Haig Seropian, un policier de Vaudreuil-Dorion en mission en Haïti, a survécu au séisme de mardi. (Photothèque)
Un policier de Vaudreuil-Dorion survit au tremblement de terre en Haïti
Séisme en Haïti: répercussions et angoisse à travers le monde
Vaudreuil-Dorion - Haig Seropian n’a eu que 10 secondes pour dire à sa femme, Claudia Hébert, qu’il avait survécu au séisme en Haïti. Policier vaudreuillois en mission en Haïti, il devait revenir au pays mardi prochain. Jamais il n’aurait cru que sa mission de maintien de la paix se transformerait en mission de sauvetage.
Haig Seropian, policier de la SQ affecté à la Mission des Nations Unies pour la stabilisation en Haïti (MINUSTAH) en tant que policier UNPol, est membre de la Brigade de la protection des mineurs et des crimes sexuels. Il est à Port-au-Prince depuis avril 2009.
Jeudi, Haig Seropian a réussi à parler plus longuement à sa femme, Claudia Hébert, par Skype. Son premier appel, mardi soir, par téléphone satellite, lui a seulement permis de dire qu’il était en vie. Évidemment, elle était nerveuse dans l’attente de ses nouvelles. « On essaie de s’occuper. J’ai évité d’allumer le téléviseur », explique-t-elle.
Jeudi, son mari lui a raconté avec un peu plus de détails la catastrophe qui a bouleversé le monde.
Il était en route pour sa maison du quartier Belleville, après avoir déposé un officiel chez lui, quand la terre s’est mise à trembler. « Il croyait qu’il avait perdu une roue. Mais les arbres ont commencé à s’effondrer, et l’auto se déplaçait de gauche à droite », raconte sa femme. La scène qu’il décrira par la suite est terrifiante. « Il a dit que c’est pire que ce qu’on voit à la télévision », poursuit sa femme.
Le policier a perdu au moins un collègue dans le séisme.
Mardi soir, M. Seropian conduisait un convoi dans la ville quand, tout à coup, des milliers de personnes sont descendues dans la rue, paniquées à la suite d’une alerte au tsunami. Il a réussi à circuler malgré le chaos et les gens endormis ou morts sur la route.
Si sa maison n’a pas été détruite, il a tout de même été dirigé vers le centre de logistique de l’ONU, tout près de l’aéroport de Port-au-Prince.
Selon les dernières nouvelles, M. Seropian se nourrit de barres énergétiques et d’eau et tente de dormir un peu sur un divan. « J’ai perçu dans sa voix que son moral est bon », déclare Mme Hébert, qui ajoute que son mari est un homme très calme, ce qui lui a permis de participer à cette mission.
Hier, vendredi, Mme Hébert ne savait toujours pas si son mari reviendrait bientôt à la maison ou s’il continuera d’aider le peuple haïtien. « Comme il est en fin de mission et qu’il connaît l’endroit et les gens, on va peut-être lui demander de rester. »
Entre-temps, il continuera de protéger des convois de l’ONU et d’aider à transporter des blessés.
La mission des policiers canadiens
La MINUSTAH a été créée en juin 2004 pour succéder à la force multinationale intérimaire présente après le départ en exil de l’ex-président Jean-Bertrand Aristide. Son mandat consiste à assurer un climat sûr et stable, à appuyer le processus politique, à assister le gouvernement haïtien dans le renforcement des institutions et à défendre les droits de l'homme.
Haig Seropian avait entendu parler de cette mission par des collègues de la Sûreté du Québec de Vaudreuil-Soulanges. Il a décidé de s’impliquer en Haïti. Après une formation de deux semaines à Ottawa, avec d’autres policiers de la SQ et du SPVM il s’est envolé vers Haïti. Sa formation, axée sur les enfants, et son expertise ont été très utiles.
En Haïti, les policiers ont servi de mentors auprès des policiers de la Police nationale haïtienne. Ils les conseillaient en matière d’interventions.
M. Seropian et d’autres collègues sont venus en aide à un orphelinat en lui fournissant des vivres et des vêtements.
Être mariée à un homme en mission
Ce n’est pas la première fois que le mari de Mme Hébert lui donne des sueurs froides. En octobre, un avion de l’ONU s’est écrasé dans les montagnes d’Haïti. « Haig m’avait dit qu’il serait en avion ce jour-là. J’ai tout de suite appelé Ottawa, mais tout était fermé à cause de l’Action de grâce. Finalement, il était sauf, ayant pris un hélicoptère. »
Claudia Hébert a appris à gérer son stress. L’ONU interdit aux proches d’aller en mission, justement en cas de catastrophe.
Pourtant, si Haig Seropian lui demandait un jour de retourner en mission, sa femme le laisserait partir. « Pour lui, c’est important. Il le fait par entraide. Il a l’âme d’un missionnaire », précise-t-elle.
« Je suis en vie! » a lancé Haig Seropian, policier en mission en Haïti, tout juste après le séisme.
Samuel Catulle
Commentaire mis en ligne le 17 mars 2010j'aimerais voir toutes les photos svp