Entretien avec un petit cochon
Cette fois, le journaliste de Première Édition a décidé, tel l’éléphant dans un magasin de porcelets, de déranger la douce quiétude de celui qui passe le plus clair de son temps à manger et dormir. Non Mesdames, je ne parle pas de votre conjoint. C’est de cette façon que l’on a appris que si les cochons sont roses, leur vie, elle, ne l’est pas nécessairement.
Journaliste : Bonjour Monsieur le cochon. D’où arrivez-vous comme ça ?
Cochon : De Lavaltruie !
J : Wow ! C’est propre chez vous. Je m’attendais à…, je m’attendais à…
C : Awèye, dis-le ! Une porcherie ?
J : Ouais…euh ! Occupé ces temps-ci ?
C : Je négocie présentement pour une pub de vin de la SAQ. Ils veulent développer un concept en utilisant ma queue. Hydro-Québec aussi, mais eux, c’est mon nez. Plus particulièrement mes narines qui les intéressent. Moi, ça ne me dérangerait pas de les ploguer. De toute façon, c’est un emploi temporaire, ils vont me donner mon 4 pourceaux assez vite.
J :Vous voulez dire votre 4 %, sans doute. Parlez-moi de votre conjointe qui se nomme…?
C : Henrillette !
J : Comment est-elle ?
C : Vous les hommes, souhaiteriez toujours avoir une conjointe cochonne. Eh ! Bien pour moi, c’est pas un problème, même si parfois c’est dur pour la saucisse. Le problème, c’est qu’elle a tous les défauts qu’une femelle digne de ce nom est destinée à avoir. Mauvais caractère. Elle est toujours en verrat. Elle mange tout le temps. Des cochonneries, évidemment. Remarque que pour m’endurer, elle doit avoir la couenne dure. Ces temps-ci, en plus, elle n’arrête pas d’engraisser. Une chance qu’elle a du bacon, autrement…je commencerais à être pas mal pané, heu, tanné.
J : Faites-vous des activités ensemble ?
C : On fait des promenades dans le Vieux-Porc ou sur le boulevard Grouin. Quant à elle, elle s’est récemment abonnée à une clinique de thalassothérapie, mais tout ce qui l’intéresse ce sont les bains de boue. Elle aime bien s’y vautrer. Y’a vraiment « purin » à son épreuve.
J : Les rumeurs veulent que Henrillette ne vous parle plus depuis trois semaines.
C : Elle fait du boudin.
J : Et ça vous inquiète ? Vous vous faites du sang de cochon ? Ah ! Ah ! Ah ! Euh ! … bon.
C:Non, du san…glier, épais ! Non, c’est pas grave, même si nos conversations étaient plutôt salées depuis quelque temps.
J : On m’a dit que vous aviez de l’admiration sans borne pour des personnages comme Gandhi ou Mère Thérésa.
C : Oui, j’aime beaucoup les gens bons.
J : Avez-vous beaucoup d’amis ?
C : Des vaches surtout. Comme on est des cochons de lait, ça se justifie entièrement. J’ai aussi un de mes copains qui vient du Beigne Gla Dèche. Je l’appelle mon cochon d’Inde. Il adore les films de Cobayes, t’sé les westerns, là. Je me suis également lié d’amitié avec un chat Angoret.
J : Angora, vous voulez dire ? Il paraît que vous aimez visiter les musées ?
C : Oui, j’aime bien Lard Contempurain.
J : J’ai entendu dire que vous aviez des problèmes d’argent.
C : Mets-en ! Maudit que des fois j’aimerais avoir une fente dans le dos. Tu sais, nous autres, on ne peut pas mettre nos soues à la banque.
J : Avez-vous des personnalités favorites à la télévision ?
C : Définitivement Miss Piggy. Je ne déteste pas non plus celle qui fait la météo, là…Côtelette Provencher. En musique, j’aime bien Pava-rôti.
J :Que pensez-vous du débat sur la langue au Québec ?
C : Oh ! Vous savez, moi, la langue, tant qu’elle n’est pas dans le vinaigre.
J : Justement, comment voyez-vous votre avenir ?
C : Pas en ragoût de pattes en tout cas, ni en oreilles de criss.
J :Un mot en terminant ?
C : Ma devise peut-être. Ne fais jamais aux truies ce que tu ne veux pas qu’on te fasse.