Les fromagers soulagés
Crise de listériose
-VAUDREUIL-SOULANGES – Bien qu’il n’y ait aucun cas confirmé dans la région, la crise de la listériose fait des siennes chez nous. À la suite de la visite des inspecteurs du ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation (MAPAQ), les consommateurs peuvent savourer les fromages locaux sans danger.
L’Agence de la santé publique du Canada rapporte qu’au 2 octobre 2008, au total 53 cas de listériose ont été confirmés au pays, dont trois au Québec. Sur le plan des décès, dans 20 cas la listériose a été un facteur et est inscrite sur le certificat de décès ou évaluée par le médecin sur place.
En plus des multiples rappels de produits de viandes préparées dans l’usine de transformation torontoise de Maple Leaf, les fromages québécois ont été la cible de nombreux contrôles lancés par le MAPAQ. Certains fromagers québécois y ont perdu des sommes importantes en produits, sans compter l’atteinte à leur réputation. Vendredi midi, le ministre Laurent Lessard a annoncé une aide sous forme de prêts sans intérêt ni garantie aux petites fromageries et jusqu'à 50 000 $ en marchandises aux détaillants touchés par la crise de la Listeria. La crise a frappé dur dans toutes les régions, y compris dans Vaudreuil-Soulanges.
Ferme Diodati des Cèdres
La visite des inspecteurs, le mardi 23 septembre dernier, à la ferme Diodati a secoué vivement le propriétaire de cette fromagerie artisanale. Pourtant faits à partir de lait pasteurisé et traités au sel pour la conservation, les fromages Montefino de Diodati présentent peu de risques de contamination. Sans demande, intervention ou information de la part du MAPAQ au cours des 15 dernières années de production de la ferme, Antonio Diodati déplore la façon dont les inspecteurs ont mené leur première visite. Dès leur arrivée, la ferme a dû cesser sa production pendant quatre jours et suspendre la vente pendant trois jours, refusant les clients à la porte. De plus, monsieur Diodati a dû engager les services d’un spécialiste en informatique pour reprendre le travail après le passage des inspecteurs. Le propriétaire se dit ouvert, et désireux de connaître ce qu’il faut faire en prévention, mais s’attend à recevoir de l’aide du Ministère.
Fromagerie Peveril de Sainte-Justine-de-Newton
La fromagerie Peveril a également été visitée par les inspecteurs, mais les conséquences ont été tout autres. Propriétaire de la fromagerie depuis plus de cinq ans, Carole Bilodeau fait vérifier régulièrement ses produits. « On m’a toujours dit que les tests étaient obligatoires. » La fréquence des tests est basée sur le volume. Ainsi, un échantillonnage est prélevé tous les mois, ce qui correspond à un fromage sur mille. Le coût du test mené par un laboratoire accrédité par le MAPAQ est couvert par la fromagerie. Il en coûte environ 50 $ à Carole Bilodeau pour s’assurer de la santé de son fromage. En cas de problème, des tests plus approfondis au coût de 200 $ sont entrepris une fois l’an par les laboratoires du Ministère.
D’un pH très bas, faits à partir de lait pasteurisé et sans affinage, les fromages Peveril sont moins sujets à la contamination. Sans être surprise ni inquiète par la visite des inspecteurs, madame Bilodeau a produit le registre de production et les rapports d’analyse qui attestent de la qualité de ses fromages : une vérification de deux heures, comme une inspection annuelle.
Exemptes de la bactérie Listeria, les fromageries locales espèrent que les consommateurs mettront en pratique l’achat local.