« Ces statistiques sont un peu injustes pour les institutions publiques. Les écoles publiques doivent composer avec une clientèle plus lourde », de dire Jean-Marc-St-Jacques, président de la Fédération des établissements privés et directeur du collège Bourget.(Photo Daniel Cuillerier)
Des comparaisons injustes
Décrochage scolaire dans les écoles publiques et privées
RIGAUD - Les récentes statistiques rendues publiques par le ministère de l’Éducation à propos du décrochage scolaire ont fait grincer les dents de certaines institutions scolaires, mais auront surtout eu l’avantage de mettre en lumière l’importance des solutions et des corrections à apporter pour contrer ce phénomène.
Lorsqu’on regarde les statistiques, on constate immédiatement que les institutions privées ont un taux de décrochage très faible par rapport à celui du public. « Ce qu’il faut comprendre d’entrée de jeu, c’est que ces statistiques sont difficilement comparables. En fait, elles sont un peu injustes pour les institutions publiques. Les écoles publiques doivent composer avec une clientèle plus lourde », de dire Jean-Marc St-Jacques, président de la Fédération des établissements privés et directeur du collège Bourget. En effet, la grande majorité des institutions privées procèdent à une sélection assez serrée des finissants du primaire. Autrement dit, elles sélectionnent les plus performants, ce que les écoles publiques ne peuvent pas faire. Mais les critères de sélection n’expliquent pas tout : ils ne sont pas les seuls facteurs qui expliquent un faible taux de décrochage au privé. « Chez nous, l’école ne finit pas à 15 h. Les élèves peuvent continuer à jouir de la qualité de vie du collège à l’intérieur d’une foule d’activités sportives et culturelles », explique M. St-Jacques. Il croit que le sentiment d’appartenance à l’école et l’intérêt et l’implication porté par les parents sur le cheminement scolaire de leurs enfants constituent d’autres caractéristiques que l’on retrouve au sein des institutions privées, dont le collège Bourget. « Attention, cela ne veut pas dire que les parents qui ont des enfants dans le public ne s’intéressent pas à ce que ceux-ci font, mais il est de fait que les liens sont plus étroits entre l’institution privée et les parents. S’ils choisissent l’école privée, il est normal qu’ils suivent la progression de leurs enfants de plus près », explique M. St-Jacques, qui considère qu’il s’agit d’un facteur clé de la réussite de l’élève.
Sur 128 institutions, le collège Bourget est classé au 111e rang avec un taux de décrochage de 15, 2 %. « Je me demande où le Ministère a pris ces chiffres. Le classement de L’Actualité établissait notre taux de réussite à 92 % », rappelle Jean-Marc St-Jacques.
À la décharge du collège Bourget, il faut considérer que les critères de sélection sont plus souples et que l’institution accepte plusieurs élèves que la plupart des écoles privées n’accueilleraient pas. De plus, un élève qui quitte le privé est considéré comme un décrocheur au privé, mais il va souvent obtenir son diplôme dans le public.
Cette année, Bourget verra 195 finissants décrocher leur diplôme. Sur ce nombre, 144 élèves ont commencé leur secondaire au collège.