Josée et Nancy Baril vont troquer la lourde neige québécoise pour le sable du désert marocain au cours des prochains jours et entendent bien l’emporter à leur première participation. (Photo Yanick Michaud)
Les sœurs Baril au Rallye Aïcha des Gazelles
L’équipe 106 veut gagner dès la première année
Sans se dire véritablement nerveuses, les sœurs Josée et Nancy Baril sont plutôt excitées à l’heure actuelle.
Lundi, les deux aventurières vont prendre la direction d’Amsterdam, d’où elles partiront quelques jours plus tard vers le Maroc, cette fois afin de prendre part au 18e Rallye Aïcha des Gazelles. « C’est la raison de l’importance des cours que nous avons suivis. Il faut être en forme et en santé, mais surtout fortes mentalement. Et je crois que c’est le cas et que c’est la raison pour laquelle nous sommes prêtes », explique Nancy Baril, de Vaudreuil-Dorion. Sa sœur, Josée, conseillère municipale à Notre-Dame-de-l’Île-Perrot, explique qu’elles n’ont, de toute manière, pas eu le temps de penser à la date qui approchait. « Ça a été une course jusqu’à la toute fin. Nous étions à la recherche des derniers montants pour pouvoir nous inscrire, si bien que la date est arrivée et que nous sommes à quelques jours maintenant de nous retrouver dans le désert marocain pour une belle aventure. »
Des défis et du courage
Des femmes de cœur avant tout, les sœurs Baril sont comme toutes les participantes du seul rallye féminin mondial digne de ce nom, des aventurières. « Nos seuls outils sont des cartes géographiques qui datent de 30 ans, des compas, une règle et un rapporteur d’angles. Pas de GPS, pas de radios sophistiquées, seulement deux femmes, quelques outils de base, des pelles pour sortir du sable et une camionnette », dit Nancy Baril, expliquant que la course est plus difficile d’année en année. « Parce que ce sont souvent les mêmes concurrentes qui reviennent. Elles ne veulent pas faire le même parcours chaque fois. Alors le circuit change et il est de plus en plus difficile », précise-t-elle.
« Mais nous, qui en sommes à une première, nous commençons quand même à ce niveau. Nous avons beaucoup à faire pour gagner, mais nous sommes confiantes », dit Josée, ajoutant que tous les profits engendrés par les coureuses québécoises sont remis à Opération Enfant Soleil. « Nous ne le faisons pas pour la bourse ou pour des contrats faramineux. Nous le faisons pour le défi et pour la cause avant tout », ajoutent-elles.
Malgré les dangers à venir, elles ne reculent pas. « C’est sécuritaire, car nous sommes surveillées en tout temps. Nous savons que nous pouvons compter sur les adversaires pour avoir de l’aide et que la réciproque est aussi vraie. Il faut être fortes mentalement, car le jour il fait 50 degrés. La nuit ça descend à -10 degrés. Si nous ne sommes pas au bivouac à temps le soir, nous devons dormir dans la camionnette. Il faut s’organiser pour se rendre », dit Nancy Baril en riant.
De bonnes causes
En plus d’Opération Enfants Soleil qui reçoit une part des profits au Québec, la course a vu le jour pour aider de jeunes Marocains à fréquenter l’école. « Ils achètent des fournitures scolaires, des vélos pour que les jeunes se transportent jusqu’à l’école. C’est une belle cause que supporte la centaine d’équipes qui prennent part à cet événement sportif. En plus, au cours du périple nous allons visiter des villages de Marocains, voir les gens et poser un geste humanitaire. Nous avons mis des objets dans nos bagages pour remettre aux villageois là-bas », lance Josée Baril, enthousiaste. « C’est le défi mais c’est aussi la cause qui nous ont poussées au début à vouloir le faire. Et même avant de partir cette année, nous savons que nous voulons le refaire. L’expérience nous a changées, motivées. Nous ne sommes plus les mêmes femmes depuis un an », disent les deux sœurs, complices, qui partent l’esprit léger. « Nos conjoints et nos enfants restent ici. Nous partons en sachant que nos enfants sont entre bonnes mains. Nos maris nous ont donné l’appui depuis le début et vont rester un mois seuls avec les enfants. Ça facilite les choses dans ce temps-là », expliquent celles qui font partie des 11 équipes canadiennes, dont presque toutes du Québec, à prendre part au Rallye Aïcha des Gazelles 2008. La compétition se tient entre le 19 et le 27 mars au Maroc, et il est possible de suivre le parcours de l’équipe 106, celle des Baril, au
www.rallyeaichadesgazelles.com.