Deux moins un égale trois !?!
Dans sa lettre dans un hebdomadaire du 24 mai dernier, madame Charlebois, députée de Soulanges, mentionne que notre système de santé coûte très cher et que son gouvernement tente d’y trouver des solutions en faisant appel au privé. Madame Charlebois a une bizarre de calculette.
Premièrement, il est de notoriété publique que le Québec investit moins par habitant que les autres provinces dans le domaine de la santé. Et quand le fédéral veut réduire cet écart en transférant 1 milliard de dollars destiné au système de santé du Québec, le gouvernement de madame Charlebois décide de s’en départir en baisse d’impôt. Or, 40 % des Québécois ne sont pas suffisamment riches pour payer de l’impôt. Pour la classe moyenne, cette baisse d’impôt ne représentait que des « pinottes ». Ce ne sont que les riches qui en ont réellement profité. La vérité, c’est que le gouvernement de madame Charlebois donne plus d’argent aux riches et moins de services de santé aux pauvres.
Deuxièmement, madame Charlebois suggère que, pour réduire l’ampleur des coûts du réseau de santé public, « le privé a un rôle à jouer…. en finançant à même les deniers publics les chirurgies d’un jour et les examens de résonance magnétique livrés par des cliniques privées ». Or, il y a des salles d’opération tout équipées à fort prix qui restent vides dans les hôpitaux. Plutôt que de les utiliser, le gouvernement décide de financer, toujours à même les deniers publics, les équipements et les profits de cliniques privées…. Pour que ça coûte globalement moins cher? Une étude récente menée par le Ministère et les médecins spécialistes conclut qu’en utilisant les équipements du public à leur potentiel, il y aurait possibilité de réaliser 50 000 opérations de plus par année au Québec.
Troisième problème de calcul, monsieur Couillard soutient que « pour l’instant » il n’est pas question de permettre aux médecins d’être rémunérés à la fois dans le public et le privé. « Pour l’instant » laisse supposer qu’un de ces jours, « lorsque le nombre de médecins sera suffisant », le gouvernement pourra donner suite à cette recommandation du rapport Castonguay. Or, le jour où il y aura suffisamment de médecins pour couvrir les régions éloignées et que tous auront accès à un médecin de famille, les poules auront des dents. Il est évident que si cette pratique se généralisait nous assisterions à une réduction du temps de pratique médicale dans le secteur public, et vous devinez bien que les riches en profiteront pendant que les pauvres en pâtiront.
Financer à même les deniers publics les équipements et les profits de cliniques privées qui seront par la suite en bonne position pour offrir des services réservés aux riches qui en ont les moyens, c’est mettre en place les bases d’un système de santé à deux vitesses et à double standard. Les deniers publics doivent être investis dans le système de santé public. Deux moins un égale un, Madame Charlebois.