Benoît-Pierre Bertrand, de la SODEC. (Bianca Diorio)
La SODEC et Cogestion s’expliquent
Confusion des rôles dans le dossier de la Pointe-du-Moulin?
L’Île-Perrot – Lors du souper-conférence de l’Association des gens d’affaires de l’île Perrot consacré à la Pointe-du-Moulin, les convives ont vertement critiqué la SODEC et Cogestion dans leur gestion du dossier de la Pointe. « Pourquoi n’a-t-on jamais senti l’urgence d’agir avant? »
D’un côté, la Société de développement des entreprises culturelles (SODEC) et le ministère de la Culture, des Communications et de la Condition féminine (MCCC) affirment haut et fort que le milieu aurait dû s’impliquer bien avant pour sauver la Pointe; d’un autre côté, les gens de la région affirment n’avoir jamais senti l’urgence ultime de s’impliquer. Entre les deux, Cogestion affirme avoir alerté Vaudreuil-Soulanges. Portrait d’une situation complexe.
Entente SODEC et MCCC
Benoît-Pierre Bertrand, directeur du patrimoine immobilier de la SODEC, a dû s’expliquer devant les convives. « La SODEC est une société d’État qui relève directement du MCCC. Nous sommes des exploitants immobiliers. La gestion muséale ne relève pas de notre mandat », lance-t-il d’entrée de jeu. Propriétaire du parc depuis 1989, ce n’est qu’en avril 2004 que le MCCC a légué le volet d’animation de la Pointe-du-Moulin à la SODEC. « Habituellement, le Ministère transfère ce mandat à un organisme du milieu. Dans le cas de la Pointe, c’était différent puisqu’il n’y avait pas d’organisme disponible. C’est donc la SODEC qui en a hérité », explique-t-il. À ce moment, une entente liant la SODEC et le MCCC a été signée pour une durée de trois ans. Elle a bénéficié d’une année de grâce en 2007. « Cette dernière stipulait clairement qu’il était important de trouver un organisme de gestion muséale à qui transférer l’animation au cours des prochaines années », a précisé le fonctionnaire de la SODEC. Voilà qu’arrive maintenant 2008… Le MCCC et la SODEC n’ont toujours pas vu d’organismes du milieu poindre à l’horizon pour assumer l’animation du parc.
Entente avec Cogestion
Quand la SODEC a hérité du mandat d’animer le parc, elle a poursuivi sa relation d’affaires avec Cogestion, qui assume l’animation de la Pointe depuis longtemps. « L’entente signée avec Cogestion mentionnait qu’il était clair que la recherche d’appuis dans le milieu était une priorité », affirme Benoît-Pierre Bertrand, surpris de constater autant d’ignorance du dossier dans le milieu. Le directeur général de Cogestion a répliqué. « Une rencontre a eu lieu il y a deux ans avec la MRC au sujet de la Pointe. Les directeurs généraux de Notre-Dame-de-l’Île-Perrot, de Tourisme Suroît, de la MRC et du Musée y étaient, en plus de 11 maires de Vaudreuil-Soulanges », se défend Martin Baccichet, signifiant que le mandat de Cogestion a été accompli.
En faire plus?
Plusieurs se sont par contre demandé s’il n’aurait pas été nécessaire d’en faire plus pour faire comprendre davantage l’urgence du dossier. « En fait, rétorque Paul Thouin, président de Cogestion, il est difficile pour nous de monter aux barricades politiques quand on est embauchés par le gouvernement. Comment dénoncer mon client, mon employeur ? » questionne-t-il. Plusieurs ont acquiescé. Devant ce constat, certains se sont alors demandé pourquoi Cogestion avait accepté un mandat qu’elle ne pouvait assumer entièrement et, surtout, pourquoi la SODEC confiait le mandat d’alerter le milieu à une entreprise privée. Somme toute, les nombreux convives présents au souper de l’AGAIP ont soutenu qu’il n’est plus temps de chercher des coupables, mais bien de se concentrer à trouver des solutions pour l’avenir, et la plupart ont espoir que les choses se règlent.