La facture annuelle de la Santé atteindra 42 milliards de dollars en 2017. Une augmentation moyenne de 6 % par année, alors que la croissance économique québécoise oscille autour de 4 %.
De la bouche du ministre de la Santé
Le rapport Les québécois en veulent plus pour leur argent
Phillipe Couillard, ministre de la Santé et des Services sociaux, a reçu le rapport sur l’état du système de santé québécois. Ni emballé ni déçu, le ministre tente d’expliquer un document vivement critiqué.
Le document de 300 pages comporte l’avantage de lancer le débat sur plusieurs questions en matière de santé. Financement, mixité, assurance privée, accès à un médecin de famille, productivité et performance ne sont quelques-unes des questions abordées. À la grande déception du ministre, la pénurie d’effectifs et les rôles à développer pour les infirmières ont été oubliés.
Question financement, le ministre Philippe Couillard dit vouloir rapprocher le rythme de croissance des dépenses en santé de la croissance des revenus de l’État. Pour ce faire, l’idée de récupérer le 1 % de taxe ou d’augmenter les taxes a été avancée. Toutefois, le ministre se fait rassurant et insiste que le gouvernement du Québec n’a pas l’intention d’augmenter la TVQ. « On va donner le maximum de chances aux mesures de productivité et de performance avant d’aller demander aux citoyens de payer encore plus pour un système de santé pour lequel on paie collectivement des sommes très, très importantes. » Quant à l’option d’une contribution de 100 $ pour les personnes inscrites à une clinique de médecine familiale, en accord avec le principe Philippe Couillard prévient toutefois que « jamais cette cotisation ne doit être vue comme une condition à voir un médecin ».
Quant à la part du secteur privé, son rôle devrait se limiter à un support d’un régime public de santé fort. Par extension, il apparaît absurde au ministre de rejeter de façon dogmatique le concept de pratique mixte. Le rapport propose de décloisonner la pratique médicale, ainsi les médecins pourront pratiquer à la fois dans le privé et dans le réseau public.
Au sujet de l’autonomie des agences de santé, le Ministère entend lancer un projet-pilote dans trois régions du Québec « laissant pleine autonomie à la région et à ses établissement d’en arriver à des décisions d’affectation budgétaire ».
Enfin, pour le ministre, « la priorité des priorités » est de donner accès à un médecin de famille à tous les Québécois, et ce, sur un horizon de cinq ans.
Sans viser la mise en place de l’ensemble des recommandations du rapport, Philippe Couillard espère en instaurer la plupart assez rapidement.