Entretien avec un oiseau
La plupart d’entre eux nous ont quittés en prévision du temps rigoureux, mais heureusement, il en reste assez pour prendre le temps de jaser un peu avec eux. Avec un, en particulier. Je parle ici d’un oiseau. Votre malade mental de journaliste a décidé de grimper dans un arbre et de faire une entrevue branchée avec un oiseau. Quant à savoir de quelle espèce il s’agit, je regrette, mais je ne suis pas un expert en orti…ortoni…ornilo…un spécialiste de la gente ailée.
Journaliste:Bonjour l’oiseau.
Oiseau:Coucou ! Prendrais-tu un peu de champagne? C’est du Mouette et Chandon.
J:Non, merci. Mais vous me semblez en bien mauvais état.
O:J’ai eu une prise de bec avec un con et ce n’était pas un faux, crois-moi. J’ai mangé une méchante volée. En fait, j’étais avec un de mes « chums ». « Vous ne perdrix rien pour attendre » qu’il nous a dit en décollant. On n’aurait peut-être pas dû lui dire que ça sentait le Caca…toès chez lui. Si, au moins, il nous avait laissé finir notre phrase.
J:Mais à part ça ?
O:Ça plane pour moi.
J:Merci d’avoir accepté mon invitation.
O:Je l’ai fait parce que je trouve que vous avez une belle plume et que j’aime bien votre canard.
J:Vous avez été voir un film dernièrement.
O:Oui, la suite de To kill a mockingbird. Je ne ferais pas l’autruche en te cachant mes sentiments. Cela m’a beaucoup Émeu. J’aime bien aussi les westerns et les revolvers qui font Paon ! Paon !
J:On m’a dit que vous aviez étudié à l’école.
O:Ouan Pie ? Sérieusement, c’est incroyable le nombre de choses que l’on apprend sur le bord d’une fenêtre de classe. Mais j’avoue que je ne saurais pas quelle branche choisir si j’allais au cégep, par exemple. J’aurais aussi eu peur de rou…couler trop de cours. Chose certaine, je ne manquerais jamais de feuilles pour mon cartable.
J:Parlez-moi de votre conjointe.
O:Elle fait un peu poupoule, mais je l’aime bien. Le problème, c’est que la bécasse trouve probablement que je n’ai pas un assez gros moineau dans mes hulottes, heu! culottes. Elle doit aussi me trouver un peu volage. Quand je lui dis la même chose, aile le nid en me disant : « Tarin compris, cervelle d’oiseau. Elle est partie en faisan semblant de rien. Elle me reproche ci, elle me reproche ça. Fais pas ci, fais pas ça, alouette. Et on ne parlera pas de la belle-mère. Méchante dinde.
J:Avez-vous des loisirs ?
O:Un jour, avec mon ami le hibou, on a fait la tournée des Grands Ducs. C’était chouette. Plus même, c’était Harfantastique. Mais pour la boisson, c’était cher. Un vrai vol.
J:Évidemment, vous avez dû beaucoup voyager. Avez-vous aimé un endroit en particulier ?
O:La Belgique, j’ai bien aimé les flamants. Et les États-Unis aussi où j’ai mangé un hot dog relish-outarde.
J:Aimez-vous le sport ?
O:Certainement pas le badminton, en tout cas. C’est barbare. Non, j’ai de l’admiration pour les pilotes de Formule 1, car ce sont des as du volant. Il y a le golf, également. Moi, je serais certainement un expert dans les « birdies ». J’aime bien le gardien de but Cristobal Huard.
J:Qu’aimez-vous manger…à part les graines, évidemment ?
O:Je n’ai pas beaucoup d’appétit. Mais j’ai connu un chat qui aimait bien les hirondelles d’oignon avec une sauce aigle douce.
J:Et côté culturel ?
O:Au théâtre, j’aime les pièces de Volière. J’ai aussi aimé le Cid de Corneille. J’aime bien aussi les capsules de François Perruche à la radio et la chanteuse Ara Fabian. J’ai bien aimé le groupe Corbeau dans le temps de même qu’Édith Piaf.
J:Et votre acteur favori ?
O:Brad Pit Pit.
J:Merci de m’avoir accordé cette entrevue.
O:Tu peux me siffler, je suis disponible en Toukan, heu! en tout temps. Il y a aussi notre aumônier que tu peux interviewer, le père Hoquet.