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Quelques 300 M$ plus tard!

par Carole Marcoux
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Article mis en ligne le 17 octobre 2008 à 18:03
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Quelques 300 M$ plus tard!
Quelques jours après les élections fédérales 2008, beaucoup de scénarios et de commentaires ont été entendus. Voici ma réflexion sur le sujet.

Le gouvernement de monsieur Harper a-t-il bien fait de nous précipiter dans des élections après deux ans et demi de règne minoritaire? Avait-il le choix? Me dira t-on. Bien sûr, il a gagné 18 sièges au Canada mais une dépense de 300 millions de dollars valait-elle la peine pour qu’il demeure minoritaire? Surtout qu’on sait que ces précieux dollars auraient pu être investis dans la culture, dans les dossiers de l’environnement, pour nos jeunes, directement à nos aînés…

Le taux de participation dans Vaudreuil-Soulanges se situe à 67,44 %, comparativement à 71,5 % en 2006, soit une diminution de 4 % comparativement au Québec, qui est passé sous le seuil de 60 %. C’est le taux le plus bas de participation depuis la Confédération… Doit-on changer le système? obliger les gens à voter? adopter un système proportionnel?

Dans Vaudreuil-Soulanges, les électeurs ont choisi Meili Faille pour une troisième élection consécutive. Comme ses partisans l’ont dit mercredi soir : « Elle a fait un tour du chapeau en quatre ans. » C’est donc dire que, depuis quatre ans, madame Faille s’est retrouvée souvent en campagne électorale.

Que doit-on comprendre de la défaite de monsieur Fortier, sans aucun doute un candidat ministrable? Au dire de ses partisans, c’est la seule personne qui aurait pu faire avancer les dossiers majeurs de Vaudreuil-Soulanges, tels le Complexe sportif de Vaudreuil-Dorion, le canal de Soulanges et le transport. Le gouvernement nous faisait-il des menaces? Pas de Fortier, pas d’argent pour Vaudreuil-Soulanges.

La campagne dans Vaudreuil-Soulanges a connu tout un revirement. Je ne me souviens pas d’avoir entendu autant de personnalités du milieu public et des affaires donner leur appui officiel à un candidat. Micheal Fortier a été défait, malgré que monsieur Harper nous ait bien fait comprendre que, si son candidat n’était pas élu, les Montréalais ne pourraient plus compter sur la nomination d’un ministre dans la grande région de Montréal. Voilà que monsieur Fortier a démissionné du Sénat et qu’il perdra son poste de ministre du Commerce international. Peu probable que monsieur Harper lui trouvera un autre poste. Le fait qu’il n’ait pas été élu a suscité tout un débat. Je ne doute aucunement que monsieur Fortier se retrouve au chômage bien longtemps : il sera surement sollicité par le secteur privé. Par ailleurs, on a déjà vu des candidats fédéraux conservateurs faire le saut au provincial, on n’a qu’à penser à Jean Charest et à Lucien Bouchard. Pourquoi pas, donc, monsieur Fortier? A-t-il déjà envisagé cette possibilité? On s’interroge aussi sur les coûts engendrés par la présence de monsieur Fortier depuis deux ans et demi dans notre région : deux bureaux, du personnel, etc. Au bout du compte, qui assumera toutes ces dépenses?

Des rumeurs circulent que monsieur Dion démissionnera dans quelques jours. Nous verrons si l’appui du Parti libéral réservé à monsieur Fortier dans notre région aura un quelconque effet sur l’issue des prochaines élections provinciales dans notre circonscription. Surtout que l’on sait que la majorité de madame Charlebois n’était que de 1477 voix aux dernières élections.

La députée bloquiste Meili Faille a obtenu 41,26 % des votes, soit 119 votes de plus qu’à l’élection précédente. Plus que jamais, elle aura à démontrer que sa présence comme bloquiste constitue un avantage pour les Québécois. Particulièrement au cours de la dernière élection, les électeurs québécois se sont interrogés sur la pertinence du Bloc québécois au fédéral.

Quant à madame Brigitte Legault, « une étoile montante » comme le mentionnait monsieur Fortier, on peut se demander ce qu’auraient été les votes si elle aussi avait été présente dans la circonscription depuis deux ans et demi. Le faible écart de 1662 votes qui la sépare de avec monsieur Fortier nous porte à penser qu’elle aurait pu devancer considérablement le candidat du Parti conservateur. Continuera-t-elle à s’impliquer dans notre circonscription?

De son côté, le parti de Jack Layton a presque doublé ses votes depuis la dernière élection. Est-ce dû à la popularité du parti ou la campagne de Maxime Héroux-Legault? À part sa présence dans plusieurs débats, monsieur Héroux-Legault n’a fait aucun effort pour se faire connaître des électeurs de Vaudreuil-Soulanges. Après l’avoir entendu dans ces débats, on peut quand même conclure que, malgré son jeune âge, soit 21 ans, ce candidat est promis à une belle carrière politique. Aussi d’autres partis l’ont-ils dans leur mire?



Quant au candidat du Parti vert dans Vaudreuil-Soulanges, monsieur Jean-Yves Massenet, bien que sympathique, il n’a pas fait meilleure figure que Pierre Pariseau-Legault, candidat en 2006. C’est le parti dans Vaudreuil-Soulanges qui a le moins augmenté son nombre de votes : 177 votes supplémentaires. Étonnant quand on sait que l’environnement a été un des principaux enjeux de la campagne! La création du Parti vert a incité tous les partis à intégrer des politiques environnementales dans leur programme; c’est un bon point. Maintenant qu’on n’a toujours pas de député vert, ce parti est-il toujours nécessaire?

Un gouvernement minoritaire laisse croire qu’on pourrait se retrouver à nouveau en campagne électorale d’ici deux ans. Si madame Legault et messieurs Fortier et Héroux-Legault persévèrent, l’on dera témoin d’une tout autre campagne. Vaudreuil-Soulanges est une circonscription reconnue pour ses candidats-vedettes. On n’a qu’à penser à Marc Garneau et maintenant à monsieur Fortier. Y aura-t-il une prochaine vedette? Chose certaine, Vaudreuil-Soulanges, en raison de sa forte croissance démographique et économique, a besoin d’un candidat solide pour faire aboutir ses projets et non pas seulement les appuyer. La pression sur madame Faille est forte. Saura-t-elle livrer la marchandise?

Après les performances de monsieur Harper aux dernières élections, monsieur Charest est beaucoup moins certain de déclencher des élections provinciales prochainement. Avant de s’y engager, il devra être vraiment assuré d’obtenir une majorité, sinon on ne le lui pardonnera pas.

Il faut toutefois voir le bon côté des choses. Que monsieur Harper ait mis beaucoup d’espoir dans la candidature de monsieur Fortier a eu un effet très positif pour notre région. Vaudreuil-Soulanges a été dans la mire des médias nationaux. On ne parlait plus de Vaudreuil-Soulanges en Montérégie… mais bien de Vaudreuil-Soulanges tout court.(Carole Marcoux)

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Steve Boudrias

Commentaire mis en ligne le 19 octobre 2008
LE MONSTRE DU LAC MEECH

Tout d'abord, je voudrais féliciter Meili Faille de m'avoir convaincu très facilement de voter pour elle aux dernières élections fédérales. Cela faisait très longtemps que je n'avais pas voter avec le sourire et non avec les dents qui grincent rien qu'à l'idée de "donner mon voter" à un politicien.

Votre réputation et votre victoire vous honore et le tour du chapeau électoral vous revient de droit, madame. Surtout en première page du Première Édition. Ce qui fait changement des opérations de séduction organisées dans le centre communautaire de l'Ile-Perrot, un peu plus tôt dans cette campagne, afin de présenter les enjeux de ce scrutin complètement à l'envers.

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Ensuite, en m'inspirant de la tactique des conservateurs - qui a consisté à avancer cul par-dessus tête en présentant leur programme électoral après les débats télédiffusés à l'échelle du pays - j'aimerais rappeler que le slogan des Conservateurs se lit aujourd'hui encore très bien de la même manière : "Avec les Québécois, les Conservateurs prennent des forces". En fait, c'était plutôt l'inverse.

Mais peu importe, nous n'aurons pas dépensé et voté pour rien !

En effet, quel bonheur d'avoir vu les canadiens "remettre à sa place" et voir un homme politique comme Stéphane Dion être victime d'une "campagne de peur", et voir en même temps les Québécois bloquer la voie des Conservateurs vers un parlement encore plus autoritaire à Ottawa.

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Toutefois, suite aux résultats de ce scrutin, il est plutôt pénible de voir sous la plume de Denis Lessard, dans la Presse du 19 octobre, un préambule de ce genre :

"Le gouvernement Harper devrait rougir de ses positions sur le respect des libertés fondamentales, juge Amnistie internationale. Et l'ensemble de la Francophonie, que le Canada accueille actuellement à Québec, est loin d'être exemplaire en matière de droits de l'homme."

S'agit-il là d'un des nombreux "accomplissements" auxquels faisaient référence monsieur Fortier avant de déserter son bureau de campagne de l'avenue St-Charles en coupant toute communication avec le journal local, le jour même de sa cuisante défaite ?

Et quoi dire lorsqu'on imagine qu'un improbable parti prônant l'anarchie ou simplement les bonnes manières en société aurait pu récolter l'ensemble du vote abstentionnistes, soit près de l'équivalent de l'appui consenti aux gouvernement élu : près de 40 % du suffrage ?!

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Cela dit, je crois tout de même qu'il y a une s bonne raison de pas être regretter le montant consenti par l'ensemble des contribuables canadiens afin de permettre à Stephen Harper de gagner 19 sièges de plus (sans compter les indépendants) à la Chambre des Communes.

Cette raison est simple : la démocratie n'a pas de prix. Tout comme un député, peu importe sa couleur, ne coûte pas plus cher aux Québécois lorsqu'on l'envoie dans la capitale nationale faire son travail parlementaire.

En fait, le vrai problème, c'est que le Canada, en niant sa crise d'identité constitutionnelle devient une faramineuse gâterie qui nourrit quotidiennement une bête immonde que vous connaissez tous : le monstre du Lac Meech.

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Car c'est la marque de cet animal fantomatique qu'on aperçoit lorsque l'on pose un regard historique sur la nouvelle posture de notre nouveau gouvernement minoritaire et les plus récentes couleurs de cette créature aux dons étranges.

(Le monstre du Lac Meech, pour les gens qui se demanderaient depuis combien de temps il existe et fait des ravages au Canada, eh bien c'est simple, il vous suffit de compter les années depuis la fondation du Bloc Québécois par Lucien Bouchard pour le savoir.)

Dix-huit ans. Et la bête est maintenant vorace et même immense. Sa présence se fait sentir dans toutes les provinces de la Confédération et se nourrit de toutes les ambitions énergétiques ou législatives de toutes les régions du Canada.

Ainsi, on peut mesurer son empreinte à Terre-Neuve, anciennement dirigé par Clyde Wells - l'un des fossoyeurs de l'accord du Lac Meech - en constatant que cette province a voter en BLOC contre la gouvernance de notre "grand leader" Stephen Harper.

Ensuite, on peu encore entendre l'écho du cri de la bête dans le petit 20 secondes alloué aux nouvelles télévisées aux réclamations légitimes du représentant des Premières Nations. Un chef politique qui rappelait avec justesse à quel point les excuses du grand Timonier des sables bitumineux n'apportaient rien de concret aux autochtones vivant aujourd'hui dans des conditions de vie proches du Tiers-Monde. Constatons en passant que les excursions de notre Noé de premier ministre afin d'affirmer la souveraineté du Canada dans le nord du pays lui a tout de même rapporté un siège Conservateur au Nunavut... tout en perdant le Yukon et les Territoires du Nord-Ouest au mains de ses adversaires Néo-Démocrates et Libéraux.

De plus, on peut encore sentir - et quasiment palper - une persistante insatisfaction de la part de la Nation québécoise... qui fait plutôt bonne figure malgré son attitude indépendantiste auprès des forces progressistes du reste du pays. Étonnant, non ? Comme quoi, une société distincte placée face à un gouvernement réformiste et allianciste fait toujours bonne figure quand il s'agit de rappeler à son chef que le parti qu'il dirige s'appelait auparavant le Parti Progressiste Conservateur.

Bref, si jamais vous pouvez joindre monsieur Harper ou monsieur Dion afin de leur expliquer ce qui ne s'est pas bien passé dans la province du Je me souviens, vous pourrez leur rappeler deux choses, qu'il pourrait copier/coller et imprimer afin de les placer en évidence sur leur réfrigérateur en intitulant le pense-bête obtenu : Que s'est-il passé lors de notre dernière campagne électorale au Québec ?


L'Accord du Lac Meech proposait essentiellement cinq modifications à la Constitution canadienne :

Une reconnaissance du Québec comme société distincte et de l'existence des faits français et anglais ;
Que le Québec et les autres provinces disposent d'un droit de veto à l'égard de certains amendements importants à la Constitution ;
Le droit de retrait d'une province, avec compensation, de tout programme initié par le gouvernement fédéral dans un domaine de compétence provinciale ;
Une reconnaissance accrue des pouvoirs provinciaux en immigration ;
Que les trois juges québécois de la Cour suprême du Canada soient nommés par le gouvernement fédéral sur proposition du gouvernement du Québec.
Le Canada a refusé d'adopter la réponse minimaliste au beau poncif What does Quebec want ? Une prophétie parlementaire prononcée pleine d'amertume dans les maritimes et un référendum sur l'Accord de Charlottetown plus tard, Brian Mulroney était chassé de la scène politique...

Sa présence hante encore les coulisses du pouvoir à la Chambre des Communes, d'ailleurs.

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Du côté provincial, un peu moins amer, mais tout aussi déçu quand même, Robert Bourassa, chef du parti dirigé actuellement par Jean Charest, revenait déclaré ensuite à l'Assemblée Nationale, le 22 juin 1990 :

« Le Canada anglais doit comprendre de façon très claire que, quoi qu'on dise et quoi qu'on fasse, le Québec est, aujourd'hui et pour toujours, une société distincte, libre et capable d'assumer son destin et son développement. »

--

Finalement, suite à cette élection canadienne, force est de constater que la question Shakespearienne que nous pouvons légitimement posée au ROC aujourd'hui est : Where is going Canada as a country ?

Car, cela dit entre nous, quand on note le respect avec lequel nos voisins du Sud traitent avec un respect quasiment sacré leur Constitution ainsi que ses différents amendements sans pour autant éclater politiquement, on est en droit de se demander pourquoi parler de Constitution donne des mots de têtes aux politiciens canadiens, pourquoi ceux-ci donnent-ils constament l'impression à la population en général que le Canada est absolument impossible à réformer démocratiquement et, finalement, pourquoi réunir à nouveau tous les peuples fondateurs de ce pays autour d'une même table relèvent de l'utopie... 176 ans après l'acquisition du gouvernement responsable par Baldwin et Lafontaine, 141 ans après la fondation du Canada et seulement 26 ans après le rapatriement de sa Constitution ?

Se gratter la tête en donnant l'impression de réfléchir au problème ne réussira pas à donner une réponse juste et pertinente à cette question troublante...

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