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Les bienfaits du massage entre élèves

Marie-Jacinthe Roberge par Marie-Jacinthe Roberge
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Article mis en ligne le 5 novembre 2007 à 10:26
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Les bienfaits du massage entre élèves
« Le programme est respectueux en tous points de vue, explique Myriam Delorme. On enseigne aux enfants sans jamais les toucher, ils demeurent toujours vêtus et se massent la tête, le cou, les épaules et le dos seulement. » (Photo Daniel Cuillerier)
Une première dans la Commission scolaire des Trois-Lacs
Les bienfaits du massage entre élèves
Coteau-du-Lac – À l’école primaire Saint-Ignace, les élèves ont commencé en début d’année, sous la supervision de Myriam Delorme, des séances de massage qu’ils se prodiguent entre eux. Un projet aux effets remarquables qui fait de nombreux heureux.
Enseignante depuis 10 ans à la Commission scolaire des Trois-Lacs, massothérapeute et réflexologue, Myriam Delorme souhaitait depuis longtemps apporter quelque chose de nouveau aux élèves, une dimension nouvelle à l’école. C’est avec le programme Massage in Schools Programme qu’elle y est parvenue. « J’ai eu la piqûre pour ce programme, fort répandu en Angleterre et en Scandinavie, basé sur le principe que le toucher respectueux peut favoriser l’estime de soi, la confiance et le respect mutuel », explique-t-elle avec conviction. Récemment devenue instructrice de ce programme, c’est à Coteau-du-Lac que Myriam Delorme l’instaure pour la première fois dans la région.
Un programme simple
Le programme de massage que Myriam Delorme applique est fort simple. Il s’adresse aux enfants de 4 à 12 ans et consiste à donner des cours de massage aux enfants, que ceux-ci se prodiguent entre eux. Une fois par semaine, elle se déplace dans les classes de l’école et enseigne aux élèves les rudiments du massage, qu’ils seront par la suite invités à poursuivre chaque jour de classe si le professeur adhère au projet. « Au fil des rencontres, on apprend 15 gestes de massothérapie simples et imagés aux enfants. On leur apprend ces manoeuvres dans le plus grand respect. Durant une séance, les enfants doivent parler tout bas, demander à leur partenaire si le massage leur convient et, surtout, les élèves ont toujours le choix de participer ou non », précise Myriam Delorme.

Pas question de forcer quiconque à se faire masser. « En fait, raconte la massothérapeute, le programme est d’abord et avant tout basé sur le respect mutuel. C’est pourquoi nous accordons une grande importance au choix individuel de chaque enfant. Aussi, ceux qui y participent doivent toujours demander à l’autre partenaire la permission d’effectuer un massage et le remercier de leur avoir permis de le masser à la fin », spécifie-t-elle.
Massage nourissant
En fait, selon Myriam Delorme, les valeurs véhiculées par le programme constituent l’élément essentiel de la démarche. « Les gestes de massothérapie ne visent pas à défaire des douleurs ou des tensions, mais invitent davantage à s’ouvrir l’esprit, à se calmer et permettent de recevoir un toucher sain et nourrissant. » Par cet exercice, les valeurs de respect, de partage et d’écoute des autres sont transmises tout en douceur. « C’est émouvant de voir des enfants aussi préoccupés du bonheur des autres », lance l’instructrice, les yeux remplis de fierté.
Effets remarquables
En plus des nobles valeurs qu’il véhicule, le programme apporte de réels bienfaits physiques aux enfants. « Les études démontrent que le contact par le massage a des effets bénéfiques sur les systèmes nerveux central et immunitaire, qu’il diminue les hormones de stress et qu’il augmente les hormones de bien-être. Cela génère inévitablement des changements dans l’estime de soi et dans les relations interpersonnelles », explique Myriam Delorme, qui cite des exemples en Europe où la mise en œuvre de ce programme a grandement amélioré la cohabitation des communautés culturelles et a diminué l’intimidation de certains élèves. « Au bout du compte, le climat de calme, d’écoute et de bien-être aide les élèves à se voir différemment », vante-t-elle.
Une expérience géniale
Brigitte Fuller, enseignante en 6e année à l’école Saint-Ignace qui pratique quotidiennement cette technique avec ses élèves depuis un mois déjà, est elle aussi enchantée. « Même si nous n’avons pas encore terminé d’apprendre tous les gestes, les élèves tiennent à avoir leur séance quotidienne, et je suis ravie, déjà, de voir de grands changements dans leur comportement », raconte celle qui dit retrouver le calme dans sa classe beaucoup plus rapidement qu’avant. « J’ai vraiment l’impression qu’ils ont compris les notions de calme et de chuchotement. Quand la tension dans la classe commence à remonter, ils sont maintenant capables de revenir vite au calme », explique madame Fuller.

Cette dernière recommande fortement l’application de ce programme à tous les professeurs. « Évidemment, il faut prendre le temps de l’intégrer dans la routine scolaire, mais ça vaut vraiment la peine pour les résultats que ça procure. C’est franchement un beau projet », conclut-elle vivement.

De son côté, Myriam Delorme souhaite poursuivre ses démarches pour « propager la bonne nouvelle. C’est tellement beau et bénéfique que je veux aller dans le plus d’écoles possible », conclut-t-elle, enthousiaste.

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