Les candidats libéraux Jean-Pierre Paquin, Stéphane Billette, Lucie Charlebois, Louis-Charles Roy, Yvon Vallières et Marc Savard entourent le nouveau président de l’Union des producteurs agricoles de Saint-Jean-Valleyfield, Bernard Vincent, au centre. (Photo Elizabeth Caron)
« Mettons l’agriculture dans la campagne »
Débat politique sur l’agriculture
Une dizaine de candidats et l’ex-ministre Yvon Vallières ont débattu leurs idées sur l’agriculture. Malgré sa reconnaissance en tant que moteur économique, l’agriculture demeure un métier difficile à exercer.
Le nouveau président de l’Union des producteurs agricoles (UPA), Bernard Vincent, et l’UPA de Saint-Jean-Valleyfield avaient convié leurs membres à assister à un débat sur l’agriculture au centre communautaire de Saint-Rémi. En 2003, ce même chapitre avait initié un premier débat du genre. Mercredi soir dernier, plus de 300 personnes ont assisté aux discussions et ont fait connaître leurs revendications.
Avant l’ouverture du débat, Bernard Vincent s’est adressé aux candidats en leur priant de « faire ce que vous dites » et « d’être à la hauteur de ce que nous sommes ». Puis les candidats libéraux, adéquistes et péquistes ont partagé leur vision et orientation face à l’agriculture.
Pour l’Action démocratique du Québec, l’agriculture doit être vue comme un moteur économique. L’étiquetage et la réciprocité représentent des enjeux de taille, tout comme la relève et la modernisation, afin d’être compétitif sur le marché international.
Du côté du Parti québécois, l’aspect financier de l’industrie retient l’attention. Les orientions du parti tournent autour de l’abolition de la taxe sur les infrastructures, le soutien au transfert de la ferme aux enfants, les dédommagements en cas de crise et le maintien de la financière agricole. Les pratiques agricoles durables et la promotion des produits québécois font également partie des visions péquistes.
Le Parti libéral reconnaît également l’agriculture comme moteur économique, mais affirme qu’il importe de valoriser le métier de producteur agricole et d’en assurer la rentabilité pour tous.
Un territoire agricole dynamique
Sur ce premier thème, à la question du maintien du rôle de la Commission de protection du territoire agricole, tous les candidats ont répondu dans l’affirmative. Il en va de même avec le plan de développement. C’est en réponse à la question sur la fragilisation des terres agricoles en raison du passage de l’autoroute 30 que les candidats se sont animés. Le Parti québécois s’est dit choqué du choix du parcours et de la perte de terres de si grande qualité. En réaction, Lucie Charlebois, députée sortante de Soulanges, a insisté sur le fait qu’elle connaît les revendications et qu’elle veillera à ce que les mesures de mitigations soient respectées. La candidate libérale a ajouté qu’en raison de la grande superficie des terres, « il n’y a pas de problème ». Tout en défendant le projet de son gouvernement, madame Charlebois a tenu à préciser les avantages apportés par la venue de l’autoroute 30 dans la région et l’aide aux agriculteurs avec, entre autres, des économies de coûts de transport du grain.
Enfin, à la question de la récupération des terres agricoles (Règlement sur les terres agricoles), les réactions ont été vives de la part de l’Action démocratique du Québec, une aberration, a-t-elle dit. De son côté, le Parti québécois soutient qu’il est déplorable de ne pas récupérer ces terres. Malgré le rapprochement du ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation (MAPAQ) et du ministère du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs (MDDEP) observé ces dernières années, il demeure que les politiques de l’un et l’autre des ministères ne sont pas toujours compatibles. La question du public a d’ailleurs porté sur cette absence de politique cohérente entre le MDDEP et le MAPAQ.
Suite du débat politique sur l’agriculture dans L’Étoile.