Catherine avec un groupe de jeunes Kenyans.(Photothèque)
La réalité des camps de réfugiés
Une Rigaudienne au Kenya
RIGAUD – Une jeune Rigaudienne, Catherine Veillet St-Amant, a vécu toute une expérience lors d’un voyage d’études sur les conditions de vie des camps de réfugiés au Kenya.
Catherine Veillet St-Amant est une étudiante inscrite à l’Université Laval dans le programme d’Études internationales et langues modernes. Depuis une dizaine d’années, son père, Robert St-Amant, accueille chaque année un réfugié africain, dans le cadre d’un programme de l’Entraide universitaire mondiale du Canada (EUMC). Et c’est par le biais de cet organisme que Catherine, qui en est à sa deuxième année de baccalauréat, est partie, il y a un mois, travailler dans les camps de la région de Dadaab, dans l’est du Kenya, près de la frontière somalienne. « Je voulais voir et constater la situation et les conditions de vie des réfugiés de là-bas et créer un lien avec le parrainage des étudiants qui se fait ici », de dire Catherine, qui, avec son père, vient d’accueillir trois autres réfugiés, dont deux la suivront à Québec, où l’Université les parrainera.
Afrique et guerre
Plusieurs pays d’Afrique connaissent des situations difficiles, la plupart du temps parce qu’ils sont ravagés par la guerre. « Des gens sortent de leur pays, et le Kenya a des installations pour les accueillir. À l’origine, ils ont là sur une base temporaire, mais j’en ai rencontré qui sont là depuis 20 ans et plus. C’est devenu leur foyer. Le camp de Dadaad est là depuis 1991, et certains y habitent depuis ce temps. La grande majorité veulent retourner dans leur pays un jour, mais tant qu’il y aura la guerre… », révèle Catherine.
On pourrait penser que, ce qui a impressionné Catherine, ce sont les conditions de vie des réfugiés. Mais non. « Ce sont les femmes, les jeunes et les communautés. J’ai été conquise par les femmes musulmanes. Par leur force, par leur vision et leurs valeurs, elles m’ont beaucoup appris », mentionne la Rigaudienne. Et les jeunes? Les jeunes veulent s’en sortir et se faire une vie, se bâtir une carrière, et ce, malgré l’absence de possibilités et de moyens. Ils voudraient tellement rentrer dans leur pays pour le reconstruire. Les camps sont le pays du potentiel perdu », dit-elle. Catherine a rencontré des gens qui se privent de nourriture pour envoyer leurs enfants à l’école. Les parents sont partout les mêmes, ils veulent une vie meilleure pour leurs enfants.
Elle ne veut pas passer sous le silence le travail abattu par les organismes humanitaires kenyans et internationaux et pour l’énorme population de quelque 170 000 réfugiés des camps de Dadaab, dont la plupart viennent de Somalie. En 2006 près de 80 000 réfugiés dans le monde ont pu se réinstaller ailleurs. Plusieurs pays, comme les États-Unis et le Canada, parrainent des réfugiés afin de leur donner une chance de refaire leur vie. Au Canada, environ 10 000 réfugiés ont été parrainés en 2006. Depuis 30 ans, l’EUMC a parrainé 1000 étudiants.
Que Catherine retire-t-elle de son expérience? « J’aie vu l’espoir et l’humanité chez les gens que j’aie rencontrés dans les camps. Ces gens m’ont enseigné la ténacité, la tolérance et la générosité. »