Meili Faille a écouté les artistes de la région discuter de l’importance de l’art et dénoncer l’incompréhension de certains politiciens envers la culture. (Daniel Cuillerier)
Meili Faille écoute les préoccupations des artistes d’ici
Une franche discussion sur la culture
Vaudreuil-Dorion – Au cœur même d’une maison abritant la culture régionale, 10 artistes de la région ont discuté avec la candidate bloquiste Meili Faille de l’importance de leur métier.
« Nous ne sommes pas des bibittes spéciales. Nous sommes des travailleurs autonomes. Nous voulons vivre honorablement », a déclaré Ginette Malouin lors d’une rencontre à la maison Trestler mercredi. Même le Réseau de l’information était sur place pour capter les commentaires des artistes de Vaudreuil-Soulanges inquiets pour l’avenir des arts.
Chantal Drouin, Ginette Boutin, Chantal Séguin, Jean-Marc Lavigne, Benoit Guichard, Martine Therrien, Christian Laforce, Pierre Séguin, Nane Couzier et Ginette Malouin ont voulu montrer que Vaudreuil-Soulanges est une région dynamique en arts. Vaudreuil-Soulanges a aidé plusieurs artistes à se développer, mais tout ce travail risque d’être défait par les compressions budgétaires du gouvernement fédéral. « Nous avons tous la même cible. Empêcher Harper de prendre le pouvoir et de faire ce qu’il veut avec la culture. Il veut imposer ses dogmes, ses idéaux, la censure », a dit Meili Faille.
Les artistes ont déploré l’attitude des conservateurs vis-à-vis les arts. Selon eux, les conservateurs ont une attitude qui dévalorise le travail des artistes.
Il est faux que les gens ne veulent pas d’art, disent les artistes. « Les jeunes familles sont friandes d’art », a expliqué Pierre Séguin, propriétaire d’une galerie d’art à L’Île-Perrot. Il ajoute que la région est en plein essor et qu’il est essentiel de développer la culture ici. « Nous voulons nous distinguer de l’art provenant de Montréal. »
La culture et les arts sont appréciés et constituent un élément important d’une société. La danseuse Ginette Boutin a déclaré « qu’un pays sans culture, ce n’est pas un pays ».
Maigres salaires
C’est faux que les artistes gagnent en moyenne 32 000 $ par année, a affirmé Meili Faille. Et tous ont acquiescé. « En art visuel, la moyenne est de 13 000 $ par année », a renchéri Mme Malouin. Les artistes sont des travailleurs atypiques – ils travaillent majoritairement à forfait, donc leur emploi n’est jamais stable. « Ils peuvent être six à huit mois sans contrats », a expliqué Mme Faille. Une réalité dont ne tiennent pas compte les conservateurs, a ajouté la candidate.
Pierre Séguin s’est désolé qu’à sa galerie un seul artiste sur 30 vit strictement de sa peinture. La majorité des artistes doivent avoir un second emploi pour survivre.
Meili Faille a ajouté que le gouvernement devait absolument offrir une assurance emploi. « Nous avons besoin d’un abri entre les périodes creuses », a précisé M. Guichard.
Les artistes espèrent que les conservateurs prendront conscience que les arts rapportent à l’économie du pays.
Pourtant, par amour de leur art, les artistes continuent de vivre avec de maigres salaires. « Je mange de théâtre, mais le théâtre ne me fait pas manger », a-t-on entendu à la maison Trestler.
Meili Faille a révélé que le gouvernement conservateur dépense 45 millions de dollars par jour pour l’Armée. « Ça choque. »
Perte de la relève
Les compressions budgétaires ne font pas mal qu’aux artistes : les programmes en art pour les étudiants en souffrent aussi.
M. Guichard est aussi enseignant à l’Institut national de l’image et du son (INIS) de Montréal. Cette institution s’est vu amputer d’un quart de ses subventions. « Les subventions pour transmettre l’art sont aussi touchées. Nous ne pourrons transmettre l’art aux générations à venir », a-t-il dit, inquiet.
Les familles demandent des cours d’art pour leurs enfants. Il s’agit d’un moyen privilégié d’offrir les arts à tous. De plus, les élèves du primaire et du secondaire de la Commission scolaire des Trois-Lacs ne reçoivent pas de cours d’arts plastiques. « Les musées, les cours sont le seul endroit où les jeunes pourront voir des œuvres abstraites », a déploré Chantale Séguin, du Musée régional de Vaudreuil-Soulanges. Elle a ajouté qu’une étude ontarienne a démontré que les jeunes qui suivent des cours d’art réussissent 19 % mieux dans leurs cours.
M. Guichard espère qu’un jour, un de ses étudiants en cinéma deviendra premier ministre et accordera plus de subventions à la culture. « Il pourra dire “la culture, ça m’a rapporté!” »