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Peut-on penser appuyer un candidat conservateur?

par Carole Marcoux
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Article mis en ligne le 12 septembre 2008 à 16:07
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Peut-on penser appuyer un candidat conservateur?
La campagne électorale débute. On aura l’occasion de lire de tout. Pour mieux se comprendre, il nous faudra exiger « des vues nettes, directes et non équivoques » des candidats et des partisans. L’opinion de monsieur Michel Langevin de Saint-Télesphore,

parue la semaine dernière, est un exemple de vues floues qui ne disent pas le fond des choses.

Justement à propos de l’Afghanistan: si le terrorisme fleurit dans ce pays, c’est qu’il a été activé dans les années 80-90 par l’invasion russe, qui avait l’intention de contrôler la route du pétrole. Les talibans, aidés militairement par les États-Unis, ont mis la Russie hors de combat.

Al-Qaida naissait pour assurer la coordination. Les Afghans et leur front militaire, formé justement des talibans, n’acceptèrent pas davantage ce second impérialisme. Il s’agissait de celui des Américains, désirant s’installer à la place du premier. Évidemment que leur objectif était le même. En somme, les deux impérialismes ont favorisé la création d’Al-Qaida et enflammé le terrorisme international. L’évènement de septembre 2001 (Word Trade Center) est devenu le signal que ce pays, avec d’autres, n’accepterait pas la domination extérieure et surtout l’appropriation de sa richesse. Notre présence a allumé une mèche difficile à éteindre. Nous ne sommes pas plus excusables que les Russes d’envahir et d’occuper l’Afghanistan. Ce qu’il ne faut pas oublier, c’est que notre participation à cette guerre impérialiste vise à nous approprier et à contrôler, avec l’aide d’un gouvernement fantoche, la principale richesse naturelle de ce pays.

Qu’avons-nous en commun avec les États-Unis pour expliquer notre présence dans ce pays, sinon le faux prétexte d’une lutte contre le terrorisme? Après avoir suscité et enflammé celui-ci, il nous faudrait le combattre en prenant possession de la place. C’est une politique de gangsters. Nous sommes tombés dans un piège avec les libéraux, et les conservateurs maintiennent l’indéfendable. Notre crédibilité est en jeu. Il faut nous attendre à tout avec le parti de Harper, y compris la propagande malicieuse de vouloir nous faire sentir honteux « de ne pas vouloir aider les autres » (dixit monsieur Langevin). Ce moralisme misérable ne peut que venir d’un parti de va-t-en guerre. Ce parti et ses partisans ne semblent pas remarquer que l’impérialisme ne passe plus comme une lettre à la poste. Partout en Europe comme en Amérique l’opinion change radicalement. François Brousseau, chroniqueur de politique internationale au Devoir, rapportait le lundi 8 septembre en page 1 du cahier B l’état de l’opinion favorable au retrait de l’Afghanistan : 54 % des Britanniques, 55 % des Français, 60 % des Allemands, 65 % des Canadiens, 75 % des Québécois. Et le journaliste de conclure que « l’échec de l’Occident en Afghanistan – et le décrochage conséquent des opinions publiques – est douloureux pour les élites politico-militaires qui ont bâti cette stratégie. Mais le déni, j’ajouterais en particulier celui des conservateurs, n’est pas une réponse adéquate.»

George W. Bush se retire dans la mésestime générale des Américains pour avoir détruit l’économie de son pays, principalement par son engagement en Irak et en Afghanistan. Ce n’est pas donc pas savoir compter ni savoir diriger un pays que d’investir aussi massivement dans l’armement pour soutenir une guerre d’invasion et d’occupation. Si c’est le modèle de développement économique privilégié par le candidat conservateur de Vaudreuil-Soulanges, non merci. Il ne peut défendre mes intérêts et, selon l’état de l’opinion évoqué plus haut, encore moins les intérêts du Québec. Ce n’est pas de honte qu’il faut parler, mais de clairvoyance et de fierté.

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