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Entrevue avec un médecin de la région

Elizabeth Caron par Elizabeth Caron
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Article mis en ligne le 22 février 2008 à 23:08
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Entrevue avec un médecin de la région
Au lendemain du dépôt du rapport Castonguay, plusieurs questionnent la validité du document de 500 000 $. Voici la position d’un médecin qui voit les choses différemment.

Le Dr Jean Wilkins, habite Terrasse-Vaudreuil depuis 1976. Pédiatre de formation, il a fondé la Clinique de médecine de l’adolescence de l’Hôpital Sainte-Justine et est professeur à la faculté de médecine de l’Université de Montréal.

Q:Croyez-vous que le rapport Castonguay a répondu aux bonnes questions?

R:Des rapports, il y en a eu, il y en aura encore. En gros, je ne crois pas que les bonnes questions ont été posées. Depuis plusieurs décennies, on assiste au jeu de la chaise musicale : les mêmes acteurs s’échangent les mêmes chaises. Les discussions ont lieu du côté de l’administration, alors qu’elles devraient se tenir du côté des soins.

Q:Croyez-vous que le privé devrait prendre de plus en plus de place dans le système de santé québécois?

R:Ce n’est pas la solution. Je suis clinicien depuis 34 ans; toutes les compétences et toutes les ressources se trouvent dans le réseau public. Pour un système qui dépense autant d’argent, on devrait obtenir un meilleur résultat sans chercher ailleurs.

De plus, le passage au privé ne solutionne pas la pénurie de ressources, ces dernières seront encore surmenées. Les heures travaillées au privé sont-elles moins longues que les heures au public?

Q:À votre avis, quelles sont les secteurs où l’on devrait concentrer nos efforts?

R:Il y a un gros travail à faire au chapitre des délais. On parle beaucoup de pénurie d’infirmières et d’infirmiers, alors que de nombreuses ressources ont été déplacées vers des postes cadres. Ces personnes ont pourtant été formées en soins de santé et non en administration. Il faut revenir aux soins.

Q:La formation des médecins est-elle à revoir?

R:Il est essentiel de revenir à la base. L’approche par patient doit permettre de prendre plus de temps avec les gens. Je suis toujours abasourdi de voir la quantité de tests de laboratoire et de traitements trop souvent injustifiés. Les patients consultent plusieurs fois pour un même malaise, car le diagnostic n’a pas été bien établi à la première visite, ce qui représente une perte de temps et de ressources. Une révision de la pratique médicale est à faire.

Q:Et l’environnement de travail est-il stimulant?

R:Le climat de travail laisse beaucoup à désirer, il est pressant de réduire, voire éliminer, les irritants administratifs. Tout comme la pratique médicale, la gérance est à repenser.

« Il faut diminuer les obstacles aux soins », Dr Jean Wilkins

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