Quelque 400 producteurs locaux ont manifesté devant les bureaux du premier ministre Jean Charest. (Photothèque)
Le gouvernement signe tout de même l’ACI
Manif des agriculteurs
Jeudi, des milliers d’agriculteurs, dont quelque 400 producteurs de la région de Saint-Jean-Valleyfield, ont manifesté devant les bureaux du premier ministre du Québec, Jean Charest. Ils contestent la signature de l’Accord sur le commerce intérieur (ACI).
« Le message du monde agricole est clair : Québec doit refuser d’entériner les nouvelles dispositions agricoles (chapitre 9) de l’ACI », a déclaré le président de l’UPA de Saint-Jean-Valleyfield, M. Bernard Vincent. « Le gouvernement, a-t-il ajouté, doit se ressaisir et prendre le parti des agriculteurs et des consommateurs québécois. »
Le 9 octobre, plus de 150 membres de la Fédération régionale de l’UPA de Saint-Jean-Valleyfield ont aussi manifesté devant le bureau de Stéphane Billette.
Malgré cette vive opposition, le gouvernement a été de l’avant et a ratifié l’accord jeudi à Whitehorse, à l’occasion d’une rencontre des ministres provinciaux et territoriaux du Commerce.
Les agriculteurs craignent que ces nouvelles dispositions affectent toutes les mesures favorisant la spécificité des aliments produits au Québec, les règles d’étiquetage, les normes de composition des aliments, la mise en marché collective et ordonnée ainsi que la gestion de l’offre. Ainsi, toute province ou entreprise souhaitant commercialiser ses produits dans une autre province pourrait se plaindre à l’ACI dès qu’une mesure provinciale ou fédérale entraînerait un coût additionnel ou donnerait l’impression d’entraver ou de restreindre les occasions de commerce. Or, l’UPA souligne que de telles mesures visent à protéger les consommateurs et à leur garantir une information juste et complète sur les produits qu’ils consomment.
À titre d’exemple, une entreprise pourrait contester l’interdiction, au Québec, de retirer de la protéine du lait avant de l’embouteiller ou l’obligation d’utiliser du lait frais pour fabriquer du yogourt. Une partie pourrait également contester l’interdiction, au Québec, d’utiliser un terme laitier (fromage, lait, crème, cheddar ou mozzarella) ou des images de vaches ou de fermes laitières pour vendre un succédané, par exemple des boissons ou des desserts glacés sans lait. L’approvisionnement prioritaire des abattoirs québécois en porcs du Québec pourrait aussi être contesté en faisant valoir qu’il s’agit d’une entrave au commerce interprovincial. La certification québécoise des produits bio, les systèmes québécois de traçabilité, la procédure d’inspection et de classement dans le sirop, les normes de composition des yogourts pourraient également être remis en question.
Lors de la manifestation jeudi, les agriculteurs ont tenté de rappeler au premier ministre québécois que les aliments québécois sont gérés par des normes et des exigences supérieures à celles que l’on retrouve en Amérique du Nord.
« Les nouvelles dispositions, quant à elles, permettraient à des aliments hors Québec ne respectant pas les normes québécoises d’apparaître sur nos tablettes d’épicerie. Ce serait l’ère du n’importe quoi alimentaire. Est-ce vraiment le Québec que nous voulons dans notre assiette? » dit l’UPA.
Le gouvernement du Québec doit comprendre qu’il est prématuré de signer un texte qui ne convient pas aux principaux intéressés, soit les producteurs agricoles et les consommateurs. Il doit conséquemment convenir de consulter et de s’asseoir avec ces derniers, de façon à parvenir à une entente satisfaisante pour toutes les parties, estime l’UPA.
Aussi, les producteurs s’indignent que ce soit un panel de l’ACI, constitué de non-élus, qui décidera de la légitimité de lois votées à l’Assemblée nationale et de règlements adoptés par le gouvernement pour protéger les consommateurs et leur livrer une information exacte sur les aliments qu’ils consomment. « Les agriculteurs québécois croient que les consommateurs québécois, lorsqu’ils se votent des lois et lorsqu’ils se donnent des règlements par le biais de leurs institutions démocratiques, font un choix collectif et qu’il appartient à cette même collectivité d’en décider l’avenir », a conclu M. Serge Beaulieu.
David C.
Commentaire mis en ligne le 19 octobre 2009Afin de faire face à la colère qui vient! Afin de faire face à la logique destructrice du système ! Afin de faire face au mépris de la classe dirigeante, en montant sur la scène de l'histoire! Afin de rompre avec la règle du jeu!
Je vous invite à lire et à partager le dernier tract de Solidarité et progrès :
http://www.solidariteetprogres.org/article5871.html
Il est temps que toutes les révoltes particulières donnent naissance à un projet commun révolutionnaire!
David C.
david.cabas.over-blog.fr