Le conseil de ville de Rivière-Beaudette est fortement ébranlé en cette fin de 2007. Deux conseillers ont démissionné cette semaine. (Photo Daniel Cuillerier)
Deux conseillers démissionnent à Rivière-Beaudette
Lors de l’assemblée spéciale du budget 2008
Mercredi 19 décembre, le conseil de ville adopte avec majorité le budget 2008. Comme souvent depuis les derniers mois, la tension est vive entre les conseillers. De fait, à la fin de l’assemblée, deux d’entre eux démissionnent.
Margot Besner et Yvon Giroux invoquent tous deux la mésentente malsaine qui règne au sein du conseil pour justifier leurs démissions. Jumelé à des problèmes de santé, le stress néfaste causé par le conseil de ville était devenu insupportable pour ces deux conseillers.
Conseillers blasés
Dans le discours qu’elle adresse à ses collègues, Margot Besner ne mâche pas ses mots. « Compte tenu de la situation qui prévaut depuis plus d’un an, comme les mesquineries, les ultimatums, les sempiternels blâmes, les coups montés, les hypocrisies et les moqueries à l’endroit de certaines personnes, tant de la part des conseillers que de la part de certains fonctionnaires municipaux, je dois quitter », indique-t-elle, refusant de s’abaisser à ce genre de conduite et néanmoins fière d’être demeurée honnête et intègre face à ses citoyens.
De son côté, Yvon Giroux critique ouvertement le manque de sérieux du conseil municipal. « Jamais, durant les deux dernières années, nous n’avons pris le temps de nous rencontrer et de discuter ouvertement des problèmes internes afin de faire avancer les choses », blâme-t-il, comparant le conseil municipal à un jeu d’échec complètement manipulé. « Nous, le maire et les conseillers, sommes des pions et ce sont des personnes influentes du milieu qui dirigent de l’extérieur la majorité des pions », lance-t-il, désillusionné.
Maire exaspéré
De son côté, le maire Denis Brodeur, n’est pas surpris de ces démissions. « Certains conseillers ont l’esprit étroit. Ils ne sont pas cohérents et conséquents. Il arrive qu’ils s’opposent à des projets tout simplement parce qu’ils viennent du clan adverse. Ils font même parfois preuve de méchanceté envers d’autres conseillers », explique-t-il désolé et, disons-le, en colère. Plusieurs des projets qui lui tenaient à cœur depuis de nombreuses années ont été très laborieux à réaliser, voire relégués aux oubliettes, faute de consensus. Pour ne nommer que ceux-là, Denis Brodeur mentionne d’importantes difficultés à restaurer et développer le phare de Rivière-Beaudette, des réticences quant au prolongement de la piste cyclable Soulanges vers l’Ontario ou encore de vives critiques par rapport à l’achat d’un terrain qui servirait aux services municipaux comme la voirie, par exemple. « La situation est aberrante et désolante », admet-il, navré pour ses citoyens. « J’espère que ces deux démissions remettront sur le droit chemin ceux qui manquent de sérieux au conseil municipal », continue-t-il.
Budget raisonnable
Nonobstant cette situation, Denis Brodeur est satisfait du budget 2008 qui a été adopté, avec l’appui de la majorité des conseillers. Une légère hausse de taxes est imposée aux citoyens, pour des motifs que le conseil juge essentiels. « Le taux d’imposition passera de 0,67 $ à 0,70 $/100 $ d’évaluation, un taux de taxe encore parmi les plus bas de la MRC », souligne-t-il. Le conseil justifie cette augmentation en raison de la hausse des coûts associés au service d’incendie (la loi 112 imposant des normes plus sévères), à la gestion des milieux humides (imposée par le ministère de l’Environnement), à l’achat de matériel informatique pour différents services municipaux, à des études pour l’agrandissement du réseau d’égouts, à l’augmentation des investissements requis pour obtenir la ristourne sur la taxe d’essence du gouvernement et à l’achat de chemins auparavant privés.
À la lumière des événements de décembre, il ne fait aucun doute; l’année 2008 amènera son lot de changements à la municipalité. Déjà, au cours des prochains mois, les citoyens de Rivière-Beaudette seront appelés aux urnes afin de combler les deux postes de conseillers vacants. Seul l’avenir dira si l’harmonie se rétablira au conseil de ville.