Annick Hébert et son fils Frédérick.
Un retour à l’école avec son fils
Annick Hébert relève le défi lancé par Frédérick
Quand Frédérick Fournier, 17 ans des Cèdres, a demandé à sa mère, Annick Hébert, de retourner à l’école avec lui, il a eu toute une surprise : elle a accepté.
« Il n’allait plus à l’école après avoir lâché. Puis il a décidé de faire son équivalence et m’a demandé de la faire avec lui. J’ai accepté », raconte la jeune mère de famille, qui a décidé d’essayer pour faire plaisir à son fils et à elle-même. « J’ai terminé en décembre dernier, après avoir étudié avec mon gars autant à l’école qu’à la maison pour nos devoirs et nos leçons », dit en souriant la courageuse femme dans la trentaine. « Lui, c’est pour l’aider dans le métier qu’il veut faire. Moi, c’était par fierté personnelle », lance celle qui s’est pointée quotidiennement à la Cité-des-Jeunes pour apprendre.
Lâcher à 16 ans
Elle-même avait décroché de l’école à 16 ans. « Je me suis trouvé un travail tout de suite, puis j’ai eu trois enfants. Je suis restée sept ans à la maison comme mère de famille puis maintenant je transporte des écoliers ici, dans la région », lance celle qui estime que le marché du travail est moins accessible pour les jeunes d’aujourd’hui.
« Frédérick a été à Jeunesse-Emploi et a étudié les possibilités. Entre-temps, il travaille dans le domaine des hélicoptères, aux Cèdres, mais il veut voir ce qui s’offre à lui. Aujourd’hui tout semble plus facile, mais les jeunes doivent développer leur imagination », avance la nouvelle diplômée.
Un bal pour elle et son fils
Heureuse du succès de leur expérience, Annick Hébert a organisé le mois dernier un bal de finissants pour elle et son fils, où une centaine de personnes étaient conviées. « C’était notre party de graduation. Ça a été une belle soirée bien réussie. Les gens présents, dont mes deux autres enfants, Mélissa, 14 ans, et Samuel, 12 ans, vont s’en souvenir bien longtemps et ils étaient fiers de nous », dit celle qui a pu compter sur sa grande fille pour l’aider avec ses leçons. « Elle est en secondaire trois, et elle a joué au professeur avec nous. Elle nous a aidés, et tous ceux qui nous ont appuyés disent que c’est un bel exemple pour contrer le décrochage. Si ça a pu aider quelqu’un, je suis bien fière », termine-t-elle.