L’agriculture reléguée aux oubliettes
Conseil d’administration de l’UPA de Saint-Jean–Valleyfield
-SAINT-RÉMI -Le président de la Fédération de l’UPA (Union des producteurs agricoles) de Saint-Jean–Valleyfield, Bernard Vincent, et le président de l’UPA, Christian Lacasse, ont discuté budget, stabilisation des revenus et protection du territoire agricole. Les deux hommes, comme l’ensemble des producteurs agricoles, sont inquiets des répercussions des propositions gouvernementales.
Selon la majorité des participants réunis le 17 avril, le budget 2009-2010 passe à côté des besoins réels en agriculture. Malgré les demandes répétées de revoir à la hausse le budget en raison des multiples crises en agriculture, il y a tout lieu de croire que la Financière agricole du Québec (FADQ) demeurera sous-financée cette année. De plus, le budget 2009-2010 ne prévoit pas élargir la couverture en sécurité du revenu. Le projet de capital patient de la relève agricole et la mise à jour du plan de relance de la forêt privée ont également été laissés de côté.
Le gouvernement Charest aurait pu saisir l’occasion d’une relance de la situation économique en stimulant les secteurs agricoles et forestiers. En 20 ans, malgré une augmentation de la valeur du secteur agricole, le budget du MAPAQ (ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec) a été réduit de moitié.
« Or, ce n’est pas en sous-finançant l’agriculture et la foresterie privée qu’on stimulera la croissance économique. Rappelons à ce sujet que le secteur agricole, selon Emploi-Québec, a fourni un contingent de 6 000 nouveaux emplois en février dernier », a précisé Sébastien Guy, conseiller aux communications à la Fédération de l’UPA de Saint-Jean–Valleyfield.
Quant au rapport Saint-Pierre sur la révision des programmes de sécurité du revenu, les producteurs agricoles sont inquiets. Le programme d’assurance stabilisation des revenus agricoles (ASRA) doit en effet s’adapter aux réalités agricoles. Entre autres, l’accès à des programmes complémentaires permettrait d’assurer une couverture en réponse aux problèmes d’aujourd’hui. Il est certain que l’abolition de l’ASRA mettrait en péril les fermes familiales. En Montérégie, 52 % des entreprises agricoles sont assurées par ce programme.
Dans Vaudreuil-Soulanges, la baisse du nombre d’exploitations agricoles se poursuit. Ainsi, en 2005-2006, le nombre d’exploitations agricoles était de 468; l’année précédente de 489 : une perte de 49 entreprises de 2004 à 2008 (voir Portrait). Enfin, le gouvernement se doit de donner un soutien à la mesure d’une industrie qui atteint 7,5 milliards de dollars par an. « Environ 1 % des dépenses budgétaires gouvernementales au Québec sont consacrées à l’agriculture alors que c’est plus de 3 % aux États-Unis », rappelle Sébastien Guy.
Assouplissement
Bernard Ouimet, mandataire du gouvernement dans le dossier de la protection du territoire agricole, étudie la pertinence d’assouplir les lois et règles qui régissent la protection du territoire. Loin de partager les intentions du mandataire, l’UPA considère que le gouvernement du Québec « doit écarter toute proposition ne reconnaissant pas le territoire agricole en tant que pierre d’assise ».
Il est difficile de croire qu’un assouplissement peut être considéré alors que le système en place ne suffit pas à la tâche. En Montérégie, la zone agricole a perdu 735 hectares en 10 ans. Au Québec, depuis 1994, près de 56 000 hectares ont été exclus de la zone agricole. Considérant que ces terres perdues ne sont jamais récupérées à des fins d’exploitation agricole, le gouvernement mettra bientôt un terme à l’agriculture au Québec.
« L’adoption de la Loi sur la protection du territoire et des activités agricoles (LPTAA), il y a maintenant 30 ans, n’a toutefois pas mis un terme à la pression exercée sur les terres agricoles. Cette pression s’est même accentuée avec le temps. » – Sébastien Guy, aux communications de l’UPA de Saint-Jean–Valleyfield
Rapport annuel 2007-2008, portrait des décisions rendues par la CPTAQ et la MRC de Vaudreuil-Soulanges
Nombre de municipalités avec zone agricole décrétée :17
Superficie de la zone agricole au 31 mars 2008:65 268 ha
Superficie occupée par les exploitations agricoles enregistrées au MAPAQ :49 122 ha
Nombre d’exploitations agricoles enregistrées au MAPAQ 440
Pourcentage de la zone agricole occupée par les exploitations agricoles :75 %
Superficie du territoire municipalisé des MRC 85 507 ha
Source : CPTAQ, mars 2008; MAPAQ, mars 2008