Accompagné de la députée de Soulanges, Lucie Charlebois, Laurent Lessard, ministre de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation, a rencontré les producteurs agricoles au Marché champêtre de Rigaud, dont Nathalie Wolford et Mario Ménard, propriétaires de Miel champêtre. Photo Daniel Cuillerier
Les enjeux d’ici selon Laurent Lessard
Visite du ministre de l’Agriculture au Marché champêtre de Rigaud
De passage à Rigaud, le ministre de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation a bien voulu donner sa position sur certains enjeux agricoles qui touchent la région.
Tout d’abord, dans le dossier de Qualiporc, le ministre a rappelé les conditions difficiles dans lesquelles l’industrie du porc – particulièrement l’abattage – se trouvait en ce moment. L’usine, sous la protection contre les créanciers, avait reçu en 2006 un avis défavorable. Par la suite, malgré les investissements de taille de nombreux producteurs agricoles locaux et le travail acharné des partenaires dans l’usine, le ministre a dû déposer un avis sectoriel non positif. « C’est une décision d’affaires. » Même s’il déplore les pertes des agriculteurs et qualifie toute l’affaire de malheureuse, Laurent Lessard croit qu’il n’était pas possible de donner un avis positif compte tenu de la situation: le plan d’affaires n’était pas à la hauteur.
Dézonage des terres agricoles
Souvent critiqué haut et fort par les membres de l’Union des producteurs agricoles, le dézonage agricole se poursuit sur tout le territoire. Vaudreuil-Soulanges s’inscrit comme l’une des régions où la pression du développement accélère le dézonage, malgré la qualité exceptionnelle de ses terres. Sur cette question, le ministre Lessard, plutôt que de critiquer la loi en place, préfère répondre au problème en présentant de nouveaux programmes, comme le proposait la commission Pronovost sur l’avenir de l’agriculture. Parmi ces solutions figure une meilleure conciliation des activités agricoles afin de renforcer la solidarité rurale. D’autre part, le ministre espère que des projets-pilotes au sein des MRC aideront à libérer le potentiel agricole propre à chacune des régions. Avec une analyse du potentiel selon le territoire puis un plan réfléchi et enfin un guide d’implantation, il sera possible de mieux exploiter le territoire. « C’est la solution, un peu comme ce qui s’est fait dans la culture ». En tout, huit projets seront lancés.
La relève
Quant au problème de la relève, le ministre compte également sur les recommandations de la commission Pronovost et le plan de 10 millions de dollars en cinq ans. Le plan aide ce que le ministre appelle les TPE, « tites petites entreprises ». Selon le ministre, « il n’y a pas de petite agriculture ». Le plan doit respecter le patrimoine, les valeurs et les races patrimoniales des fermes locales et assurer un capital de démarrage afin que les jeunes puissent être en mesure de prendre la relève non seulement sur le plan du travail, mais également sur le plan financier.