Entretien avec un appareil-photo
Un journaliste ou un reporter, passe beaucoup de temps avec ce genre d’instruments. Quand on se présente à une conférence de presse et qu’elle tarde à commencer, que peut-on faire pour tuer le temps ? Jaser avec son appareil-photo, voyons. C’est ce qu’un journaliste de Première Édition a fait, et il a décidé de partager cette conversation avec vous.
Journaliste : Bonjour, monsieur l’appareil-photo ! J’ai pensé vous amener du café, mais je ne connaissais pas vos goûts. Vous aimez ça comment ?
Appareil-photo : Instantané !
J : Comment ça va ?
AP : Ça clic ! J’ai toujours des problèmes de pellicules, mais bon…C’est pas pire que ma blonde qui est maniaco-dépressive et qui doit utiliser des piles au lithium.
J : Justement, entrons tout de suite dans le vif du sujet, parlez-moi de vos amours.
AP : C’est automatique, han, tu peux pas t’empêcher d’être indiscret. Disons que j’en ai fréquenté une qui avait la vue bien basse. Elle devait d’ailleurs porter des lentilles. Elle s’appelait Viviane ou Vivi pour les intimes. C’est dommage que j’aie rencontré Vivi tard. Une autre fois, c’était une caméra numérique, elle était forte dans les chiffres et avec elle, pas besoin de dictionnaire, elle avait toujours la meilleure définition. Le problème, c’était ses mensurations, 12-24-36. En plus, elle était menteuse sur les bords. Elle n’arrêtait pas de me rembobiner. Ça été l’élément déclencheur de notre rupture. On était mal cadrés, finalement.
J : Une autre relation vous a valu des problèmes m’a-t-on dit ?
AP : Oui, la mosus ne m’avait pas dit qu’elle avait un petit ami. J’te dis qu’il m’a arranger le portrait.
J : Comment s’est passée la première fois que vous avez fait la chose ?
AP : Ta question est un peu floue…
J : L’acte, l’amour, quoi.
AP : Parle m’en pas ! La première fois, le petit oiseau a jamais voulu sortir. Je suis resté fuji, euh figé.
J : J’espère que les choses se sont arrangées.
AP : Je sais que tu vas me trouver négatif, mais au début, même si tout cliquait entre nous, ma partenaire m’a trouvé trépied au lit. Elle trouvait que je n’étais pas nécessairement bien nanti et aurait bien voulu faire un agrandissement. Cé-tu de ma faute à moi si elle a seulement 35 millimètres. Au moins j’suis pas pris avec un 110 de quotient. À part ça, avant, on pouvait passer de deux à trois jours au lit, maintenant, cela prend à peine une heure. Pour que la relation survive, il a fallu faire une mise au point. C’est la raison pour laquelle, un jour, je « laminé » prendre une marche pour en parler.
J : Aimeriez-vous prendre des vacances ?
AP : Et faire une petite pose ? C’est mon objectif !
J : Et où aimeriez-vous aller ?
AP : Certainement pas dans une île du Pacifique, en tout cas. J’aurais trop peu des coupeurs de tête. Sérieusement, j’aimerais bien me faire dorer sur une plage de la Floride. Évidemment, à cause du soleil qui frappe dur, il faudrait que je surveille mon temps d’exposition. Ah ! Si seulement l’ozone était un bébé, on pourrait lui changer sa couche.
J : Vous semblez être quelqu’un de très instruit.
AP : Je ne suis Nikon, ni ignorant. Ça me fait penser qu’à l’école, il y en avait toujours un qui plagiait pendant les examens. Il est devenu photocopieur, d’ailleurs. Cout’donc, qu’est ce que t’as à me r’garder de même, Veux-tu ma photo, chose ?
J : Vous aimez les voitures, m’a-t-on dit. Quel modèle préférez-vous ?
AP : Le Focus, bien sûr !
J : Avez-vous des personnages favoris, fictifs ou réels ?
AP : Le capitaine Kodak dans Tintin.
J : Le capitaine Haddock, vous voulez dire…
AP : Ouan, le barbu, là.
J : Des émissions favorites à la télé ?
AP : Flash, Caméra café. J’ai également suivi avec attention l’affaire de Bill Clinton et sa stagiaire « Konica » Lewinsky, là. J’aime aussi voir un bon film. J’adore aussi les longs métrages américains, parce qu’ils sont bourrés de clichés.
J : Vous avez des enfants ?
AP : Oui et nous venons justement de finir de peindre leur chambre en noir. C’est meilleur pour leur développement.
J : Et bien, je m’aperçois que la conférence de presse vient de commencer, alors à une prochaine fois, j’espère ?
AP : Mon œil, ouais !