L’Île n’est pas hockey
Billet
Samedi matin, il fait froid et malgré la neige fraîchement tombée, annonçant un long hiver, il fait toujours très noir à l’extérieur.
Normal, il n’est pas encore six heures du matin.
Des parents de Notre-Dame-de-l’Île-Perrot n’en sortent pas moins du lit, au son d’un implacable réveille-matin, pour réveiller fiston. C’est que la descendance va jouer au hockey ce matin. Mais malheureusement pour le gamin, aucune des quatre municipalités de L’Île-Perrot n’a été jusqu’à se doter, au fil des dernières années, d’un aréna, d’une patinoire intérieure ou même d’une infrastructure en ce sens. La famille part pour Hawkesbury, en Ontario ce matin.
Qu’on ne vienne pas me faire sonner la trompette ou la crécelle derrière les oreilles en me parlant du local inachevé à proximité de l’école du Chêne-Bleu. Un éléphant blanc qui pourrit, délaissé, au grand dam des amants de hockey de la région qui aimeraient bien voir filer Jonathan, Éric, Mathis, Loïc ou Jérémy sur la glace, ou voir Agathe, Jade, Cynthia ou Marie effectuer une triple vrille arrière et retomber, gracieuse, souriante, dans ses jolis petits patins blancs.
Que non, les intervenants s’entêtent. Les nombreux articles dans les journaux, les pétitions signées à répétition, les études statistiques qui prouvent qu’un tel établissement est non seulement souhaité, mais nécessaire, ils n’en ont que faire. « Les citoyens ne mettent pas de pression. » Quoi ? Les citoyens doivent-ils une fois de plus brandir pancartes, scander slogans et organiser manifestations pour obtenir quelque chose qu’ils réclament depuis de nombreuses années dans une province considérée par plusieurs comme étant le berceau du hockey.
La ville est hockey! Sûrement pas L’Île-Perrot, Pincourt ou Notre-Dame. La ville est soccer. La ville est balle-rapide, la ville est plongeon. La ville est culture et la ville est champêtre. Mais la ville n’est pas hockey. La ville ne veut pas desservir une grande partie de la population qui aimerait bien ne pas avoir à parcourir des kilomètres de routes, en saison hivernale, pour voir les prouesses du petit joueur de centre ou du gardien de but de la famille.
Pendant que Saint-Lazare se dote d’un complexe offrant patinoire et soccer intérieur, pendant que Vaudreuil-Dorion s’apprête à aménager une nouvelle surface de jeu, à L’Île, on attend et on se renvoie la balle. On attend quoi au juste?
Nonobstant l’immobilisme de certains, des jeunes de 4, 5 ou 6 ans, continueront de se lever, le samedi matin, froid et enneigé, pour aller patiner pendant cinquante quelques minutes à Hawkesbury, en Ontario. Tout ça parce qu’ils aiment le hockey. À mon avis, se concerter pour terminer le bâtiment déjà fort avancé du Grand Boulevard serait une belle solution si les décideurs sentent qu’ils veulent faire un geste de concertation. Ou pourquoi pas une autre solution? Une patinoire synthétique extérieure ne serait-elle pas aussi, à tout le moins, une avenue envisageable en attendant? Il est vrai de dire que l’argent ne tombe pas du ciel, mais il est des dépenses qui sont utiles, et rentables à longue échéance. S’asseoir et en parler ne serait-il pas déjà un bon départ? Allez messieurs, mesdames, parlez-vous et on fera la vague.