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Passer le flambeau

Mélanie Meloche-Holubowski par Mélanie Meloche-Holubowski
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Article mis en ligne le 4 janvier 2008 à 23:59
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Retraites à la hausse, employés recherchés
Passer le flambeau
Avec les nombreuse retraites des baby-boomers, combinées au bas taux de naissance et des nombreux emplois créés par le développement, les entreprises et les municipalités doivent planifier leur relève.
Le gouvernement estime qu’il y aura 127 000 emplois à combler en Montérégie entre 2006 et 2010. Parmi ces emplois, 44 000 sont des nouveaux emplois créés par la croissance économique et 83 000 postes seront vacants à la suite de départs à la retraite.

Dans Vaudreuil-Soulanges, les municipalités, les entreprises et les associations doivent s’assurer que les retraités ne partent pas avec toutes leurs nombreuses connaissances et ne mettent en péril le fonctionnement d’une entreprise.
Âge de retraite
L’âge moyen de la retraite au Québec est de 59,1 ans. Les femmes prennent leur retraite en moyenne à 58 ans et les hommes, à 59 ans. Environ 13 % des gens prennent leur retraite à 60 ans, 10 % à 65 ans et 8 % à 55 ans. Près de 20 % des travailleurs partent à la retraite avant 55 ans.

Le vieillissement de la population active se fait peu à peu. Un travailleur sur sept avait 55 ans et plus en 2005 et un travailleur sur cinq a 55 ans et plus en 2007. En 2031, il n’y aura que deux travailleurs actifs pour chaque retraité.

Près de 94 % des Québécois choisissent le moment de leur retraite et 19 % des travailleurs se retirent progressivement du marché du travail à l’âge moyen de 59 ans.

Ces statistiques démontrent que de planifier une relève est nécessaire pour les entreprises ou les municipalités.
Retraites municipales
Le service des travaux publics et services gouvernementaux du Canada prévoit engager près de 4100 nouveaux employés pour remplacer les gens qui partiront à la retraite. Plusieurs municipalités font face à plusieurs employés près de la retraite.

Déjà, la Ville de Vaudreuil-Dorion prépare son plan pour les prochaines 10 ou 20 années. « Dans les deux ou trois prochaines années, environ 15 % du personnel quittera pour la retraite », dit le maire Guy Pilon. La greffière de Vaudreuil-Dorion, Lise Roy, a pris sa retraite cet automne après plus de 32 ans de service. Le directeur général, Jean-Yves Truchon, prendra sa retraite avant la fin de 2008. Deux postes importants qui nécessitent un temps de transition. « Nous donnerons le temps au nouveau directeur général de s’acclimater à la Ville et aux dossiers. M. Truchon connaît l’historique de la Ville et ça prendra quelques mois pour passer toutes les connaissances ».

La Ville de Vaudreuil-Dorion verra des grands changements à son organigramme. Le maire veut repositionner le personnel pour assurer que les bonnes personnes sont à la bonne place et attirer de nouveaux employés. De plus, plusieurs villes et villages commencent à offrir des régimes de retraite en guise d’incitatif à travailler au sein des municipalités.
Plan instruit
La commission scolaire des Trois-Lacs doit continuellement planifier sa relève. Environ 40 personnes prennent leur retraite à chaque année, explique Sandra Smith, aux ressources humaines. La CSTL offre un programme de retraite progressive – où un employé peut graduellement prendre sa retraite et aider à former la relève. Il s’agit d’un excellent outil de planification pour la CSTL et un moyen pour les retraités de faire la transition entre le travail et la retraite. Travailler à temps partiel est un excellent moyen pour les travailleurs de faire le passage à l’arrêt de travail.

Les commissions scolaires de la province, ainsi que plusieurs entreprises, font face à une pénurie de main-d’œuvre, explique Mme Smith. « Il faudra garder les gens au travail plus longtemps, permettre plus de retraites progressives pour combler tous les emplois », dit-elle.
Le besoin de travailler
Le taux d’activité au travail pour les 55 ans et plus continue d’augmenter d’année en année. Il est passé de 53 % en 2006 à 59 % en 2007. En ce moment, plus de 2 millions de personnes entre 55 et 64 ans travaillent encore. Les statistiques démontrent que 22 % des gens qui ont pris leur retraite retournent au travail, soit à temps plein ou partiel. Statistiques Canada estime que le taux d’activité des 55 ans et plus augmente, et ce, non seulement pour des raisons financières. En effet, 22 % des retraités ont repris le travail parce qu’ils n’aimaient pas la retraite, 19 % voulaient retrouver la satisfaction que procure le travail et 14 % voulaient continuer à aider. Les niveaux de scolarité plus élevés, le fort attachement des baby-boomers au marché du travail et le désir d’appartenance sont aussi cités par les études.
Deuxième génération
Le commissaire industriel du centre local de développement de Vaudreuil-Soulanges, Gérald Brassard, s’apprête aussi à passer le flambeau cette année à Carole Jagucki. Un départ progressif pour M. Brassard afin d’assurer une continuité dans les dossiers du CLD. « Avec M. Brassard, nous étudions dossier par dossier. Il est une encyclopédie ouverte. Il me transfère toutes ses connaissances ».

Ce transfert de connaissances révèle une situation que vivront plusieurs entreprises. Emploi-Québec, en association avec le CLD, offre maintenant un cours aux entreprises pour planifier une relève réussie.

Près de 70 % des entreprises ne franchissent pas le cap de la deuxième génération, faute d’une bonne planification. Parmi les entreprises au Québec, 35 % des chefs d’entreprises ont plus de 50 ans et un tiers de ceux-ci prendront leur retraite dans les trois prochaines années.

Réal Larochelle, un conseiller pour la firme Supor, aidera les entrepreneurs de la région à transférer leur entreprise à la deuxième génération. Il travaille auprès de PME depuis plus de 20 ans et est membre de l’Ordre des administrateurs agréés du Québec. Il a déjà été propriétaire d’une entreprise familiale et supporte plusieurs entreprises dans leur processus de transfert.

Québec verra d’ici peu des milliers de départs à la retraite et l’entrée de nombreux nouveaux travailleurs. Ce choc démographique doit être bien planifié, dit-il. « L’avenir des entreprises est en jeu. Les gens sous-estiment le temps qu’il faut pour transférer les pouvoirs, les connaissances ».

La planification et le transfert peuvent prendre entre 12 et 18 mois. Il est important de prendre le temps de bien transférer les connaissances pour assurer la survie de l’entreprise entre nouvelles mains. Souvent, les entrepreneurs de la deuxième génération s’appuient sur ce qui a été fait par la première génération pour maintenir les valeurs et missions de l’entreprise. « Ils peuvent prendre leur envol lorsque les connaissances sont bien transférées », dit M. Larochelle.

Il a confiance que les entreprises du Québec pourront s’adapter à ce changement démographique et il voudrait voir de plus en plus de PME de deuxième et troisième générations.

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