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Mobilisation pour la survie de la Pointe

Souper-conférence de l’Association des gens d’affaires de l’île Perrot (AGAIP)

Marie-Jacinthe Roberge par Marie-Jacinthe Roberge
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Article mis en ligne le 22 février 2008 à 23:02
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Mobilisation pour la survie de la Pointe
La Pointe en été. (Daniel Cuillerier)
Mobilisation pour la survie de la Pointe
Souper-conférence de l’Association des gens d’affaires de l’île Perrot (AGAIP)
L’Île-Perrot – La question était sur toutes les lèvres : va-t-on sauver l’animation à la Pointe-du-Moulin en 2008? Politiciens, gens d’affaires, intervenants touristiques, représentants d’instances régionales, etc., tous ont crié à la Société de développement des entreprises culturelles (SODEC) l’importance de sauver le parc.
Il y avait de la fébrilité et de la nervosité dans l’air… Pour la première fois, les problèmes criants de financement de la Pointe-du-Moulin seraient discutés publiquement. Pour la première fois, la Société de développement des entreprises culturelles offrait une conférence sur l’état de la situation. La soirée a été riche en discussions et en émotions.
Cri du cœur
À Benoît-Pierre Bertrand, directeur du patrimoine immobilier de la SODEC et conférencier, les convives présents au souper de l’AGAIP ont voulu passer un message clair : la Pointe-du-Moulin est essentielle pour la région et on ne peut la laisser décliner. « La Pointe a une importance vitale pour l’île Perrot, pour Vaudreuil-Soulanges et pour tout le Suroît. En fait, il s’agit d’un site d’importance nationale », a clamé Denis Brochu, directeur de Tourisme Suroît.

Le message est aussi venu de gens des quatre coins de Vaudreuil-Soulanges. « Je suis sous le choc de voir qu’on peut se retrouver avec un contenant sans contenu », a illustré Richard Dubois, président de l’Association des gens d’affaires de Rigaud, priant la SODEC et le ministère de la Culture, des Communications et de la Condition féminine (MCCC) de tout faire pour sauver l’animation sur le site. « Le moulin est un joyau de notre région, et on ne peut fermer les yeux sur cette situation ridicule », argumente Richard Chartrand, président de l’Association des gens d’affaires de Saint-Lazare, dans une lettre d’appui envoyée à l’AGAIP. Visiblement, tout le monde semblait ébranlé à l’idée que la Pointe puisse perdre son animation.
Urgence d’agir
Benoît-Pierre Bertrand a assuré les convives qu’il transmettrait le message au MCCC et à la direction de la SODEC. « Je rapporte tous vos commentaires à Québec et je peux vous dire qu’il y a actuellement des pourparlers entre la SODEC et le MCCC pour tenter de sauver la saison 2008, mais il est encore trop tôt pour dire quoi que ce soit quant à l’avenir », a-t-il spécifié, ce à quoi il s’est fait répondre qu’il est urgent d’agir. « Il est minuit moins une », ont répété à plusieurs reprises de nombreux convives. « Il faut absolument accélérer le processus parce que la saison 2008 est déjà sérieusement compromise », a attesté Denis Brochu.
Pertes majeures
En fait, selon Denis Brochu, certains acquis pour la saison touristique ont déjà été perdus et il faut tout faire pour ne pas perdre le reste. « La saison touristique 2008 est plus que menacée. Autant d’annulations, je n’ai jamais vu ça », assure-t-il, faisant référence aux réservations de groupes scolaires et aux contrats d’animation qui ont été résiliés au cours des dernières semaines. « Malheureusement, on ne rappelle pas les clients annulés, ils sont perdus… », continue-t-il, exhortant les autorités à agir vite pour limiter les dégâts.

Notamment, il parle de l’Agence métropolitaine de transport (AMT), qui attend une réponse au plus tard lundi matin pour annuler ou non ses circuits Les trains de la découverte, devant s’arrêter pour la toute première fois sur l’île Perrot cet été. « Nous négocions avec l’AMT depuis des années, et, s’il n’y a pas d’animation à la Pointe, l’AMT modifiera son dépliant dès lundi et annulera notre circuit », s’alarme Denis Brochu, vivement soutenu par le maire de Pincourt et président de Tourisme Suroît, Michel Kandyba. « Même si vous ne parlez pas de la fermeture du site, l’annulation de l’animation ne nous permet plus de jouer la Pointe-du-Moulin comme carte touristique dans notre jeu », a résumé le directeur de Tourisme Suroît. « Le tourisme, c’est justement la raison pour laquelle on relance les discussions », a répondu d’emblée Benoît-Pierre Bertrand.
Vives critiques
Par ailleurs, certains convives ont exprimé des critiques acerbes à l’endroit de la SODEC tout au long de la soirée. On a dit qu’elle avait mal assumé son rôle, qu’elle devrait se retirer du dossier de la Pointe et même qu’elle a fait de l’argent au détriment du parc. Benoît-Pierre Bertrand a dû répliquer et clarifier les faits à plusieurs reprises. « Depuis 1989, la SODEC investit annuellement 250 000 $ pour l’entretien du site et des bâtiments, et on ne fait pas de profits avec la Pointe. Par ailleurs, je peux vous assurer que le site ne tombera pas en désuétude. La SODEC poursuivra assurément son mandat de gestionnaire immobilier », a-t-il laissé entendre.
Mécanismes déficients
D’autre part, la SODEC a été vivement critiquée pour son attitude dans le dossier. « Vous avez la responsabilité de prouver que vous pouvez prendre en charge vos bâtiments patrimoniaux. Vous devrez avoir une vision à long terme », a argumenté Richard Dubois. C’est aussi ce qu’a signifié Denis Brochu. « Parcs Canada s’occupe lui aussi très bien de ses bâtiments, et, en plus, on ne s’y inquiète pas pour l’avenir, contrairement à la Pointe-du-Moulin. Pour moi, tout est une question de mécanismes », accuse-t-il, signifiant du coup qu’il n’est pas normal d’en arriver à une situation critique comme maintenant. Et justement, la majorité des convives ont cherché à comprendre pourquoi la Pointe vit une telle crise. Qui n’a pas bien fait son travail? La SODEC et Cogestion ont dû là aussi essuyer des critiques. (Voir article complémentaire à la page 6.) Le MCCC, quant à lui, ne pouvait fournir aucune réponse puisqu’il brillait par son absence.
Espoir général
Malgré les mécontentements des gens du milieu, il faut concéder que tous envisagent l’avenir avec optimisme. « Je ne comprends pas ce qui a motivé la décision du MCCC, a expliqué Paul Thouin, président de Cogestion, mais je crois que le MCCC va réagir si le milieu se mobilise. » Voilà justement un des aspects qui semble faire consensus. « Ne soyez pas inquiets, tout le monde est prêt à mettre l’épaule à la roue », a conclu Denis Brochu.

Au moment d’écrire ces lignes, aucune conclusion quant à l’avenir de l’animation à la Pointe en 2008 n’a encore été prise. Par contre, la SODEC semble avoir compris l’urgence de la situation, et Odette Lalonde, attachée politique du député de Vaudreuil, Yvon Marcoux, confirme que la ministre Christine St-Pierre est présentement interpellée pour régler le dossier.

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