Jim Beauchamp a toujours voulu visiter l’Irlande et c’est probablement l’automne prochain qu’il se rendra là-bas pour visiter les pubs irlandais, un peu comme le sien à Sainte-Anne-de-Bellevue. (Photo Daniel Cuillerier)
Jim Beauchamp fier de son pub et des valeurs familiales
À la fête de la St. Patrick tout le monde est Irlandais
À l’approche de la fête de la St. Patrick, Jim Beauchamp sent bouillonner le sang vert qui lui coule dans les veines.
Propriétaire du Cunningham’s Pub de Sainte-Anne-de-Bellevue, ce jovial individu est Celte comme pas un, du côté de sa mère. « Ma mère est écossaise et c’est mon grand-père qui est venu s’installer ici, en Ontario, quand il était jeune. C’est là que ma mère est née. Elle a connu mon père à La Tuque, et c’est là que je suis né. Je suis un Beauchamp, mais je suis aussi un Cunningham », explique le tenancier qui a toujours rêvé de détenir son débit à saveur irlandaise. « Je suis venu étudier à John Abbott en 1985 et je ne suis jamais reparti. Je suis tombé en amour avec l’endroit. J’ai été portier dans un bar et j’ai gravi les échelons. J’ai eu pendant de nombreuses année Le Pub, près du Collège, mais quand ma mère est décédée il y a quatre ans, j’ai décidé de foncer et de réaliser mon rêve d’avoir mon pub irlandais », évoque Jim Beauchamp, également connu pour être un excellent entraîneur de football dans la région.
Des valeurs familiales
Lui-même père de famille, Jim Beauchamp voulait faire de son établissement, un endroit familial où les jeunes parents viendraient pour bien manger en compagnie de la progéniture. « C’est comme ça les vrais pubs irlandais et je suis fier que ce soit comme ça ici. Il n’y a jamais de ‘’cover charge’’, il y a de la musique la fin de semaine et la nourriture est délicieuse. Les gens ne viennent pas ici pour prendre un coup, c’est familial et c’est le sentiment que je veux que les gens aient en venant chez nous », raconte celui qui a reçu la reine du défilé de la St. Patrick il y a quelques jours au Cunningham’s. « C’est une fille de Sainte-Anne. Briana Yerbury qu’elle s’appelle. Elle joue au rugby pour l’Université McGill », dit Beauchamp au sujet de la reine qui fera partie de la 184e parade consécutive tenue dans les rues de Montréal, l’une des plus anciennes en Amérique du Nord. Il n’y a jamais eu d’interruption au fil des ans dans le cadre des festivités de la St. Patrick à Montréal.
Tout le monde est irlandais
L’adage veut qu’à la fête de la St. Patrick tout le monde soit Irlandais pour un jour. « C’est difficile de trouver les racines irlandaises, la famille et l’histoire, mais plusieurs personnes en Amérique sont d’origine irlandaise. Les gens sont partis de là-bas en raison de la famine et il y en a eu un peu partout. Si bien que bien des gens ont du sang irlandais sans le savoir. Mais l’important c’est qu’à la St. Patrick, il y a un esprit de corps. Personne n’est de mauvaise humeur, tout le monde est heureux et a le cœur à la fête », ricane Beauchamp, soulignant que dimanche, les rues du West Island seront désertées. « Le centre-ville de Montréal est vert d’un bout à l’autre, mais ici, il n’y a personne. Ça se vide pour aller fêter là-bas. Mais lundi, jour de la vraie célébration, plusieurs vont appeler au bureau pour dire qu’ils sont souffrants et ils vont plutôt venir fêter ici », lance, souriant le sympathique irlandais dans l’âme.
Un déjeuner traditionnel
Ce week-end est le plus gros de l’année pour les Irlandais et pour Jim Beauchamp. « Nous allons fêter samedi, dimanche et lundi. Il y a de la musique, des invités et surtout le déjeuner traditionnel que nous servirons lundi matin. Du boudin, des champignons, des tomates rôties, des saucisses de bœuf, des œufs cuits dans la graisse de bacon. Un déjeuner très santé pour lequel on doit prendre un an pour digérer », ironise celui qui s’attend à faire salle comble une fois de plus. « Nous allons essayer d’être en forme car moi aussi je vais fêter au défilé dimanche. Mon fils a 12 ans et depuis qu’il est né, nous n’avons jamais raté un seul de ces événements. C’est une tradition », dit-il. Une tradition pour plusieurs, qui laisse place à la joie et qui fait en sorte de souhaiter la bienvenue au printemps.
Saint Patrick (385-461) est un saint catholique fêté le 17 mars. Il est à la fois l’évangélisateur de l’Irlande et le fondateur du christianisme irlandais.
Au Rock de Cashel, lors d’un sermon demeuré célèbre, il montre une feuille de trèfle : « Voilà la figure de la Trinité sainte ». Les figures de triades étaient familières à la religion celtique. Le trèfle deviendra ainsi le symbole de l’Irlande, grâce à Maewyn Succat, dit saint Patrick.
La légende raconte que c’est à ce moment-là qu’il chasse tous les serpents du pays, action qui symbolise la conversion du peuple irlandais. Les serpents représentent l’« antique ennemi », c’est-à-dire Satan, rendu responsable de l’ignorance du Dieu véritable.
La fête de St. Patrick est célébrée par les Irlandais du monde entier, expatriés ou descendants des nombreux immigrants qu’a connus l’île, et de plus en plus aussi par des non-Irlandais qui participent aux festivités et se réclament « Irlandais pour un jour ». Les célébrations font généralement appel à la couleur verte et à tout ce qui appartient à la culture irlandaise.