Montupet fermera son usine le 19 décembre. (Photo Daniel Cuillerier)
L’usine de Rivière-Beaudette cesse ses activités
165 travailleurs perdent leur emploi
Mercredi, l’usine Montupet a avisé ses employés qu’elle mettra fin à ses activités le 19 décembre. Ce sont 165 employés, dont 140 syndiqués, qui seront mis à pied peu avant Noël.
Son important client, Chrysler, n’a pas cru bon de renouveler son entente. Cette dernière prendra fin en décembre. « Nous étions confiants que l’entente se poursuive, mais nous n’avons pas eu signe de vie de la part de Chrysler. Nous avons donc donné mercredi les préavis légaux afin que l’usine s’arrête dès la fin du contrat », explique Sylvain Gauthier, directeur général de l’usine.
Selon lui tout serait lié à une question de coûts. « Ils [les dirigeants de Chrysler] auraient trouvé quelqu’un de moins cher que nous. Nous leur souhaitons la meilleure des chances, car la pièce que nous produisons n’est pas facile à fabriquer, explique M. Gauthier. Nous maîtrisions bien sa fabrication, par contre les coûts de production sont supérieurs à ceux qu’ils voulaient avoir comme prix cible. Nous ne pouvons égaliser ce prix. »
Une nouvelle prévisible
Voilà une nouvelle quelque peu prévisible en raison des difficultés majeures éprouvées par l’industrie automobile. Selon M. Gauthier, une réouverture d’usine serait peu probable : « À moins que Chrysler nous demande de poursuivre la fabrication du produit. Et les probabilités qu’il y ait une demande pour la fabrication d’une autre pièce dans un avenir rapproché sont très faibles. »
Soulignons que la production de pièces pour Chrysler devait s’arrêter à la mi-avril. À deux semaines de la fin de cette entente, Chrysler a demandé à Montupet de poursuivre la production jusqu’à la fin mai, rappelle Sylvain Gauthier. Et enfin, le géant automobile a demandé à Montupet de poursuivre la fabrication jusqu’en décembre.
À chacune de ces échéances, les employés étaient informés des nouveaux développements. Le directeur général mentionne que, tout au long de l’année, les employés ont toujours fait preuve de professionnalisme. Malgré le fait que la situation n’ait pas été facile, le travail a toujours été bien fait, poursuit-il.
Pour sa part, le maire de Rivière-Beaudette, Denis Brodeur, n’a pas été surpris de cette nouvelle. « Nous serons peu affectés puisque d’autres projets pourront nous apporter des revenus, comme la halte routière et l’ouverture de l’entrepôt de Canadian Tire », dit-il en ajoutant que seulement deux ou trois personnes de Rivière-Beaudette travaillent à l’usine. Étant donné l’important besoin de main-d’œuvre qualifiée des entreprises de la région, le maire dit avoir bon espoir que les employés mis à pied retrouvent rapidement du travail.
Enfin, des comités seront formés afin de pouvoir replacer les employés. Ces derniers pourront bénéficier, dans certain cas, de 26 semaines de salaire, en fonction de leur ancienneté.
Rappelons que l’usine est spécialisée dans la fabrication de pièces en aluminium pour les moteurs d’automobiles. Montupet est une multinationale française possédant des usines en France, en Irlande, en Espagne, au Mexique et au Canada.