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Le Parlement est fermé, mais les députés continuent de travailler

Mélanie Meloche-Holubowski par Mélanie Meloche-Holubowski
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Article mis en ligne le 15 janvier 2010 à 14:46
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Le Parlement est fermé, mais les députés continuent de travailler
Le Parti libéral accuse les conservateurs de prendre de longues vacances en prorogeant le Parlement. Malgré son opposition à cet arrêt des travaux, le Bloc québécois prend le temps de préparer le prochain budget. (Photothèque)
Consultation publique régionale sur le budget le 7 février
Le Parlement est fermé, mais les députés continuent de travailler
Lorsque Meili Faille a ouvert son téléviseur la première fois pendant les vacances de Noël, c’était pour apprendre que le premier ministre Stephen Harper prorogeait une fois de plus le Parlement. Elle s’est vite rendue à l’évidence : les travaux de la Chambre sont bel et bien suspendus jusqu’au mois de mars.
« Je pensais que c’était une blague! » déclare la députée bloquiste de Vaudreuil-Soulanges. Les députés ne reprendront le travail que le 3 mars, la veille même du dépôt du budget. Elle précise qu’avant les années 1980, on avait souvent recours à la prorogation, pratique abandonnée depuis.

Avec des milliers de Canadiens toujours sans emploi, une commission sur la torture en Afghanistan suspendue et une participation désastreuse à Copenhague, Mme Faille estime cette prorogation inacceptable.

« La mission du Canada en Afghanistan au-delà de 2011 est floue, indique-t-elle. Il y a des milliards de dollars en contrats attribués sans appels d’offres, il y a la question de l’assurance-emploi et de l’entente avec le Québec sur la taxe de vente… C’est une décision purement partisane de la part de Stephen Harper. Le gouvernement ne veut pas être questionné. C’est antidémocratique. »

La députée déplore que le travail sur les dossiers et les projets ne soit repris qu’à l’ouverture de la Chambre. Cela est sans compter son inquiétude face au prochain budget, de toute évidence inadéquat pour aider les gens atteints par la crise économique. « Nous savons déjà que Harper n’ajoutera pas de mesures de relance, mais il y a encore des gens qui souffrent du ralentissement. »

La popularité des conservateurs en prend même un coup avec cette décision : le dernier sondage d’Ekos montre que 30,9 % des Canadiens voteraient pour les conservateurs, contre 29,3 % pour les libéraux. « La prorogation est une pilule empoisonnée pour Harper », déclare la députée, qui ne croit pas, malgré les rumeurs, qu’une élection soit pour autant déclenchée au printemps.

Des groupes Facebook contre la prorogation comptent maintenant des milliers de membres, et des manifestations se préparent à Montréal le 25 janvier. Mme Faille ignore si le Bloc y participera.
Consulter la population
Cette prorogation a pourtant l’avantage d’accorder aux partis plus de temps pour consulter la population. Chose que faisaient Meili Faille et plusieurs autres députés, même en siégeant au Parlement. « J’avais déjà commencé en décembre pour avoir le plus de temps possible avec la population », indique la députée, qui affirme que le Bloc exigera du gouvernement conservateur des dépenses durables pour la relance économique au pays.

L’assurance-emploi est le cheval de bataille du Bloc québécois : il sollicite l’abolition du délai de carence et un accès plus simple à cette aide.

La députée et le Bloc réclameront également un investissement majeur dans les technologies vertes afin de s’éloigner des produits pétroliers.

En ce qui concerne la région, Mme Faille veut continuer de soutenir des projets comme la Route bleue, protéger le patrimoine régional, dont Pointe-du-Moulin, et développer l’agrotourisme. Elle souhaite aussi un meilleur soutien aux agriculteurs et un réinvestissement dans la culture. Elle demandera enfin une augmentation des sommes pour le programme Carrières été, de même que des investissements majeurs dans le logement social et le transport en commun, deux besoins criants.

« Le gouvernement du Québec ne réinvestit pas. Nos organismes sont coincés. Je dois donc les aider à obtenir le plus de subventions possible », indique-t-elle.

Mme Faille prépare une soirée de consultation le 7 février. Elle y présentera l’état actuel des finances, recueillera des suggestions et répondra aux questions des citoyens. « Ce sera le moment de s’exprimer », précise-t-elle.

Surveillez les Hebdos du Suroît pour connaître le lieu et l’heure de cette consultation.
« Cette prorogation est antidémocratique. Notre emploi est de questionner le gouvernement. Maintenant, la population est évacuée du processus décisionnel. C’est une décision purement partisane de la part de Stephen Harper », déclare Meili Faille.

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