de dire Annik Hall du Centre de recherche d’emploi du Sud-Ouest (CRESO), plus particulièrement attachée au Service d’accueil et d’intégration en emploi pour immigrants. On retrouve des ingénieurs, des techniciens de toutes sortes, des diplômés en administration, en soins de la santé, en enseignement, en cuisine, etc…Auparavant, les familles immigrantes transitaient par Montréal, mais de plus en plus, elles s’installent directement dans Vaudreuil-Soulanges », révèle Annik Hall, qui possède elle-même des racines écossaises.
Les besoins
Accueillir des immigrants ne signifie pas seulement leur donner la nationalité canadienne, il faut les aider à s’intégrer et jeter les bases d’une vie heureuse dans leur nouvelle terre d’accueil. « Les nouveaux arrivants ont des besoins de base. Ils veulent pouvoir recevoir des services dans le domaine de la santé, l’éducation, mais aussi, parler, partager, connaître une nouvelle culture, trouver à se loger et s’intégrer le plus rapidement au marché du travail », mentionne Mme Hall qui privilégie également une inclusion par le milieu où ils viennent s’installer. Ils ont souvent besoin d’un interprète, car ils ne parlent pas nécessairement l’une des deux langues officielles. Leur permettre d’accéder à l’enseignement du français pour une intégration plus facile s’avère également une priorité.
« Il est important de bien les connaître. Quelle est leur situation, d’où viennent-ils, dans quelles conditions vivaient-ils ? Il faut également favoriser une meilleure répartition de l’immigration à l’intérieur du Québec, faire profiter les régions comme Vaudreuil-Soulanges, de la richesse que peut apporter les immigrants, de dire Moussa Guene, coordonnateur du projet de régionalisation de l’immigration à l’organisme Promis (Promotion-Intégration-Société nouvelle) à Montréal. Il est incroyable de constater que des immigrants sont incapables de trouver un emploi dans leur champ de compétence alors qu’ils ont souvent toutes les qualifications requises. En santé, par exemple, on a des gens qui ont leur formation en médecine et ne peuvent pratiquer alors que nous manquons de médecins », fait remarquer M. Guene. L’intégration est donc primordiale selon lui.
Le CRIVS
C’est là que le Comité en relations interculturelles de Vaudreuil-Soulanges entre en scène. « Nous proposons une structure d’accueil pour répondre aux besoins des nouveaux arrivants », lance Andréas Bischoff, le coordonnateur du comité. « Il faut d’abord répondre aux besoins des organisations locales en adaptant les services et en comblant la pénurie de main-d’œuvre. Offrir de nouveaux services locaux comme de l’animation multiculturelle, et assurer une saine gestion de la diversité afin de garantir la cohésion sociale contribuera à structurer l’accueil aux nouveaux arrivants », explique M. Bischoff.
Selon lui, il faut que les nouveaux arrivants retrouvent un lieu de socialisation et d’échanges, et un carrefour d’information et de formation. « L’immigrant doit trouver une porte d’entrée dans la région. Il est un pont avec le monde et peut contribuer à la richesse de la région », croit Andréas Bischoff.
Pour favoriser l’accueil et l’accompagnement des nouveaux arrivants, le Comité s’est associé avec neuf organismes et divers partenaires comme le gouvernement, des commerçants et des intervenants municipaux.
Dans un prochain article, le projet de création d’une structure d’accueil pourra être expliqué plus en détail.