Écrire pour rendre justice à des pionnières du Québec
L’auteure Pauline Gill à Vaudreuil-Dorion
De passage à la bibliothèque municipale de Vaudreuil-Dorion, Pauline Gill en a profité pour échanger avec ses lecteurs sur son parcours d’auteure de romans historiques et surtout sur ce besoin de faire découvrir aux gens des pionnières québécoises méconnues.
Mardi soir, bon nombre de lecteurs ont eu plaisir à rencontrer l’auteure de la célèbre saga La cordonnière, de Docteure Irma et de plusieurs autres livres à saveur historique. Une belle occasion de découvrir également son passé d’enseignante au secondaire, au collégial et à l’Université du Troisième Âge.
Tromper l’ennui
Au départ, rien ne la destinait au métier d’écrivaine, a relaté cette auteure originaire de L'Islet et issue d’une famille de 11 enfants. « Il n’y avait pas beaucoup de livres chez nous », a dit Pauline Gill en avouant, non sans humour, que le livre La mère canadienne et son enfant avait en quelque sorte contribué à parfaire son éducation sexuelle. En fait, ce goût pour l’écriture lui est venu dès sa jeunesse. « J’étais pensionnaire dans une école de Rivière-du-Loup et je trompais mon ennui en écrivant à mon père. Nous échangions des poèmes. C’est lui qui m’a donné la piqûre de l’écriture. »
Rendre justice
Cette auteure a également expliqué, lors de sa conférence, que cette impulsion pour l’écriture lui est également venue d’une certaine forme de révolte. Alors professeure, elle découvre, entre autres, que bien des bâtisseuses au parcours exceptionnel ont vu leur œuvre occultée ou tombée dans l’oubli notamment parce qu’elles étaient femmes à une époque où elles perdaient bon nombre de leurs droits dès le mariage.
« En écrivant des romans historiques sur des pionnières de chez nous, mon but est de réparer les erreurs commises auprès d’elles », a affirmé Pauline Gill. Pour ce faire, elle a dû effectuer un colossal travail de recherche dans de rares archives souvent difficiles d’accès. À ce sujet, elle a souligné les 15 années de recherches nécessaires à la rédaction de La cordonnière. Et que dire de cette femme d’exception qu’est Irma Levasseur, première femme médecin au Québec, véritable instigatrice et fondatrice de l’Hôpital Sainte-Justine et qui, selon l’auteure, mérite grandement qu’on lui redonne la place qui lui revient dans l’histoire.
Créer des émotions
Outre son parcours d’écrivaine, Pauline Gill a également raconté les aléas du métier d’écrivain, la façon de captiver le lecteur, le milieu de l’édition, les droits d’auteur, etc. « Afin d’être lu par un large public, il importe d’adopter un style “séductif ”, soit de créer des émotions chez le lecteur et de solliciter ses sens. »
Passionnée d’histoire, cette écrivaine entend continuer à nous faire découvrir de nombreuses femmes d’exception afin qu’elles ne tombent pas dans l’oubli. Tout adepte de la plume de Pauline Gill pourra donc poursuivre le parcours de l’une d’elles dès cet automne avec la parution du tome 3 de Docteure Irma.
Pauline Gill aime avant tout écrire des histoires qui créeront des émotions chez le lecteur. (Photo Pascale M. Lévesque)
Lors d’une soirée-rencontre à la bibliothèque municipale de Vaudreuil-Dorion, Pauline Gill a eu l’occasion d’échanger, avec plusieurs de ses lectrices, sur son parcours d’auteure. (Photo Pascale M. Lévesque)