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Michel Faubert, un Charbonnier aux anges

À la fois conteur et chanteur

Stéphane Fortier par Stéphane Fortier
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Article mis en ligne le 4 janvier 2008 à 14:32
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Michel Faubert, un Charbonnier aux anges
Michel Faubert aimerait mélanger l’ancien et le nouveau matériel, raconter des choses nouvelles inspirées par le traditionnel. (Photo Michel Dumais)
Michel Faubert, un Charbonnier aux anges
À la fois conteur et chanteur
L’un des fondateurs du groupe « Les Charbonniers de l’enfer », Michel Faubert a retrouvé ses racines il y a environ un an et il baigne aujourd’hui dans l’environnement de ses premières influences artistiques, là où ses premiers pas de conteur et chanteur ont été franchis.
Né de parents agriculteurs à Choisy, du côté de Rigaud, Michel Faubert a entendu ses premiers contes et récits chantés, exactement là où il demeure actuellement en plein cœur de cette municipalité fort riche en histoire. « J’étais encore un adolescent quand j’ai entendu Marie-Rose d’Amour me raconter ses premières histoires. Je me souviens lui avoir demandé si elle connaissait d’anciennes chansons. Elle a été ma muse, cela ne fait aucun doute », raconte M. Faubert qui a tout de suite été allumé par ces histoires, lesquelles le rattachaient avec le monde des légendes.

Tout jeune, Michel Faubert, qui a fait ses études secondaires à l’école secondaire Soulanges de Saint-Polycarpe, s’intéressait déjà au théâtre, à la musique et à la lecture. Sa famille possédait elle-même son répertoire de chansons traditionnelles. Au milieu des années 70, des groupes tels La Bottine Souriante et le Rêve du Diable et plus tard Garolou, posaient les premiers jalons des complaintes, des contes et légendes chantés, bref, c’est la renaissance des chansons folkloriques. Mais Michel Faubert veut creuser plus profondément encore. Notre jeune adulte décide donc de partir en quête en effectuant du collectage de chansons. D’abord dans le cadre d’un projet d’été pour la Société historique de Soulanges. « C’est là que le collectage a réellement commencé, dans notre région », se rappelle

M. Faubert qui se souvient particulièrement de Saint-Télésphore, Saint-Polycarpe, Coteau-du-Lac pour ne nommer que ces quelques municipalités.
Rencontres déterminantes

Après Rigaud et Marie-Rose, laquelle lui a appris ses premières complaintes telles La fille du boulanger, il se met ensuite à parcourir le Québec, particulièrement la région de Charlevoix. « J’ai aussi réalisé, à cette époque, qu’il existait plusieurs similarités entre les légendes d’autres pays comme celles des pays scandinaves du Moyen Âge, par exemple, et nos propres légendes », de dire Michel Faubert.

Ce dernier s’intéresse à l’histoire populaire de sa région et aux chansons qui gravitent autour. Au fil des rencontres, il s’aperçoit qu’il est davantage attiré par les complaintes, chansons aux textes forts et aux thématiques légendaires, souvent tragiques, la plupart du temps teintées d’éléments fantastiques religieux ou merveilleux. Michel Faubert nous rappelle ici, une précision qui a son importance. « À une certaine époque, raconte-t-il, les familles qui se réunissaient pour entendre des contes et légendes, c’était un peu le cinéma de l’époque. « Le conte, c’est de la fiction et la légende part d’une histoire vraie enrobée par une touche fantastique. Dans les contes, le diable perd toujours, mais il est toujours vainqueur dans les légendes. En ce qui me concerne, j’ai toujours aimé le côté sombre des histoires, mais lorsque je me produis sur scène, il y a également une belle variante d’histoires drôles et positives », nous dit Michel Faubert.

Vers la fin des années 80, poursuivant toujours son

collectage d’interprétation et d’adaptation de complaintes, il s’arrête à Saint-Raphaël-de-Bellechasse où il y fait la rencontre du conteur Ernest Fradette, lui-même héritier de plusieurs dizaines de contes de tradition orale qui lui ont été transmis par son père. « On peut dire que j’ai appris de lui l’art du conte et j’ai puisé dans son répertoire », dira Michel Faubert à propos de M. Fradette.

Durant ces années, Michel Faubert aura été, en quelque sorte, le contraire des troubadours avant de devenir un conteur, chanteur et un musicien. Au fil du temps, notre conteur chanteur se bâtit petit à petit un répertoire à lui et s’engage déjà sur des chemins inexplorés, préférant les complaintes ou l’accent est mis sur la poésie des textes et le caractère hypnotique des mélodies.
Les charbonniers

Tout en continuant son collectage, Michel Faubert se met à présenter les contes recueillis au fil des ans, tantôt auprès des jeunes tantôt du côté des adultes, en chantant puis en récitant.

Des gens m’accompagnaient toujours pour faire de la musique, des musiciens plutôt versés dans le rock. J’avais besoin de voix spécifiques pour se marier avec le genre de chansons que je faisais », explique Michel Faubert. C’est ainsi qu’en 1993, on assiste à la naissance des Charbonniers de l’Enfer, ensemble vocal a capella réunissant Faubert, Michel Bordeleau, André Marchand, Jean-Claude Mirandette et Normand Miron.

Michel Faubert revendique une feuille de route assez évocatrice de ses talents de conteur et chanteur. En 1993, on l’invite au Festival de Grenoble en France. Cette présence lui ouvrira les portes de dizaines d’autres événements du genre en France, en Belgique et en Suisse. C’est le début d’une carrière européenne. Parmi ses autres faits d’arme, on notera en août 1997 sa médaille d’or, catégorie conteur, aux Jeux de la francophonie de Madagascar avec Le Passeur. En novembre 1998, Michel Faubert remporte le Félix de l’album Folk de l’Année avec L’Écho des Bois. En octobre 2000, l’ADISQ lui décerne le Félix Scripteur de l’Année pour L’âme qui sortait par la bouche du dormeur. En novembre 2001, Michel publie un recueil de légendes aux Éditions Trois-Pistoles. Parallèlement, il produit des albums et présente des spectacles solo ou avec les Charbonniers de l’enfer.

Dans l’avenir, Michel Faubert aimerait mélanger l’ancien et le nouveau matériel, raconter des choses nouvelles inspirées par le traditionnel, des légendes québécoises traitées à la sauce moderne. « J’ai le goût d’explorer le loup-garou, par exemple, qui serait un homme profondément blessé par la vie », mentionne Michel Faubert.

Après avoir habité plusieurs années à Montréal, Michel Faubert a retrouvé ses racines et s’est porté acquéreur de la maison de Marie-Rose D’Amour à Rigaud, une demeure qui date de 1873.

raconter des choses nouvelles inspirées par le traditionnel. (Photo Michel Dumais)

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