Entretien avec un cadeau
Le temps des fêtes est là et à Noël, comme on le sait, tout est orienté vers le cadeau. Vous êtes-vous déjà demandé à quoi ressemblerait une jasette avec un cadeau qui, lui aussi, à des sentiments comme tout le…comme toute chose ? Enfin celle que j’interviewe, évidemment. Encore une fois, un journaliste de Première Édition s’est distingué en osant parler avec un cadeau.
Journaliste : Oh ! Le gros cadeau !
Cadeau : Minute, toi-là ! Tu sauras que j’suis juste un peu enveloppé.
J : Comment ça va ?
C : Super. Moi Noël, ça m’emballe. Quoique le 25 décembre représente toujours un moment déchirant pour moi, je t’en passe un papier.
J : Vous semblez en forme.
C : En forme, en forme, ça dépend toujours. J’ai pas la même forme selon que je sois un bonhomme de Star Wars ou un disque compact. Une fois, c’était une bicyclette stationnaire. J’étais pas plus en forme pour ça, pis j’avais l’air fou en maudit.
J : Vous êtes si beau. Ce que j’aimerais être un cadeau.
C : Aimerais-tu ça passer toute une nuit d’hiver dans une grosse poche avec des suçons pis des poupées ? Tomber dans une cheminée encore allumée ? Rester caché dans un placard pendant trois semaines ? Pis, depuis quelques années, on est souvent là à partir du début du mois de novembre, imagine…
J : J’ai entendu dire que vous étiez en chicane avec un sapin de Noël ?
C : Avec lui, les conversations sont toujours épineuses, Pis à part de ça, faudrait que je sois toujours à ses pieds. Aïe, chose. Môsssssieur a la tête enflée parce qu’il a été décoré. Quand on s’en va par exemple, il se sent dépouillé en mosus ! À part de ça, être empilé en dessous d’un sapin de Nöel, c’est pire que d’être pare-chocs à pare-chocs sur le boulevard Métropolitain à l’heure de pointe. Je me rappelle qu’un Noël, j’ai passé trois jours à côté d’une paire de ski qui avait le moral à terre. J’avais hâte en maudit qu’elle remonte la pente.
J : Vous avez perdu votre petite amie dernièrement ?
C : Oui, elle m’a laissé. Aussi étrange que cela puisse paraître, elle trouvait que j’étais pas un cadeau. Et puis, elle était tannée que j’étrenne dans les bars toutes les fins de semaine. Elle me traitait de saoul-développé, en plus. Je me souviens que, lors de notre première rencontre, je lui avais déclaré que je lui étais destiné. Elle ne m’a pas cru. Faut dire que sur ma tête, il y avait un collant avec écrit dessus : « À ma coucoune de ton coco ». Un jour, on a voulu aller dans un club d’échangistes, mais moi t’sé, les échanges de cadeaux… Puis un jour, elle a soupçonné que je la trompais. Pour elle, j’étais devenu un colis suspect. J’ai dû tout lui déballer…
J : Où vous étiez-vous rencontrés ?
C : Sur une table à l’occasion d’un mariage, à côté d’un gros gâteau.
J : Il paraît qu’il vous arrive de rêver ?
C : Justement la nuit dernière, j’ai rêvé que j’étais un cadeau de St-Valentin. Moi qui ne digère pas le chocolat. Remarque que c’est mieux que d’être une offrande pour un obscur Dieu mésopotamien de l’an 3 000 avant J.C.
J : Des émissions favorites à la télé ?
C :Je ne rate jamais Ciné-cadeau à Télé-Québec. J’ai bien aimé la Boîte à Surprises dans le temps de même que Surprise, Sur Prise.
J : Qu’aimez vous le plus dans la vie ?
C : Certainement pas les cérémonies avec des coupures de ruban. Moi ça me défrise. Ou encore entendre : « Oh ! Le p’tit bébé a fait un gros cadeau dans sa coucouche, mi oui ! »
J : Vous aimez le sport ?
C : J’ai toujours aimé le hockey. Je rêve d’aller voir les Canadiens et de leur crier « choux ! »
J : J’espère que vous m’accorderez une autre entrevue à la prochaine occasion.
C : N’importe quand mon homme. Quand tu auras besoin de moi, je serai toujours « présent ». En attendant, comme dirait mon bijoutier, Joyaux Noël !