La forêt boréale est le plus vaste écosystème forestier de la Terre. Au Québec, elle couvre plus de 550 000 km2, soit près de 70 % du territoire forestier. La forêt boréale du Québec représente une partie importante des 20 % de forêts vierges qui subsistent sur la planète.
Le Québec augmente ses aires protégées
Conservation du territoire
Longtemps reconnu comme l’enfant pauvre en termes de conservation, d’ici la prochaine année, le Québec doublera sa superficie d’aires protégées. Si la ministre du Développement durable de l’Environnement et des Parcs, Line Beauchamp, remet entre les mains des élus municipaux l’aménagement de l’ensemble du territoire municipal, elle a toutefois agi au niveau provincial. En fait, le gouvernement Charest s’était engagé à atteindre le seuil de 8 % de terres protégées. Jusqu’à maintenant, 4,8 % du territoire québécois (80 000 km 2) était protégé à des fins de conservation, il manque donc près de 55 000 km 2 pour atteindre cet objectif.
Le Québec se rapprochera ainsi de la moyenne canadienne de 10 %. Parmi les régions protégées, notons la Rivière Du Domaine au Témiscamingue, les Montagnes blanches et Pascagamac.
Puisque le malheur des uns fait souvent le bonheur des autres, le point litigieux de l’affaire se situe au chapitre boréal. Le gouvernement prévoit conserver 8000 km de terres situées en forêt boréale où l’exploitation du bois bat son plein. Les grandes forestières indignées blâment le gouvernement et les écologistes de leur ravir le peu de ressources qu’ils leur restent. Toutefois, selon Sylvain Archambault, biologiste à la Société pour la nature et les parcs (SNAP), « Il est facile de faire des aires protégées le bouc émissaire de tous les malheurs de notre industrie forestière ». En effet, plusieurs facteurs sont responsables de la perte de la forêt boréale, notamment les effets des différents types de coupe, les perturbations naturelles telles la tordeuse et les pertes de superficies dues à l’implantation de réservoirs hydroélectriques et les sites de Premières Nations.
Exploitation forestière
Afin de ne pas se mettre à dos les exploitants forestiers, le ministre des Ressources naturelles et de la Faune, Claude Béchard, proposera bientôt de nouvelles mesures. La proposition du ministre alloue une « marge de manœuvre » en doublant le rendement actuel des forêts publiques et privées par la création de « zones de production sylvicoles prioritaires ». Dans ces zones, la culture intensive et la ligniculture seront favorisées. Enfin, dans le but d’augmenter la part de marché du bois, le gouvernement tentera d’instaurer de nouvelles normes de construction. Ainsi, un minimum de bois sera obligatoire dans les édifices institutionnels et commerciaux.
Toutes ces propositions seront confirmées lors du Sommet de la forêt qui se tiendra les 10, 11 et 12 décembre prochains à Québec.
« Les aires protégées sont un élément essentiel à la protection de notre patrimoine naturel »: Sylvain Archambault