David Girardville, agronome du Club agroenvironnement du Suroît, lors de sa présentation à la Cabane à sucre Ludonie de Saint-Clet. Photo Elizabeth Caron
Pratiques agricoles au sens de développement durable (suite)
Conservation des sols et aménagement des cours d’eau
Voici la suite de l’article de la semaine dernière traitant des pratiques mises de l’avant par le Club agroenvironnement du Suroît.
Au chapitre de la conservation des sols, l’avènement du semis-direct représente une véritable révolution. Cette nouvelle façon de faire profite largement aux sols, permet de diminuer l’érosion, filtre l’eau de ruissellement et aide à maintenir l’intégrité de la structure du sol.
Le semis-direct consiste à semer sur un sol non travaillé. Après la récolte, tous les résidus de culture demeurent au sol, ce qui permet de « nourrir » la terre par la décomposition des résidus et de garder un écosystème complet (matières en décomposition, insectes, etc.). La semence se fait donc sur un terrain moins uniforme, d’où la modification des machineries ou l’achat de planteurs ou de semoirs spécialisés. David Girardville, agronome, souligne que « les fermes voulant produire en semis direct doivent passer par une période de travail réduit du sol impliquant l’utilisation d’outils aratoires moins agressifs que la charrue (chisels, disques, offsets et sous-soleuses).
Sur la ferme Isabelle de Coteau-du-Lac, Luc Isabelle a entrepris l’implantation de la technique du semis-direct en 2001, alors que 92 % de ses terres étaient labourées. À l’automne 2004, cette proportion a chuté à 24% pour finalement être réduite à néant à l’automne 2007, avec 55 % des terres sans travail et 45 % à travail réduit. En six ans, 19 producteurs membres du Club agroenvironnement du Suroît ont réussi la transition vers une élimination complète ou partielle du labour.
Aménagement et protection des cours d’eau
Quant à la protection des cours d’eau, beaucoup de travail reste à faire. Cependant, depuis 1998, le ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation a octroyé 80 000 $ à l’aménagement de bandes riveraines, la stabilisation des sorties de drains, l’égouttement des sols et la plantation d’arbres brise-vent ou brise-odeur. L’aménagement de bandes riveraines préserve l’état de la berge et prévient les éboulements et donc le remplissage des cours d’eau, mais a également un impact sur la prolifération des mauvaises herbes vivaces. La mise en place de tranchées filtrantes, d’avaloirs ou de structures d’égouttement contribuent également au maintien de la qualité de l’eau des cours d’eau en milieu agricole.
Les projets d’avenir
Le Club agroenvironnement du Suroît souhaite multiplier les projets qui ont des effets bénéfiques sur l’environnement tout en augmentant le rendement des terres agricoles. Parmi les projets, la filière énergétique retient l’attention avec la production de biomasse végétale. La valorisation des boues de station d’épuration municipale et l’agriculture biologique sont également au programme.