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Un système de santé malade?

Des citoyens partagent leur histoire et leurs revendications

Isabelle Lord par Isabelle Lord
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Article mis en ligne le 21 novembre 2008 à 23:59
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Un système de santé malade?
La famille Rehayem, composée de Renée, Xavier, Frédéric et Noémie, demande plus de soutien afin de faire avancer plus rapidement le dossier de leur enfant malade. (Photothèque)
Un système de santé malade?
Des citoyens partagent leur histoire et leurs revendications
VAUDREUIL-SOULANGES-Notre système de santé a mauvaise mine. Pas étonnant qu’un récent sondage Léger démontre que les Québécois considèrent la santé comme l’enjeu principal des élections. Des solutions à nos maux s’imposent… et vite.
Listes d’attente, débordement des urgences, manque d’infirmières, bureaucratie du système de santé, aidants naturels laissés à eux-mêmes… La liste est longue et s’allonge de jour en jour. Avec une population québécoise vieillissante, les besoins en santé se feront de plus en plus criants.
Répit et frais médicaux
Tout comme bien des gens, Gisele Goulet Themens de Notre-Dame-de-l'Île-Perrot a de nombreuses revendications à faire auprès des prochains élus, en matière de santé. Considérée comme étant une aidante naturelle, elle prend soin de son mari de 71 ans, hypothéqué par de nombreux pontages et accidents vasculaires cérébraux et un début d’Alzheimer. « Je trouve très difficile d’être isolée. J’ai besoin d’un répit, confie Mme Goulet Themens. J’aimerais avoir une aide à la maison. Mais que fait une personne qui n’a pas d’argent pour payer les frais? »

Elle explique qu’elle doit impérativement garder la santé afin de pouvoir continuer à s’occuper de son mari. Et pourtant, cet automne on lui a diagnostiqué une tumeur au sein. Mme Goulet Themens raconte l’angoisse d’avoir été mise sur une liste d’attente avant de pouvoir être traitée. « Heureusement, mon médecin a pu me faire passer après quelques semaines d’attente », se réjouit-elle. Aujourd’hui, son état est stable. Toutefois, elle déplore d’avoir eu à payer tous les soins de santé afin d’être soignée à l’Institut de cardiologie de Montréal.
Bureaucratie et attente
Pour sa part, le couple Rehayem des Cèdres vit des heures d’attente interminable. En fait, Xavier, son enfant de quatre ans, souffre d’un grave problème immunitaire. Malade depuis trois ans, il est atteint d’une infection qui ressemble beaucoup à la tuberculose de par ses effets, explique son père, Frédéric. Et après cinq opérations majeures, rien n’est réglé. De plus, un problème de circulation du sang peut causer à l’enfant des thromboses ou hémorragies à tout moment. Présentement, l’état de Xavier est stable grâce à des médicaments, mais Renée, sa mère, doit rester à la maison avec lui.

Le couple s’estime chanceux d’avoir pu consulter plusieurs médecins qualifiés et dévoués. Toutefois, ils s’avèrent impuissants face à la condition de Xavier. Le couple entend donc se rendre dans le Maryland, aux États-Unis, afin que Xavier puisse participer à un protocole de recherche. Le hic : la famille attend de partir depuis deux mois. La Régie de l’assurance maladie du Québec (RAMQ) a récemment accepté sa demande et autorisé le transfert de Xavier, mais le processus est très long, indique Frédéric. Le couple a tout de même bon espoir de pouvoir aller aux États-Unis avant Noël.

« Pendant tout ce temps, la RAMQ a très peu retourné nos appels, et nous avons eu de fausses informations pour faire avancer le dossier. La bureaucratie est très lourde. De plus, elle [la RAMQ] ne couvrira que les frais hospitaliers et professionnels liés à l’évaluation de Xavier là-bas. » Le couple devra également y aller afin de subir des tests génétiques, mais devra en assumer toutes les dépenses.

Outre ces faits, le couple déplore le manque de soutien. « Nous demandons qu’il y ait un encadrement pour aider les patients à cheminer à travers les différentes étapes. Comme bien d’autres parents ou patients éprouvés par la maladie ou qui doivent s’occuper d’un proche malade, nous ne sommes pas en condition de faire avancer la bureaucratie dans de tels dossiers », explique Frédéric Rehayem.

Enfin, le couple déplore également le potentiel et l’expérience envolés des étudiants en médecine étrangers qui, une fois leurs études terminées, retournent dans leur pays pour y travailler. Alors que le Québec manque cruellement de médecins, cette observation prend tout son sens.

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