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Bénis soient les anges gardiens

André J. Duchesnay raconte ses souvenirs de la guerre

Stéphane Fortier par Stéphane Fortier
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Article mis en ligne le 29 mars 2008 à 11:52
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Bénis soient les anges gardiens
André Duchesnay a respecté la promesse faite à sa mère en écrivant ses mémoires sur la guerre.(Photo Daniel Cuillerier)
Bénis soient les anges gardiens
André J. Duchesnay raconte ses souvenirs de la guerre
RIGAUD - Une promesse faite à sa mère d’écrire ses souvenirs de la guerre a résulté en la parution en février dernier d’un recueil fort intéressant relatant les souvenirs de guerre d’un Rigaudien.
Les anges gardiens de la guerre, titre de la biographie d’André J. Duchesnay, 85 ans, démontre que sans leur bonne étoile et un ange protecteur sont une nécessité si l’on veut regagner ses foyers avec tous ses morceaux après avoir participé à une guerre aussi destructrice soit le deuxième conflit mondial.
Un livre ouvert
Lorsque l’on se met à discuter avec André Duchesnay, on réalise que le temps lui manquera indiscutablement pour faire le tour de tout ce qu’il peut avoir vécu, lui, mais aussi sa famille et ses ancêtres. Il faut d’abord savoir que le premier ancêtre de M. Duchesnay a établi les bases d’une famille renommée dans l’histoire du Québec. Le Rigaudien est le fier descendant d’une célèbre famille fondatrice de la Nouvelle-France venue s’établir dans la colonie avec le Sieur de Champlain au début du XVIIe siècle. Presque tous ses ancêtres, par la suite, ont été

impliqués dans l’un ou l’autre conflit y compris les pleines d’Abraham en 1759. « Mes ancêtres ont tous été des modèles de persévérance et de courage », dira-t-il à ce sujet.

Le père d’André Duchesnay de même que son grand-père ont, quant à eux, participé à la Première Guerre mondiale, un véritable charnier au dire d’André Duchesnay. Sa mère aurait voulu que son mari puisse consigner ses souvenirs de guerre, ce qu’il n’a jamais eu l’opportunité de faire. Elle l’a donc fait promettre à son fils André. « Mon père aurait pu raconter plein d’histoires sur son vécu. De plus, après la guerre 14-18, il est resté actif dans l’armée », se rappelle André Duchesnay.
Les débuts d’un aviateur
En 1939, André Duchesnay, âgé de 16 ans, entre dans l’armée dans le Royal Riffle, un des premiers régiments canadiens à s’engager dans le conflit. S’apprêtant à partir pour l’Europe via Halifax, après le défilé traditionnel, une voix retentit des haut- parleurs. Trop jeunes pour s’embarquer, des soldats, dont André Duchesnay, avaient été dénoncés par…leurs mères. Qu’à cela ne tienne. Le jeune Duchesnay n’avait pas dit son dernier mot et c’est dans l’armée de l’air britannique (RAF), comme navigateur qu’il vivra ses plus palpitantes aventures. Il fut d’ailleurs décoré deux fois pour sa ténacité et son sang-froid face à l’ennemi. Par exemple, durant un bombardement de Dusseldorf, son avion touché étant la proie des flammes, il dut sauter en parachute au beau milieu du territoire ennemi. Il réussit à s’évader d’Allemagne à pied et traversa les Pays-Bas, la Belgique, la France et l’Espagne où il a été emprisonné. À cette époque Franco dirigeait l’Espagne. Beaucoup de prisonniers faisaient partie de l’élite intellectuelle espagnole, notamment des professeurs d’université, laquelle représentait une menace pour Franco. Beaucoup ont été exécutés sans raison lorsque j’y étais. De véritables massacres », relate André Duchesnay. C’est durant cette escapade qu’André Duchesnay peut dire qu’un soldat allemand lui aura sauvé la vie. Étendu sur le banc d’une gare en France, une sirène annonçant un bombardement imminent se fit entendre et réveilla le capitaine Duchesnay. « Un soldat m’entraîna vers un abri souterrain. Quelques minutes plus tard, la désolation occupait l’endroit où quelques instants auparavant je sommeillais. Ce soldat qui m’avait sauvé était allemand », raconte André Duchesnay.
Missions périlleuses

Après chaque raid de son squadron, les avions de la RAF revenaient criblés de balles. « Je me souviens d’un raid vers Nuremberg où 95 de nos avions, soit 12 % ont été descendus sur les 800 partis ce jour-là. Nous n’avions jamais de pertes sous la barre de 7 % à chaque raid », fait remarquer M. Duchesnay.

Véritable casse-cou, le capitaine André Duchesnay rend grâce à ses deux anges gardiens. Deux parce que quand l’un était trop souvent mis à contribution, un autre devait sûrement prendre la relève.

Après avoir été rapatrié en Angleterre, le capitaine Duchesnay continua à diriger plusieurs attaques qui contribuèrent à provoquer la capitulation des troupes hitlériennes.

Après la guerre, André J. Duchesnay connut une brillante carrière d’homme d’affaires, principalement dans le domaine de la planification financière et dans l’immobilier.

« Mais j’aurais voulu continuer de faire carrière dans l’armée après la guerre. Le problème, c’est qu’il aurait fallu que je recommence au bas de l’échelle. On ne reconnaissait plus mes galons de capitaine. Après les avoir convaincu de faire volte-face, j’ai réalisé que l’avenir n’était pas si prometteur dans l’armée, financièrement parlant, en tout cas. J’ai alors décidé de rester dans le domaine des assurances où les perspectives semblaient plus intéressantes », conclut André Duchesnay.

Ces mémoires d’un aviateur vétéran de la Seconde Guerre mondial intitulées Les anges gardiens de la guerre sont publiées aux éditions Carte Blanche. On peut retrouver ce recueil aux librairies Renaud-Bray et Chapters.

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