Discrimination
Tous les ménages dans notre circonscription fédérale (V.-S.) ont reçu dernièrement une carte agrémentée d’une photo d’une jeune femme blanche dont la partie supérieure du visage est cachée derrière « C’est assez! », prête à renvoyer à l’expéditeur. Les deux (sur quatre) dernières phrases du texte ainsi que la proposition subordonnée de la première phrase allaient toutes dans le même sens que portait le titre : « Un Recul pour les droits de la femme ». Le recul mis au clair par la proposition principale de la première phrase, est que « Stephen Harper a supprimé toutes les ressources auparavant disponibles pour la défense des personnes victimes de discrimination ».
Comment repérer la discrimination? Un acte est jugé discriminatoire s’il satisfait à trois critères dont le premier est que l’acte est relié étroitement à l’un des plusieurs fondements de discrimination stipulés dans la Charte des droits. Ça veut dire que c’est bel et bien les personnes victimes de discrimination de toutes les bases reconnues qui souffrent des conséquences de l’élimination du programme fédéral.
La carte, toutefois, véhicule l’idée que les droits de la femme, sinon la seule préoccupation, occupent une place privilégiée : la discrimination fondée sur le sexe prévaut sur celle basée sur l’âge, elle l’emporte sur la discrimination ancrée dans le racisme. Ainsi le message introduit-il, paradoxalement, une discrimination dans les clauses de la Charte qui visent à lutter contre la discrimination de toutes origines sans distinction, sans préférences.
(Ce commentaire ne doit pas être entendu comme une critique à l’égard de Mme Faille qui demeure, dans mon esprit, une personne d’une humanité exceptionnelle.)