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Difficile de trouver un appartement

Mélanie Meloche-Holubowski par Mélanie Meloche-Holubowski
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Article mis en ligne le 4 juillet 2008 à 23:58
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Difficile de trouver un appartement
La région manque de logements à prix modiques et d’appartements sociaux. (Daniel Cuillerier)
« La région a besoin de logements à prix modique »
Difficile de trouver un appartement
Vaudreuil-Soulanges – Malgré les nombreux chantiers de construction à travers la région, trouver un appartement s’avère difficile. Les coûts des logements sont si élevés que certaines personnes se retrouvent à la rue.
Des propriétaires qui augmentent trop le loyer, deux ou trois familles dans un appartement pour réussir à payer le loyer, des appartements insalubres et des logements clandestins; ce sont des cas courants pour le Comité de logement de Vaudreuil-Soulanges. Ce comité aide les locataires à régler leurs problèmes avec les propriétaires ou à trouver un endroit où habiter. Le portrait de la location dans la région a beaucoup changé, et de nombreuses personnes se retrouvent coincées.

« On pense ça ne nous touche pas ici. Mais il faut se rendre compte que certaines familles ont dormi dans leur voiture, faute de logement », affirme John McRae, coordonnateur au Comité logement.

Il explique que les demandes d’aide augmentent d’année en année. Le taux d’inoccupation de la Montérégie est de 2,3 %, en dessous du taux de Montréal, de 2,5 %. M. McRae estime que le taux pour Vaudreuil-Soulanges est encore plus bas. « On construit des maisons et des condos partout. Mais il y a des personnes qui n’ont pas les moyens financiers de s’acheter une maison ou un condo. »
Pris au dépourvu
M. McRae rapporte que plusieurs personnes se sont retrouvées sans logement le 1er juillet. « Elles ont décidé de ne pas signer leur bail pour un autre an, mais elles n’ont jamais pu trouver un appartement pour le remplacer. Nous sommes là pour les aider à trouver rapidement un endroit où rester », précise-t-il. Certains locataires ont accepté des augmentations de loyer trop élevées, simplement pour ne pas vexer leur propriétaire et se retrouver sans appartement.

D’autres, de peur d’être à la rue, acceptent des conditions de vie insalubres. « J’ai une madame plus âgée qui vivait dans un appartement rempli de moisissures. Elle n’osait pas le dire au propriétaire, parce qu’elle craignait d’être mise à la porte et d’être à la rue. » Il est aussi courant pour des personnes de louer des appartements clandestins, non reconnus par la Régie du logement. Dans ce cas, elles risquent de trop payer ou d’être à la merci de leur propriétaire.

Le comité s’inquiète du fait que les demandes augmentent, mais que l’aide est insuffisante. L’organisme espère recevoir de l’argent du gouvernement, mais ne sait pas quand et combien de fonds il obtiendra.
Aide insuffisante
Il existe une entente entre le gouvernement fédéral et le Centre de santé et de services sociaux (CSSS) de Vaudreuil-Soulanges pour loger les gens ou les familles dans la rue. Après une rencontre avec un intervenant du CSSS, les personnes peuvent être logées au camp Bosco de Salaberry-de-Valleyfield. Elles peuvent y habiter quelques mois, avec leurs biens, le temps de se remettre sur pied et de trouver un logement adéquat. Depuis février, quatre familles sont passées par le camp, faute de logement. Le camp est un endroit de répit, mais n’est pas idéal, dit M. McRae. « C’est loin, et certaines personnes n’ont pas de moyen de transport. »

Il espère que la région se dotera de plus d’appartements à prix modique et que des projets de logements sociaux (ou coopératives d’habitation) soient construits le plus vite possible. « Il y a un besoin pour ces types de logements. Mais souvent, c’est le phénomène du “pas dans ma cour” », ajoute M. McRae. Les voisins craignent que les locataires n’y fassent que du trouble. Une façon de penser qui doit changer rapidement, insiste M. McRae.

Déjà, un projet de coopérative à L'Île-Perrot devait débuter cette année, mais il a encore été retardé d’une autre année. Par ailleurs, la seconde phase de la coopérative d’habitation à Vaudreuil-Dorion est tombée à l’eau. Aussi, un projet de maison de dépannage pour sans-abri dans la région n’a pas obtenu les subventions qu’il espérait.
Pressions politiques
Afin que ces projets aboutissent et que d’autres soient initiés, il faut que les citoyens de la région exercent des pressions sur leurs élus. « Les gens peuvent faire bouger les choses, en parler à leurs députés. Il faut leur demander pourquoi nous n’avons pas plus de logements sociaux, de coops. »

D’ailleurs, le Front d'action populaire en réaménagement urbain s’inquiète du manque de logements locatifs et demande au gouvernement d’agir rapidement. La Société canadienne d'hypothèques et de logement estime que, sur l'île de Montréal, le nombre d’appartements est passé de 376 970 à 367 888, une perte de 9082 logements. Depuis 2004, 20 944 appartements ont disparu. En contrepartie, le nombre de plus petits logements (studios et logements d'une chambre à coucher) a augmenté de 11 862. Une statistique inquiétante pour les familles qui recherchent un logement assez grand.

La région ne perd peut-être pas autant de logements qu’à Montréal, explique John McRae, mais les nouvelles constructions sont rarement des appartements.
Une aide aux locataires
Le Comité de logement de Vaudreuil-Soulanges existe depuis maintenant cinq ans et reçoit une centaine d’appels par an. Exceptionnellement, le groupe a été fondé par des propriétaires. « Normalement, ce sont des locataires qui forment ces groupes pour se protéger et s’aider », précise M. McRae. Cependant, les propriétaires de la région ont remarqué un manque alarmant pour les locataires défavorisés. « Ils ont vu les problèmes s’accumuler et grossir. De plus en plus de gens ont de la difficulté à trouver un appartement à un prix raisonnable, » de dire M. McRae qui ajoute que les loyers dans la région sont très élevés et ne cessent d’augmenter.

Les membres du comité sont bénévoles. Celui-ci n’a qu’un employé, payé par un programme d’Emploi-Québec. Le groupe fonctionne avec peu d’argent et a son local dans le sous-sol d’une église. « Nous sommes une région considérée riche, et, par conséquent, on obtient très peu de subventions ».

Néanmoins, l’organisme redouble ses efforts pour aider les gens en besoin et espère même d’avoir un site web cet automne pour jumeler les propriétaires avec des locataires. Ils préparent aussi une soumission au pacte rural pour obtenir une subvention pour pouvoir ouvrir une maison de dépannage.

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