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Arrête de boire

Patrick Richard par Patrick Richard
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Article mis en ligne le 21 novembre 2008 à 23:22
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Arrête de boire
Le regroupement des Alcooliques anonymes
Arrête de boire
Tout le monde a, un jour ou l’autre, entendu parler du regroupement des Alcooliques anonymes, mieux connu sous l’acronyme AA. Mais que sait-on au juste sur ce mouvement, né dans les années 1930, présent partout sur la planète et regroupant près de deux millions de membres dans plus de 100 000 groupes AA?
Une maladie sans frontières
Les préjugés sur le mouvement AA sont aussi abondants que son nombre de membres. L’image classique de l’alcoolique? Quelqu’un, habituellement un homme, dont la consommation d’alcool est excessive. Une mauvaise habitude qui a, la plupart du temps, ruiné sa vie. Sa femme est partie, il ne voit plus ses enfants et son patron est à quelques jours de le congédier. Récidiviste, l’homme ne se rase presque plus et promène son haleine d’ivrogne dans un bar miteux, sur un banc de parc et dans les bureaux de personnes qui vont, ou ne vont pas, lui venir en aide. Cette image de l’alcoolique est aussi fausse que l’idée selon laquelle la Terre est plate. L’alcoolisme frappe partout et ne fait pas la différence entre la richesse et la pauvreté, les femmes et les hommes, les jeunes et les vieux. L’alcoolisme est une maladie mortelle, progressive, sournoise et plus forte que soi. Elle ne connaît pas de frontières.
Le mal de vivre
L’incompréhension entourant l’alcoolisme prend tout son sens quand on compare cette maladie à d’autres mieux connues, tel le cancer. Une personne atteinte du cancer reçoit, c’est à souhaiter, le soutien indéfectible de ses proches. Une personne atteinte d’alcoolisme est souvent victime de préjugés et vue comme un être faible, incapable de mettre un terme à sa dépendance. « Pourtant, moi je suis capable d’arrêter quand je veux. Lui, pourquoi ne fait-il pas pareil? » entend-on souvent. L’alcoolisme n’a rien à voir avec la personnalité des gens qui en sont atteints. Un problème d’alcool? Probablement. Mais surtout un symptôme, puis une maladie enracinée dans le mal de vivre. Avant d’être un problème de consommation, de quantité ou de fréquence, l’alcoolisme est d’abord et avant tout une maladie liée au mal de vivre. Ce mal de vivre prend de multiples visages et est, la plupart du temps, profondément ancré à l’intérieur de chaque alcoolique. Pour l’alcoolique, la soupape par excellence demeure l’alcool; le toxicomane choisit la sienne parmi une vaste sélection de drogues légales et illégales; le travailleur compulsif (le workaholic) se réfugie dans le travail, tandis que le joueur compulsif s’évade au casino. À la base de tous ses maux se cache, quelque part, le mal de vivre.
Pour un meilleur mode de vie
Heureusement, un remède éprouvé existe pour toutes les personnes vivant un « problème d’alcool », et ce remède s’appelle le mode de vie des 12 étapes. Le désir d’arrêter de boire est la seule condition pour être membre des AA. À partir de là, un monde nouveau s’ouvre à la personne atteinte. Par contre, il n’y a probablement rien de pire pour un alcoolique que d’arrêter de boire sans mode de vie. Le mode de vie des 12 étapes est l’insuline de l’alcoolique. Le diabétique peut-il passer quelques jours sans son insuline? Au même titre, l’alcoolique, une journée à la fois, ne peut s’éloigner de son programme des 12 étapes. Sinon, les risques de rechute augmentent. Et dans ce cas, comme la maladie est progressive, ces rechutes se font toujours plus profondes, vers le fond du baril. Là où les gens achoppent et rechignent, c’est souvent en matière de spiritualité. Question bien personnelle, s’il en est, la spiritualité revêt, dans le mode de vie des 12 étapes, une dimension universelle. « Nous avons décidé de confier notre volonté et notre vie aux soins de Dieu tel que nous Le concevions. » Comme il s’agit d’une maladie plus forte que soi, il faut une puissance plus forte que soi pour la maîtriser, et non la vaincre. On ne guérit pas de l’alcoolisme comme on ne guérit, pour le moment, du diabète. Allergique un jour, allergique toujours. Mais il est possible de se faire soigner par un traitement reconnu mondialement depuis 70 ans. Comme échelle de participants à un antidote, l’humanité a rarement fait mieux.

Il est à espérer, dans un avenir proche, que les préjugés entourant l’alcoolisme disparaîtront. Mais comme l’alcool est partout en vente libre et fortement promu dans les campagnes de publicité (où le sport et l’alcool font très bon ménage), les émissions de télévision (Tout le monde en parle est à cet égard remarquable) et les multiples célébrations 323 jours par année, les gens qui pensent que le mode de vie des AA est bon pour le voisin ont encore de beaux jours à boire et à festoyer.

Pour un meilleur mode de vie, rendez-vous sur le site au www.aa-quebec.org où sont répertoriées toutes les réunions AA dans notre région.

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