Un exemple du charme indéniable des cabanes à sucre d’ici, comme la Sucrerie de la Montagne. Photo Elizabeth Caron
Une saison difficile
Le temps des sucres dans Vaudreuil-Soulanges
Bien que plusieurs cabanes à sucre aient déjà amorcé la saison malgré la couverture de neige encore présente, la récolte 2008 est difficile pour la plupart des producteurs acéricoles de la région.
François Béliveau, récemment nommé premier vice-président de la Fédération des producteurs acéricoles du Québec et propriétaire de l’Érablière Saint-Henri, qualifie la récolte 2008 de « pire saison ». Toutefois, le producteur acéricole de Sainte-Marthe se dit choyé en comparaison à de nombreux autres qui devront se satisfaire d’une maigre récolte. L’Érablière Saint-Henri a produit une livre de sirop à l’entaille, alors que, dans la région de Mirabel, la production oscille autour de 0,2 livre (90,72 grammes) par l’entaille. Avec des coûts de déneigement atteignant 5 000 à 6 000 $, un début timide lors du redoux de janvier et une couverture de neige moins importante grâce à l’orientation de son érablière sur la montagne de Rigaud, François Béliveau est un des producteurs chanceux. « Avec un peu de chance en fin de semaine, ma production sera moyenne. » Les conditions météorologiques de samedi et dimanche permettront d’atteindre un seuil acceptable ou de confirmer l’état lamentable de la saison 2008.
Ailleurs au Québec, la saison est déjà terminée dans la région de Saint-Hyacinthe. Certains petits producteurs ont même choisi de ne pas entailler, en raison des coûts de déneigement trop importants. François Béliveau rapporte que, dans le Bas-du-Fleuve, certains producteurs ont eu à débourser jusqu’à 30 000 $ pour le déneigement de la tubulure enfouie sous huit mètres de neige. En plus d’avoir maintenu les arbres gelés, la neige a compliqué la récolte de la sève chez les producteurs utilisant le système traditionnel des chaudières.
Couleur et prix
Les coûts élevés de déneigement ne représentent pas le seul bâton dans les roues des acériculteurs. Le coût du mazout, le combustible utilisé pour faire bouillir l’eau d’érable, a connu une augmentation importante. Son prix est passé d’environ 0,72 $ le litre à 0,93 $ le litre cette année.
Déjà très faibles en début d’année, les réserves sont maintenant à zéro. Le prix du sirop établi il y a trois ans est fixé à 2,29 $ la livre. À ce prix s’ajoutent certaines primes pour compenser les producteurs et augmenter la marge de profit. Selon monsieur Béliveau, le prix pourra atteindre les 3 $ la livre en fin de saison.
Quant à la qualité du sirop de la cuvée 2008, l’Érablière des Roy de Sainte-Marthe a produit une petite quantité de sirop extra clair, mais le sirop de cette année est en général de couleur moyenne à foncée.
Un vrai bon sirop
Nombre moyen de jours de coulées par saison :23 jours.
Pourcentage de sève perçue pour la production :5 à 6 %.
Le sirop extra clair est considéré de meilleure qualité.
Le sirop d’érable a des propriétés antioxydantes.
On y associe également des propriétés anti-inflammatoires.
Le sirop d’érable fournit un apport important en manganèse, en riboflavine, en zinc, en magnésium, en calcium et en potassium.