Le président du Parti québécois Vaudreuil. (Daniel Cuillerier)
Claude Turcotte s’inquiète de l’appauvrissement de la province
Un budget fédéral anti-Québécois
Le budget fédéral a passé en Chambre des communes mardi, mais le Parti québécois déplore que le Québec ait peu reçu d’Ottawa.
Claude Turcotte, du Parti québécois (PQ) de Vaudreuil, reproche au gouvernement conservateur de favoriser, par ses décisions budgétaires, les provinces anglophones, surtout l’Ontario et l’Alberta. « Le Québec s’appauvrit d’année en année », dit-il. L’opinion du PQ fait écho à ce que la ministre des Finances du Québec, Monique Jérôme-Forget, a dit du budget fédéral : les choix d’Ottawa ne reflètent pas les priorités du Québec.
M. Turcotte explique que le ministre fédéral des Finances, Jim Flaherty, a préféré donner 250 M$ à l’industrie automobile. « L’industrie automobile est concentrée en Ontario, et le Québec a contribué 62 M$ de cet argent pour subventionner l’économie de l’Ontario. En retour, le Québec n’a rien pour ses secteurs manufacturier et forestier ». Claude Turcotte indique de plus que la forte valeur du dollar canadien est maintenue artificiellement par l’industrie pétrolière et a grandement nuit aux industries forestières et manufacturières du Québec.
Le prolongement de la Déduction pour amortissement qui permet aux entreprises de déclarer certains investissements en équipement aux fins de réduire leurs impôts n’aide pas les Québécois, ajoute-t-il. « Les industries forestières et manufacturières ont fait 0 % de profit cette année et n’ont donc pas dépensé en nouvel équipement. Elles ne pourront profiter de ce régime. Ce seront les industries pétrolières qui en profiteront. »
Si le Québec devient indépendant, la province aurait le contrôle des institutions, des taxes et des revenus et pourrait faire disparaître ces inégalités, croit M. Turcotte. « Personne ne peut nier la rivalité qui existe entre les provinces anglophones du Canada et le Québec. Il est donc naturel que les décisions budgétaires prises par le gouvernement d’Ottawa favorisent les provinces anglophones. » Aussi longtemps que le Québec ne prendra pas le contrôle de toutes ses institutions et de la totalité de ses taxes et impôts, les Québécois continueront de s’appauvrir, affirme M. Turcotte.
M. Turcotte et son parti discuteront, les 14, 15 et 16 mars prochains au Conseil national, des grandes orientations du parti, dont la question de « conversation nationale », proposée par Pauline Marois.