Vaudreuil-Soulanges plus au sec
Perception vs statistiques
Cette année, la météorologie a fait des siennes, mais les impacts en ont été différents selon la région et le type de culture. Ainsi, Vaudreuil-Soulanges se tire mieux d’affaire que Québec, les Cantons de l'Est et particulièrement La Beauce qui ont été plus gravement touchés. Depuis le 1er avril, ces régions ont reçu plus de 600 mm de pluie.
Chez nous, si le maïs d’automne accuse un retard, le maïs-grain ne souffre pas autant que les cultures de fourrage ou de légumes. Pour ces productions, plus sensibles aux maladies et à la pourriture, le taux d’humidité est d’une importance cruciale. Toutefois, chez Jean-Guy Vanier de Saint-Clet, le foin et la luzerne ont déjà fait l’objet de deux récoltes, et l’orge est à venir. En comparaison, la récolte faste de 2007 avait nécessité quatre coupes; l’agriculteur projette de faire trois coupes cette année. Une bonne année, somme toute.
Pour ce qui est des légumes et fruits, sans être encore catastrophiques, les précipitations des dernières semaines ont eu pour effet de dégrader davantage les conditions, tant au niveau du sol que de la production. Plus la saison avance plus les chances d’améliorer les conditions s’amenuisent.
Les effets indirects
Si le commun des mortels a l’impression d’avoir été abondamment arrosé, les statistiques révèlent une image moins désastreuse. En 2007, à partir du 6 mai, nous avions reçu 271 mm de pluie contre 320 mm cette année. Contre toute perception, c’est en 2006 que le ciel nous est tombé sur la tête avec 484 mm de pluie à pareille date.
Même si l’on fondait beaucoup d’espoir sur le mois d’août, les données météorologiques hebdomadaires par régions agricoles d’Environnement Canada révèlent qu’à la station de Coteau-du-Lac, dans la semaine du 6 au 12 juillet, 21,20 mm de pluie sont tombés alors que la semaine du 3 au 9 août a connu 52,40 mm de précipitations.
Du côté des serres, les fruits et légumes ne sont peut-être pas noyés, mais le manque de soleil est un facteur important pour ce type de culture. Question température, encore ici, Vaudreuil-Soulanges tire son épingle du jeu. La station de Coteau-du-Lac a enregistré, depuis le 1er avril, 1345 degrés-jours de croissance alors que le quart des stations affichent un total inférieur à 1000 degrés-jours.
Enfin, les activités comme les épluchettes de blé d'Inde sont moins courues, et les marchés champêtres sont moins achalandés par temps maussade. Le retour du soleil dans les prochaines semaines pourrait arranger bien des choses avant l’automne.