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Entretien avec…un ange

Stéphane Fortier par Stéphane Fortier
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Article mis en ligne le 7 janvier 2008 à 10:15
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Entretien avec…un ange
Il n’y a pas que le père Noël qui était occupé durant la période des Fêtes. Il y a toujours une catégorie que l’on a tendance à oublier et c’est celle de la minorité invisible, celle que l’on ne voit jamais, mais qui joue un rôle déterminant dans ce que représente le vrai sens de Noël et puis tout au long de l’année. Ne reculant devant aucune audace, votre journaliste de Première Édition a décidé de monter au firmament et de rencontrer un ange.
Journaliste : Seigneur, c’est haut en titi. Heu, bonjour monsieur l’ange. J’espère ne pas vous avoir fait faire un « saut ». Je me suis permis de vous monter un p’tit café. Prendriez-vous un peu de lait ?

Ange : Un nuage.

J : Du sucre ?

A : Non , messie. Je suis dieubétique.

J : Aïe, c’est beau ce que vous portez !

A : Oui, j’ai trouvé ça aux Complexe Les Ailes. Ça se marie bien avec ma tête poivre et ciel. Mais mets-toi donc à l’aise. Tire-toi un cumulo-nimbus.

J : Vous ne vous assoyez pas ?

A : Écoute ben, j’viens de passer trois semaines assis en haut d’un sapin de Noël, ça fait que… Pis en plus, j’y ai encore laissé des cheveux.

J : Les fêtes ont été dures ?

A : Ouais, mais ça c’est rien, y a encore les mosus de Rois Mages. Ils sont toujours écartés, année après année. Une fois, ils ont même abouti dans une galerie d’art en Israël, les épais. Ils avaient compris qu’il fallait chercher les toiles de Bethléem. Tu vois un peu le tableau ? Une autre fois, Balthazar est arrivé à la crèche, criblé de flèches. C’est ce qui arrive quand on se trimbale avec la « mire », qu’il a répondu.

J :Quelle a été votre première réaction quand vous avez eu vos ailes ?

A : J’suis parti pour Québec.

J : Est-ce vrai qu’il est plus facile pour un chameau d’entrer par le chas d’une aiguille que pour un humain de franchir la porte du Royaume des Cieux ?

A :Dis-toi que c’est encore plus difficile pour les Témoins de Jéhovah. On ne leur ouvre même pas la porte. Par la suite, j’ai roulé ma bosse. J’en suis déjà à mon sixième ciel. Je peux vous dire que j’ai hâte en tabarouette d’arriver au prochain.

J : Pourquoi les anges ont-ils des ailes ?

A : Aïe, chose, as-tu vu la hauteur ? Essaye donc de monter pis descendre ça sans escalier ni ascenseur.

J : Et vous volez vraiment comme les oiseaux ?

A : Ben t’sé, à force de se faire appeler, « mes anges, mes anges » par le Bon Yeu.

J :Vous avez une cuisine au ciel, m’a-t-on dit ?

A : Où c’est que tu penses qu’on fait nos gâteaux ?

J : Vous y mangez bien ?

A : La bouffe est bonne. On peut même l’accompagner par divin rouge ou divin blanc.

J : Je sais qu’il y a des anges féminins comme masculin.

A : Oui, on a même des femmes médecins. Les doctrines qu’on les appelle, là.

J : Êtes-vous marié ?

A : Je l’ai été. Ça été le paradis au début, jusqu’au jour où elle a décidé de me sacrer là. On s’est donc laissé, on en avait plein notre caste, et à cause de la séparation j’ai dû passer chez le notaire et remplacer mon Ancien testament par un Nouveau. Nous avons eu toutefois le bonheur d’avoir eu six beaux petits angelots. Le problème c’est que ça nous coûte cher d’ange gardienne.

J : Je gage que votre épouse s’appelait Angèle, non, heu, Marie-Ange, non, Angélique. Solange ?

A : Céleste. Mais, je me suis fait une autre blonde. Angine qu’elle s’appelle.

J : Il Palestine belle fille !

A : Ouais, c’est vrai. Pas sûr qu’une autre Arafat pareille. Je suis comme sur un nuage, mon cœur fait ding din dogme. Quand je la vois, mon âme réssissite… russéssite…rissussite…revient à la vie.

J : Changeons de sujet. Avez-vous des divertissements ici, comme le sport, la télévision, les spectacles ?

A : Pendant longtemps, j’ai suivi religieusement le hockey à la télévision.

J : Quels étaient vos joueurs préférés ?

A : Orr et Hull. (la pognes-tu ?) Mais j’aimais particulièrement ceux qui jouaient à l’aile.

J : Aimez-vous le cinéma ?

A : J’ai bien aimé les Dieux sont tombés sur la tête.

J : Vous ne jouez plus de la harpe ?

A : Non, à la fin on utilisait dé lyres, mais ça nous rendait fous.

J : C’est délirant, en effet. Merci pour cet entretien. Vous avez été …

A : Un ange, peut-être ? Avant de descendre, j’ai une divinette pour toi. De quoi se sert une personne, qui ne croit en aucun dieu, pour manger sa soupe ? D’une cuillère athée. Ah ! Ah ! Ah ! ah ! ah!. Bon. Pendant que tu descends, j’pense que j’vais aller prendre un p’tit r’montant, moi.

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