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Sauveur du patrimoine

par Stéphane Fortier
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Article mis en ligne le 5 février 2010 à 17:04
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Sauveur du patrimoine
Alain Laferrière et Christian Labbé dans l’atelier de Saint-Clet. (Photo Daniel Cuillerier)
Sauveur du patrimoine
Alain Laferrière, expert restaurateur
SAINT-CLET – Dans la région, un ébéniste spécialisé dans la restauration muséologique se démène tous les jours afin de redonner vie à des objets, immeubles et autres pièces du patrimoine.
En effet, Alain Laferrière est l’un des deux restaurateurs spécialisés au Québec en matière de trésors patrimoniaux. Sa clientèle ? Les musées et les responsables ou les propriétaires de monuments classés historiques. « Nous sommes des acteurs de la conservation du patrimoine », déclare-t-il. Puis il précise : « Il y a beaucoup de confrères dans le domaine de l’ébénisterie, mais peu dans la restauration muséologique. »

Fondée en 1987, l’entreprise d’Alain Laferrière compte quatre employés possédant tous un talent particulier. Plus polyvalent que cela, tu meurs.

« Tout ce qui est ancien est susceptible de passer entre nos mains. Le bois, les métaux, le plâtre sont les matériaux les plus souvent utilisés dans les pièces à caractère patrimonial », explique Alain Laferrière.

À son actif, cet ébéniste compte notamment les lucarnes du Centre d’histoire de Montréal (un ancien poste d’incendie), la petite Maison Valois, le mobilier de la Maison Trestler, le chœur de la cathédrale de Saint-Jean-sur-le-Richelieu, le chandelier pascal de l’église Saint-Michel à Vaudreuil-Dorion, de nombreuses façades victoriennes de Montréal et une partie du mobilier de l’Assemblée nationale, dont la vénérable table du conseil législatif. « On peut se déplacer partout au Québec, mais nous travaillons surtout en atelier », précise Alain Laferrière, qui travaille avec le ministère de la Culture et des communications du Québec.
Le religieux
Ces artistes de la restauration sont particulièrement à l’aise avec le patrimoine religieux. À preuve, Alain Laferrière et son équipe travaillent depuis sept ans à restaurer la cathédrale de style néogothique de Salaberry-de-Valleyfield, gravement endommagée par un incendie en 2003. Lorsqu’est venu le temps d’établir un rapport de condition de la cathédrale et de confier le travail à un spécialiste, un architecte et le ministère de la Culture et des Communications ont proposé, sans même s’être consultés, les services d’Alain Laferrière. La réputation de cet artiste dépasse les frontières du Québec. « Tout pouvait être refait, raconte l’ébéniste. Il n’y avait rien d’impossible à restaurer pour nous. Le travail pouvait s’amorcer. » Et d’ajouter : « Le plus grand défi de cette restauration, c’est l’ampleur du travail à accomplir. » Ainsi, rien n’était perdu aux yeux de Laferrière, tout étant potentiellement « restaurable ». La toiture et la voûte constituaient les pièces les plus abîmées. Il a fallu retaper des éléments décoratifs, des sculptures, l’abat-voix, le chemin de la croix dont le carton était gonflé d’humidité. Tout ce qui pouvait être transporté aboutissait à l’atelier. « Ce fut le cas de plusieurs pièces et de tous les bancs de la cathédrale », précise le restaurateur. En vérité, tous les bancs de l’église (plus de 250) furent touchés par le sinistre.
Difficultés
Le Christ-Roi et le baldaquin de la cathédrale ont demandé des efforts particuliers, de même que la restauration des toiles, tout un défi. L’artiste avait utilisé du linoléum et les toiles étaient très fragiles. On ne pouvait plus les enrouler. Il a fallu les entoiler de nouveau. « Mais, chose importante à mentionner, nous sommes intervenus le plus rapidement possible afin d’assurer une stabilisation dans l’état des œuvres d’art endommagées », explique Alain Laferrière. En tout, on parle de plus de 10 M$ de dommages.

M. Laferrière lève son chapeau au curé de la cathédrale, Hubert Julien. « Depuis le début, il a insisté fortement pour en garder le cachet original. Il n’était pas question de refaire un nouvel intérieur, mais de le restaurer tout en reproduisant fidèlement l’aménagement et les pièces originales. Une fois la restauration terminée, il sera difficile pour les fidèles et les visiteurs de voir la différence avec la cathédrale d’avant l’incendie.

Cette oeuvre compte parmi les plus importants travaux de restauration jamais réalisés au Québec.

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Chantal Massé

Commentaire mis en ligne le 9 février 2010
Bravo, Alain, nous sommes bien fiers de toi. Toutes nos félicitations pour cette belle réussite.

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