Les producteurs agricoles locaux laissés sur leur faim
Commission sur l’avenir de l’agriculture et de l’agroalimentaire québécois
Depuis le dépôt du rapport de la Commission, le ministre Lessard a disposé de sommes importantes. Pour les producteurs agricoles de la région, ces mesures ne reflètent pas les recommandations portées devant les commissaires.
En février dernier, la Commission sur l’avenir de l’agriculture et de l’agroalimentaire québécois rendait public son rapport final. Pendant de nombreuses semaines, les commissaires ont donc visité les régions du Québec afin de recevoir les revendications des producteurs agricoles. Les représentants de l’Union des producteurs agricoles (UPA) de la région, dont Eddie Proulx, président de l’UPA de Saint-Jean-Valleyfield, se sont adressés aux commissaires.
Le 6 mars, le gouvernement lançait sa Vision d’avenir pour l’agriculture et l’agroalimentaire québécois, un rapport qui invitait « le milieu agricole et agroalimentaire à s'engager dans une démarche de changement ».
Un des principaux objectifs du rapport était de faire la promotion de l’agroalimentaire québécois par la campagne Mettez le Québec dans votre assiette et le renforcement des mesures visant à offrir des aliments sains aux consommateurs. Plusieurs autres questions ont été soulevées depuis le dépôt du rapport, dont le développement d’une agriculture diversifiée et la modernisation de la gouvernance de la Financière agricole du Québec. Mais Eddy Proulx soutient que ces nouveaux investissements ne répondent pas aux intérêts des producteurs de la région.
Manque de vision
De l’avis d’Eddie Proulx, malgré son titre le rapport ressemble plus à un constat qu’à une étude des changements à apporter pour rendre à l’agriculteur sa place au soleil. Au chapitre de la recherche et de l’innovation, monsieur Proulx juge la somme de 10 millions comme une bien maigre part; même constat pour la relève. À ce sujet, les changements proposés dans le rapport comportent la distribution de terres à défricher aux jeunes entrepreneurs agricoles. Pourtant, monsieur Proulx rappelle que de freiner la perte des terres agricoles existantes, qui produisent aujourd’hui des denrées de grande qualité, devrait retenir plus d’attention.
D’autre part, on espère que les 50 millions à l’amélioration de la santé et du bien-être des animeaux permettront de réviser ou de subventionner les coûts demandés par les vétérinaires. Depuis les dernières années, les soins vétérinaires ont connu une hausse très marquée et la disponibilité des intervenants en santé animale commence à ressembler étrangement à celle des services de santé des humains.
Enfin, Eddie Proulx souhaite que les producteurs agricoles locaux transforment leurs produits ici même pour participer davantage aux profits liés à la transformation. Preuves à l’appui, le succès des Moulins Soulanges devrait servir d’exemple dans d’autres secteurs, notamment celui de la production laitière.
Une nouvelle bataille
Les prochaines semaines s’annoncent animées avec la normalisation du commerce intérieur. Jusqu’à maintenant, les provinces avaient juridiction sur leurs produits agricoles. Le gouvernement étudie maintenant la possibilité de réglementer, à la grandeur du pays, des produits comme la margarine– le Québec était la seule province à offrir ce produit non coloré. Avec cette normalisation, le gouvernement croit faciliter l’échange et le commerce, mais les agriculteurs québécois croient que ces mesures n’aideront en rien le producteur ou le consommateur. Une guerre à suivre…
Programmes annoncés à la suite du rapport Dollars investis
Développement d’une agriculture diversifiée:19 millions
Recherche et innovation :10 millions
Relève agricole:10 millions sur cinq ans
Amélioration de la santé et du bien-être des animaux: 50 millions
Mise en valeur des produits québécois à l’étranger:5 millions