Les ministres Jean-Marc Fournier et Julie Boulet ne pouvaient cacher leur joie lors de l’annonce d’un investissement de 1,5 G$ pour finir l’autoroute 30. (Pascale M. Lévesque)
Le gouvernement investit 1,5 G$ pour terminer les travaux
C’est vrai, la 30 sera finie en 2012!
Salaberry-de-Valleyfield — L’annonce de l’achèvement du tronçon ouest de l’autoroute 30 est irrévocable. Mardi en après-midi, une entente a été signée avec un partenaire privé afin de garantir la fin des travaux en 2012. Et le gouvernement du Québec investit 1,5 G$.
Cette annonce constituait un beau cadeau d’anniversaire pour le ministre responsable de la Montérégie, Jean-Marc Fournier. Il y a 21 ans, alors qu’il entreprenait sa carrière en politique, l’autoroute 30 était sa priorité. Si tout se passe comme prévu, M. Fournier roulera sur l’autoroute 30 à l’âge de 53 ans, en 2012. « Que de tiraillements entre régions, que de scepticisme. Voilà, c’est terminé! » a-t-il lancé.
Le tronçon ouest de l’autoroute 30, entre Châteauguay, Salaberry-de-Valleyfield et Vaudreuil-Dorion, sera construit en partenariat public-privé (PPP). La ministre des Finances, Monique Jérôme-Forget, a indiqué qu’un PPP permettrait à son gouvernement d’épargner 750 M$. Une somme qui correspond au prix de la construction du Centre hospitalier de l’Université de Montréal, a-t-elle expliqué.
Ce chantier permettra de relancer l’économie de la région et du Québec. « En ces temps incertains, le Québec s’y met pour relancer l’économie », a affirmé le ministre Fournier.
Le consortium Nouvelle Autoroute 30 S.N.C., composé des sociétés Acciona, et Iridium Concesiones de Infraestructuras, sera responsable de la construction de cette autoroute. Il devra construire le tronçon ouest, mais aussi l’entretenir au cours des 35 prochaines années. Il devra voir à la construction d’un tunnel sous le canal de Soulanges, d’un pont au-dessus du fleuve Saint-Laurent entre Vaudreuil-Soulanges et Salaberry-de-Valleyfield et d’un pont au-dessus de canal de Beauharnois. La construction de celui-ci sera de la même envergure que celle du pont Champlain. Les travaux débuteront ce printemps.
Le consortium doit avoir terminé l’autoroute 30 le 15 décembre 2012, sinon il sera pénalisé financièrement.
Enfin! disent les élus locaux
Des annonces, des promesses, les élus entendent parler de l’autoroute 30 depuis des décennies.
« Aujourd’hui, je peux dire tout haut que, cette fois, c’est la bonne », a affirmé Yves Daoust, le préfet de la MRC de Beauharnois-Salaberry.
Après l’annonce des ministres, les élus municipaux de la Vallée-du-Haut-Saint-Laurent ont donné leurs commentaires à propos de cette importante annonce. « C’est un moment historique pour notre région. Nous y travaillons depuis plus de 45 ans », a dit Jean-Noël Côté, le président du Comité d'action régional pour l’autoroute 30. Il a mentionné que la région a longtemps été considérée le « petit gaulois du projet de l’autoroute 30 ». Finalement, la région pourra recueillir le fruit de ses efforts, a-t-il ajouté. Il a de plus mentionné que le comité cessera ses activités, signe que le projet a atteint son but.
Yves Daoust a indiqué que l’autoroute 30 permettra à sa MRC de se repositionner après les nombreuses pertes d’emplois dans la région. « L’économie s’est transformée au cours des 20 dernières années. C’est indéniable, une autoroute est un outil de développement économique. »
En effet, on estime à 75 % la part des dépenses de construction locales ou régionales. Ce chantier pourra générer quelque 18 900 emplois directs ou indirects.
« La Montérégie deviendra le carrefour économique d’envergure du Québec », a dit le ministre Fournier.
Les ministres ont aussi souligné le travail important des députés Lucie Charlebois et Yvon Marcoux dans ce dossier.
Économies importantes
L’autoroute 30 entraînera des économies de temps et d’argent et une réduction des gaz à effet de serre ont expliqué les ministres. En fait, M. Fournier a indiqué que l’économie de temps pour les industries et les entreprises représenterait 200 M$. La ministre Julie Boulet a ajouté que l’autoroute 30 diminuera de 5000 le nombre de camions par jour sur l’autoroute métropolitaine à Montréal. Les automobiles et les camions parcourront moins de distance. La longueur d’un trajet de la Montérégie à Montréal passera de 18 km à 8 km. « Ça, c’est du développement durable. Il y aura moins de camions, donc une réduction des gaz à effet de serre de 1 % », a précisé Mme Boulet.
Aussi, on estime à 18 % la réduction du nombre d’accidents sur les routes 138 et 201, en raison de la diminution du nombre de camions sur ces routes secondaires.
Péages
Le revenu des péages sur l’autoroute 30 est évalué à 5 M$ par année. Une moyenne de 12 000 véhicules y circuleront chaque jour. Les recettes seront remises directement au partenaire privé. « Ce péage permettra de financer le coût de construction. L’utilisateur participe donc à la construction et à la réhabilitation de l’autoroute 30 », a expliqué François Wasselin, un représentant du consortium. Toutes les recettes supérieures à 150 % du montant estimé seront partagées également entre le consortium et le gouvernement du Québec.
Un véhicule paiera entre 0,60 $ et 1,40 $ pour un passage sur le pont, d’après le ministère des Transports. Ce sera au partenaire privé d’en déterminer le montant. Les camions paieront entre 0,90 $ et 2,10 $. Les coûts que paieront les automobilistes en 2012 seront toutefois de 6 à 7 % plus cher, pour tenir compte de l’inflation, a souligné Paul-André Fournier, directeur du bureau de projet de l’autoroute 30.
Les péages seront perçus par péage hybride : une vignette électronique pour les utilisateurs fréquents ou des points de perception avec arrêt.