À quand le respect de l'agriculture?
Depuis toujours, la rentabilité agricole inquiète les producteurs. Les maladies et les conditions météorologiques en représentaient jadis les grands inconnus. Aujourd'hui, les sursauts de l'économie, la perte de terres agricoles, le manque de relève et les déboires du transfert des entreprises agricoles s'ajoutent au fardeau du producteur. Mais le plus grand mal réside en la perception et la place de l'agriculture dans notre société, une question d'une importance grandissante dans un monde où les obstacles paraissent insurmontables.
Bob Ray l'avait bien souligné lors de sa visite électorale à Vaudreuil-Dorion, « Le Canada doit choisir de faire de l'agriculture une priorité. » Pour sa part, le ministre de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation, Laurent Lessard, en visite au Marché champêtre de Rigaud l'an dernier, insistait sur l'importance de programmes encourageant les jeunes à prendre la relève. La volonté semble être partagée, mais il reste beaucoup à faire pour enfin donner à l'agriculture le statut qui lui revient.
Plus ça change, plus c'est pareil!
Dans le numéro de mars de la revue Producteur Plus, on parle encore de ce parent pauvre. « Dès les débuts de la Nouvelle-France, l'agriculture a été une activité essentielle à la survie des colons français. On aurait pu croire qu'au fil des siècles, l'agriculture du Québec aurait passé d'une activité de subsistance à une industrie prospère et florissante. Mais un simple regard aux finances de la majorité des producteurs agricoles actuels nous ramène à cette triste constatation : l'agriculture au Québec est demeurée le parent pauvre de l'activité humaine. Cette condition doit changer.»
Les activités commerciales ont foisonné après la guerre, ce qui a engendré de formidables avancées technologiques tout en provoquant une diminution chronique du nombre de fermes, phénomène qui n'a cessé depuis.